TEST – Nobody Wants to Die

Et pourtant c’est ce qu’on fait de mieux.

Développeur : Critical Hit Games
Éditeur : Plaion
Support : PC, PS5, XBox Series S/X
Version pour le test : PC
Genre : Point & Click
Date de sortie : 17 juillet 2024

 

New York 2329. L’immortalité est virtuellement possible. Vous êtes James Karra et après votre dernier changement de corps, vous vous voyez confier une affaire confidentielle, aidé d’une jeune officière de liaison Sara Kai. Une affaire qui touche aux élites de la nation, qui débute comme un suicide et va se révéler ô combien plus complexe.

Altered Elroy

Nobody Wants to Die est une symbiose entre la science fiction, qui nous conte un univers où les humains peuvent changer de corps via un système nommé ichorite et où les enquêteurs ont accès à un rembobineur temporel permettant d’analyser les scènes de crimes. On avait vu un système équivalent dans certains Batman d’ailleurs. L’autre partie de cette symbiose est l’imagerie des polars US des années 20 et 30 : architecture, voitures, vêtements et surtout le ton donné à toute cette aventure.

Et cette symbiose fonctionne parfaitement, les caractéristiques du Noir étant respectées, caractéristiques qui sont violence, regard tragique et pessimiste sur la société, fort ancrage référentiel et un engagement politique ou social, pouvant ainsi relater les changements s’opérant dans cette même société.

On se retrouve donc aux commandes d’un James Karra qu’on imagine violent, désabusé, dépressif, en raison de la perte récente de sa femme, de son coéquipier et d’une affaire sordide de déraillement de train. L’aventure nous fera d’ailleurs revenir sur ces évènements donc restons évasifs pour le bien de la découverte (la vôtre).

Notre enquête démarre sur un service demandé par votre commissaire alors que vous êtes encore officiellement (contre votre gré) à l’arrêt. Un incendie, un suicide, une affaire vite réglée d’autant que le suicidé va se réincarner. Mais pas de bol (ou plutôt si car sinon il n’y aurait pas de jeu), le suicide ne semble pas en être un, la victime est la personne plus ou moins à la tête de la compagnie ayant le monopole sur les réincarnations et sa mort est définitive, son ichorite ayant été corrompue. Et pour tout arranger, votre supérieur vous demande de classer sans suite et votre nouvelle partenaire semble être du genre stagiaire peureuse tatillonne.

James Carbon

On a donc tous les ingrédients d’une bonne histoire, d’un très bon livre, d’un film sympa mais pour un jeu il faut évoquer le gameplay. Porté par des graphismes et une direction artistique au top, Nobody Wants to Die nous propose de vivre sa narration à travers trois phases, les cinématiques ou moments où vous lâchez manette ou clavier pour voir et écouter, les fouilles des scènes de crime où l’on va trouver des détails, des documents et autres objets et enfin l’analyse en elle-même.

Cette analyse va s’appuyer sur 3 outils : les UV pour découvrir et suivre les traces de sang, les rayons X pour scanner corps, murs et planchers et enfin votre bracelet qui va vous permettre d’intégrer les données pour rembobiner le temps et reconstituer la scène dans son intégralité. Sur ce dernier, aucune explication sur le comment ça pourrait marcher, sur comment il arrive à obtenir telle ou telle info, on est dans le plus pur « Chut c’est de la SF ! » équivalent du RPG « Ta gueule c’est magique« . Personnellement j’ai tendance à prendre ça pour de la facilité d’écriture mais on va encore dire que je suis de mauvaise composition.

Une fois la scène complètement expliquée, vous aurez droit à la version SF du tableau en liège avec les fils rouges pour relier les indices et trouver un début d’explication.

Nobody Wants to Die

Comme un manque

Si, dans les jeux Sherlock, il y a un véritable enjeu de narration et de moralité à connecter les points, ici pas vraiment. On ne vous laisse quitter une scène qu’une fois tout scanné, on vous tient la main durant tout le jeu en vous disant à quel moment utiliser tel ou tel appareil. Ce qui va faire de votre expérience une expérience unique par rapport à un autre joueur. C’est le choix de certains dialogues ou certaines actions, comme laisser ou emporter une preuve avec vous. Choix qui débloqueront ou non d’autres lignes de dialogues et qui vous donneront accès à une ou plusieurs fin en toute fin de parcours.

Il manque cruellement d’aspect ludique à ce jeu, c’est un pur point & click dirigiste. Pas de choix dans nos déplacements, pas la possibilité de rater quelque chose, ou si peu, pas d’énigme sur laquelle passer du temps. Nobody Wants to Die donne l’impression d’être un couloir. Je me souviens de vieux jeux d’enquêtes comme Ripper, un jeu FMV avec Christopher Walken où l’on passait des nuits à comprendre, enchaînant des allers retours de lieux en lieux et faire attention à ne rien rater sous peine de n’avoir que peu d’éléments pour confronter notre théorie. Mais ici la théorie, on vous la sert.

Même le propos portant l’univers est effleuré. On aurait pu imaginer un discours ou une réflexion comme Altered Carbon, présentant une société et une technologie équivalente. Mais non, on s’arrêtera aux intrigues politiques sans évoquer l’identité humaine, ce qui fait de nous ce que nous sommes. On laissera cet aspect au joueur qui tentera de dérouler la pelote de cet univers en se demandant à chaque étape s’il a mis le doigt sur un trou de scénar ou si un mécanisme politique ou technique de cet univers règle le problème soulevé.

Nobody Wants to Die donne envie de l’aimer, par son duo de personnages ou son univers mais il manque un peu de gameplay et de réflexion sur sa diégèse pour véritablement être intéressant. Mais pour ~20€ et 8h de jeu, vous pourriez vous laisser tenter tout de même.

Points forts

  • La SF qui porte l'univers...
  • L'ambiance polar noir
  • La direction artistique
  • Les fins multiples

Points faibles

  • ...mais qui sert d'explication magique à tout
  • Qu'on arrête de me dire quoi faire en temps réel
  • Pas d'énigme, pas de reflexion
  • Du coup c'est rompiche/20
7

Good

Personne ne lis jamais ces encarts (mais tu peux cliquer sur les liens)

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