TEST – WWE 2K20, usé jusqu’à la troisième corde

Une édition qui risque bien de rester au tapis

WWE 2K20

Développeur : Yuke’s, Visual Concepts
Éditeur :  2K
Genre : Simulation sportive (catch)
Supports  : PS4, Xbox One, PC
Support de test : PS4 (version fournie par l’éditeur)
Date de sortie : 22 octobre 2019 (19,99 €)

the fiend wwe 2K20

Indépendamment du départ de Yuke’s, le studio qui officiait sur la licence depuis près de deux décennies, les années se suivent et commencent de plus en plus à se ressembler chez 2K pour sa franchise de catch. WWE 2K20, le dernier cru du jeu consacré à la plus célèbre fédération de catch, marche dans les traces de ses ainés… avec les mêmes chaussures portées depuis des années. Les quelques caches-misère posés avec le temps ont fini eux-aussi par s’user. On vous raconte tout ça dans notre test.

Au commencement, il y avait le gameplay

Le point central d’un jeu, c’est bien entendu son gameplay et celui de WWE 2K20 n’a pas énormément changé depuis l’édition de l’année dernière (dont vous retrouverez notre test ici). C’est pourtant le seul point que je serai enclin à tolérer puisque même s’il est daté et pourrait vraiment être repensé, il demeure dans la logique de pure simulation de catch voulu par la série. L’enchainement des temps forts et faibles, les contres, les prises, les coups, les projections, tout ça pour mener au finish sont plutôt bien retranscrits pour constituer la dramaturgie d’un vrai match. Alors oui, les débutants auront toujours de mal à le prendre en main, et les amateurs d’action effrénée seront rapidement frustrés mais dans le marasme ambiant, il faut essayer de trouver des motifs de satisfaction.

Reste cependant à expliquer le changement de certaines touches sans raison apparente, ni même de cohérence. Surtout sont restés les bugs en pagaille qui minent le gameplay. Le ciblage est parfois à la rue, notamment quand les combattants sont très proches ou qu’ils se courent l’un vers l’autre. L’IA reste parfois bloquée et sans réaction. En fait, un ensemble de bugs ponctuels qui mis bout à bout pourront rapidement irriter les joueurs.

S’ajoutent à cela une pelleté de bugs visuels en tous genres et dont une liste exhaustive serait aussi longue qu’inutile. Ce n’est pas nouveau pour la licence, je le signalais déjà pour WWE 2K18 par exemple. Il est alors rageant de constater qu’aucun effort n’a été fait de ce côté-là, même si des patchs ont commencé à être déployés pour pallier à la catastrophe.

Et tant qu’à parler de l’aspect technique, comment ne pas faire un détour sur les graphismes. Alors le moteur graphique est à la ramasse depuis plusieurs éditions déjà, c’est un fait. Textures dégueulasses, animations des cheveux improbables, j’en passe et des meilleures. Seulement, la modélisation des Superstars arrivait miraculeusement à sauver les apparences. Pour WWE 2K20, c’est la gabegie. Je comprends que modéliser à la perfection plus de 200 catcheuses et catcheurs ça demande un gros boulot mais même des Superstars de premier plan sont massacrées. Becky Lynch – pourtant sur la jaquette, Liv Morgan, Seth Rollins, Mandy Rose, John Cena, Nia Jax, pour ne citer qu’eux. Massacre à la truelle. Il va en tout cas falloir se ressaisir et apporter de véritables améliorations pour les prochaines éditions sous peine d’aller au devant de grandes déconvenues.

La belle et le bête

Attardons nous maintenant sur le contenu. J’ai parlé au-dessus des 200 combattants du rooster, entre Superstars actuelles et vielles gloires. On a de plus le droit à des types de matchs en pagaille : à 2, à 4, à 6, à 8, avec la nouveauté de matchs mixtes en 2v2. Dans un ring, en cage, en coulisses. Dans l’arène de Wrestlemania, de Summerslam, de Raw et plein d’autres. Une nouvelle fois il y a de quoi faire pour personnaliser ses parties selon nos envies. C’est aussi un bon point.

Du côté des modes de jeu, le verdict est plutôt mitigé. On commence par le plus attendu d’entre eux, le mode Mon Joueur qui a le droit à une grande première : incarner un personnage féminin… sans véritable bouleversement dans le fond. En effet, le mode nous propose de créer un catcheur et une catcheuse que l’on fera progresser et que l’on pourra personnaliser à souhait par les mêmes mécanismes.

La première manière pour cette progression c’est d’abord le mode Histoire qui donnera les traits de nos avatars à Tre et Red, deux amis d’enfance qui vont gravir les sommets du catch. Seulement, le scénario est aux fraises, bourré d’incohérences et met en place des sous-intrigues sans intérêt. Narrativement, la construction est bâtarde puisqu’elle repose sur des flashbacks balancés à l’emporte-pièces. Les personnages ne sont pas attachants, surtout Tre qui est un abruti complet, à la blague pourrie facile, en un mot : insupportable. Tandis que Red cache un secret d’une horreur sans nom.

Il y a bien quelques passages intéressants mais dans l’ensemble, on est en droit de penser que les gens qui ont écrit les dernières feuds de Bobby Lashley ont participé à ce mode scénario. Je fini en rajoutant qu’entre chaque cut-scene, match ou conversation, on se tape un écran de chargement assez long pour avoir envie de faire autre chose.

L’autre moyen de faire progresser son joueur, c’est de le faire participer à des Tours, ces fameux matchs enchainés apparus dans WWE 2K19 et qu’il faut gagner malgré les malus et parfois sans pouvoir regagner de santé entre les affrontements. Il y a également la Road To Glory qui vous proposera d’emmener vos avatars se frotter à ceux du monde entier. Une nouvelle fois, c’est grisant de faire gagner de l’expérience à nos petits protégés pour les faire ensuite se bastonner contre les joueurs du monde entier. D’autant plus que la personnalisation est cette année encore assez poussée puisque l’on pourra modifier l’apparence bien-sûr mais aussi et surtout la panoplie de coups dans les moindres détails. En revanche, pour débloquer tous les éléments de personnalisation, il faudra ouvrir des packs booster. Rassurez-vous, pas de microtransaction derrière tout ça, mais avant de tout débloquer, il faudra être extrêmement patient.

Enfin, comment ne pas finir sur le mode Mon Joueur en parlant du système de progression. Il prend la forme d’un espèce de mosaïque où chaque case coute un point de compétence pour débloquer. Le seul petit problème c’est qu’on ne sait pas à l’avance quelles sont les cases, il faut d’abord en débloquer une adjacente pour la découvrir. Autant dire que pour prioriser nos forces, c’est mission impossible et notre progression se fait donc quasiment au hasard…

Pas de GM Mode mais des femmes

Revenu l’an dernier, le mode 2K Showcase met en lumière les 4 horsewomen qui ont contribué à la révolution féminine du côté de la WWE. Bayley, Sacha Banks, Charlotte Flair et Becky Lynch nous entrainent via une petite série d’interviews live à revivre leurs plus grands matchs. Suivre leur épopée est très sympathique, le petit bémol c’est que pour ce faire, nous devons remplir tout un tas d’objectif durant les matchs qui peuvent très vite s’éterniser… et si jamais on perd, il faut recommencer depuis le début. Très frustrant surtout quand l’issue du match ne dépend pas que de nous. Bon l’aventure reste tout de même positive, on est bien en compagnie des quatre filles et de cette narration à la sauce documentaire.

L’autre mode emblématique, ce sera le mode Univers qui nous met dans la peau de Vince Mc Mahon, le président de la WWE. Le but ici est d’organiser la fédération, en organisant le matchs, en gérant les titres et les rivalités… et pas grand chose de plus. Même si quelques cinématiques viennent ponctuer certains matchs, dans le fond ce mode fait plus penser à une planification de matchs d’exhibition.

Comme de nombreux connaisseurs de la licence, je vais déplorer que le GM Mode qui proposait un aspect gestion bien plus poussé ne soit toujours pas de retour malgré la forte demande de la communauté. C’est d’ailleurs très symptomatique de ce qu’est ce WWE 2K20.

 

En effet, je m’étais montré très indulgent envers WWE 2K19 puisque avec le retour du mode 2K Showcase et la venue du mode Tour, on sentait une envie de bien faire et de s’améliorer. Pour WWE 2K20 en revanche, c’est différent. Les soit-disant nouveautés ne sont que des trompe-l’œil, le problème des bugs à la pelle pour la sortie est récurent, le moteur graphique n’a toujours pas été changé, et en plus la modélisation des Superstars est foirée. Beaucoup de défauts, trop peu de qualités. La série ronronne depuis bien trop longtemps, elle a maintenant bel et bien calé.

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Points forts

  • Une grande diversité de types de match
  • Revivre l'épopée des Four Horsewomen
  • Les modes Tour et Road to Glory

Points faibles

  • Graphiquement à la ramasse
  • Un mode histoire raté
  • Le mode Univers toujours aussi insipide
  • La pluie de bugs en tous genres
5

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Ma devise : "Raler, c'est utile uniquement si tu en profites pour apporter une solution... sinon ça reste juste un plaisir".

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