TEST – Ni no Kuni : la Vengeance de la Sorcière Céleste

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La sortie de la version « Remaster » sur PC et PS4 (ainsi que la version originale sur Switch) est l’occasion pour nous de nous plonger dans l’univers du premier Ni no Kuni, jeu initialement sorti en 2013 mais auquel nous n’avions pas eu le loisir de nous essayer. Ni no Kuni II, en revanche, a déjà trouvé son chemin parmi nos colonnes : vous pouvez y retrouver le test de celui-ci par l’ami Komestai à cette adresse.

• Genre : JRPG, Pokémon-like
• Développeur / éditeur : Level-5 / Bandai Namco
• Support de test : PC (Steam)
• Version du jeu utilisée : version dématérialisée (Steam), fournie par l’éditeur
• Disponible sur : PC, PS4 (version remaster), Switch, PS3 (version originale)

L’ange Oliver

Dans Ni no Kuni, vous incarnez un petit garçon d’une dizaine d’années nommé Oliver et habitant une petite bourgade d’inspiration américaine, dans un monde similaire à celui qui fut le nôtre dans les courant des années 60/70. Après un drame personnel qui ôte la vie d’une personne qui lui est chère, Oliver découvre qu’il a la possibilité de visiter un monde parallèle fait de magie et d’aventures. Un monde fantastique aux promesses de rédemption pour le petit garçon qui y voit l’occasion de sauver cette personne qui lui était chère. Mais un monde, également, qui court un grave danger qu’Oliver semble être le seul à même de combattre…

Bénéficiant d’animations signées par les prestigieux studios Ghibli, Ni no Kuni possède un charme fou, une magie qui opère dès les premiers instants. Les personnages sont attachants, et malgré un chara-design de certains ennemis qui ne parlera peut-être pas à tout le monde, le jeu est globalement d’une grande beauté avec un cel shading de qualité et des animations dotées d’une rare précision. La version remaster s’offre même le luxe de surpasser Ni no Kuni II sur le plan purement visuel, notamment par le biais d’animations fluides et d’une esthétique générale propre aux grandes œuvres de Ghibli.

Z’avez pas vu Myrta ?

Hélas, au-delà de la féérie de son univers et de l’attachement que l’on éprouve pour les personnages, Ni no Kuni se révèle être un JRPG tout ce qu’il y a de plus classique. Outre la trame principale, le jeu de Level-5 déroule toute une liste de quêtes secondaires qui prennent la forme de missions à accomplir pour obtenir des tampons sur des cartes, celles-ci donnant accès à des récompenses au sein de la guilde affiliée. On comprend ainsi d’où vient cette architecture linéaire des quêtes secondaires de Ni no Kuni II, avec une succession de missions mineures peu inspirées, alternant entre combats de monstres, quêtes-Fedex, et divers ingrédients à récupérer.

Quelques-unes de ces quêtes ouvrent d’ailleurs la voie au farm le plus velu, avec pour exemple ce scientifique nommé Derwin qui vous demandera régulièrement de capturer tel ou tel monstre, sachant que les monstres en question sont plus ou moins rares et possèdent globalement un taux de capture placé sous la barre des 10%. On se retrouve ainsi à passer des heures au même endroit, à affronter inlassablement les mêmes monstres, dans l’espoir que l’un d’entre eux accepte de se faire capturer… Ajouté à la lenteur du déplacement du personnage sur la carte du monde qui ajoute de l’agacement à l’ennui, on obtient un cocktail frustrant, censé meubler en-dehors de la quête principale – et qui fait peine à voir en 2019, même si on relativisera en se rappelant que le jeu est initialement sorti en 2013.

Mais malgré cela, Ni no Kuni possède quelques qualités fortes. Si le système de combat en semi-temps réel s’avère brouillon par moment, on apprécie par exemple la possibilité de capturer des monstres, de les équiper, et de les faire évoluer. Cet aspect, qui n’a rien à envier à Pokémon dans la gestion des attaques, des statistiques et de la stratégie de groupe, est un bol d’air frais bienvenu au sein d’une recette un peu trop classique. On se surprend ainsi à passer du temps pour récupérer les monstres qui nous intéressent afin de monter notre propre équipe composée des monstres les plus puissants et/ou charismatiques. Cependant, là encore, difficile de ne pas composer avec le farm nécessaire pour capturer certaines bestioles…

Faco Rabanne

D’un point de vue scénaristique, si Ni no Kuni ne brille pas par la subtilité de son intrigue, celui-ci réussit tout de même à émouvoir le joueur sensible à sa poésie et à ses scènes parfois émouvantes. La présence de personnages adorables et « Ghibliesques » (gros big up à la mère des fées) permet également à l’histoire de conserver un certain intérêt malgré ses quelques défauts.

En revanche, on regrette l’omniprésence de ce petit être agaçant qu’est Lumi, la fée à la lanterne nasale qui accompagne le héros du début à la fin du jeu. Si le personnage, de prime abord, se révèle pertinent pour ses commentaires acerbes qui apportent un contraste habile et bienvenu avec le caractère bienveillant du jeune Oliver, le personnage devient vite casse-pied lorsque celui-ci continue de tenir le joueur par la main avec des messages de tutoriels jusqu’à la fin du jeu… Si avoir Lumi sous la main en début de partie pour nous expliquer les bases du jeu durant les premières heures est indéniablement utile, on ne comprend pas l’intérêt de continuer à se voir expliquer tous les concepts déjà maîtrisés alors que le joueur entame sa quarantième heure de jeu et qu’Oliver a déjà sauvé la moitié du monde en pratiquant une bonne trentaine de fois la mécanique réexpliquée inlassablement par Lumi.

Une prise par la main qui pourrait presque être pertinente si le jeu s’adressait exclusivement aux plus jeunes, mais qui est finalement incohérente quand d’un autre côté le jeu enchaîne les paliers de difficultés abrupts sans crier gare… Une courbe de progression de la difficulté en forme d’escalier que les joueurs devront compenser par eux-mêmes en cherchant les meilleurs endroits pour se faire de l’XP (encourageant ainsi de nouvelles périodes de farm ou de grind en plus de celles signalées précédemment dans ce test). Un constat qui rappelle que les belles histoires ne suffisent pas pour faire de bons jeux.

Ni no Kuni est un jeu qui peut se targuer d’être superbe et peuplé de personnages attachants. Mais au-delà de ses magnifiques atours, le jeu de Level-5 est classique au possible. Le système de combats de monstres, par exemple, est intéressant dans son aspect gestion mais se révèle assez brouillon dans son exécution lorsque viennent les phases de combat. La progression scénaristique, de son côté, aligne les allers et retours intempestifs et les quêtes secondaires redondantes. Toutefois, la magie de sa direction artistique possède une surprenante puissance qui réussit à nous faire pardonner certaines des lacunes du jeu qu’elle porte sur ses épaules. Pour cette raison, si faire face à un gameplay (trop) classique de JRPG ne vous effraie pas, Ni no Kuni sera pour vous un très grand jeu, peut-être même inoubliable. A l’inverse, si la moindre répétitivité vous ennuie et/ou que vous êtes insensible à la magie des studios Ghibli, l’expérience risque d’être un peu moins mémorable.

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Points forts

  • Une direction artistique magnifique et maîtrisée.
  • Des personnages attachants.
  • Le système de gestion des monstres, très complet.
  • Une belle histoire, certes un peu convenue mais pleine de charme.

Points faibles

  • Non, Lumi, je n'ai pas besoin que tu me réexpliques cette fonction que j'ai déjà utilisée 100 fois, ni que tu résolves cette énigme à ma place...
  • Le grind et le farm, associés à la lenteur du personnage sur la carte du monde.
  • Des paliers de difficulté trop abrupts concernant les combats.
7

Good

Co-fondateur de Try aGame, Søren est également le papa de cette espiègle mascotte qui squatte chaque page du site.

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