TEST – The Evil Within 2 : l’Union fait-elle la force ?

Retrouvez notre bon vieux Sebastian Castellanos et découvrez le test de The Evil Within 2, le hit horrifique de cette fin d'année.

The Evil Within 2

Octobre 2014. Shinji Mikami, considéré comme beaucoup comme le maître de l’horreur après avoir donné naissance en 1996 à la série Resident Evil, revient sur le devant de la scène pour une nouvelle licence horrifique nommée The Evil Within. Bien qu’on ne puisse pas dire que le soft fut exempt de défauts, la nouvelle œuvre de Mikami-San était vraiment généreuse dans ce qu’elle proposait aux joueurs. 3 ans après la sortie du premier opus, la série revient sur le devant de la scène mais sans Shinji Mikami à la tête du projet, relayé au rang de producteur, laissant ainsi John Johanas comme capitaine du navire The Evil Within 2. Pari réussi ? Nous vous laissons le découvrir dans les lignes suivantes.

(testé à partir d’une version PlayStation 4 fournie par l’éditeur)

Image de The Evil Within 2

Jusqu’au bout de la nuit

3 ans après les événements survenus à l’hôpital psychiatrique Beacon, nous retrouvons notre bon vieux Sebastian Castellanos dans un état lamentable. Détruit par ce qui lui est arrivé (le type a quand même perdu femme et enfant, et on ne peut pas vraiment dire que son séjour à l’hôpital Beacon était un moment de tout repos), l’ex-inspecteur n’est plus que l’ombre de lui-même. Alors qu’il est affalé au bar, complètement éméché, Kidman (Juli, pas Nicole) arrive pour lui annoncer ce qui pourrait ressembler à une bonne nouvelle : sa fille, Lily, est vivante. Forcé par son instinct paternel, Sebastian se retrouve donc de nouveau dans le STEM. Pour faire simple, ce système permet de connecter plusieurs esprits à un esprit central. Ici, le but est simple. Créer une ville où il ferait bon vivre pour mieux contrôler les gens, judicieusement appelée Union. S’en suit donc une quête aussi bien compliquée mentalement que physiquement pour libérer Lily des griffes de Mobius, la terrible organisation qui veut régner sur le monde et contrôler les gens grâce au STEM.

Si je devais citer une chose qui m’avait principalement gêné alors que je parcourais le premier opus, c’était son scénario. Bien qu’intéressant, le soft ne pouvait s’empêcher de rendre le tout difficile à lire et à comprendre. Pour The Evil Within 2, Tango Gameworks semble avoir tiré les leçons du passé, et propose une écriture plus simple, qui ne perd pas le joueur toutes les 5 minutes. Pour ce deuxième opus, les scénaristes ont même eu la bonne idée de donner plus d’importance à notre Sebastian Castellanos national. Là où j’avais eu l’impression d’incarner une coquille vide, je me suis cette fois-ci vraiment attaché au personnage et j’ai ressenti de l’empathie (et même de la peine) à son égard. Une écriture, pour le personnage principal, maîtrisée donc, mais à laquelle les seconds couteaux n’ont pas vraiment eu le droit. Malgré un premier antagoniste plutôt intéressant et bien inquiétant, les personnages censés aider notre inspecteur ne sont ni plus ni moins que des coquilles vides. Seul un personnage secondaire (que l’on ne voit pas beaucoup, malheureusement) a su piquer ma curiosité. Pour le reste, comme le dirait si bien Gilderoy Lockhart : Oubliettes !

Une écriture en demi-teinte au niveau des PNJ donc, mais qui est plutôt bien rattrapée par le scénario de ce The Evil Within 2. Malgré une fin un poil décevante, l’écriture est assez bien ficelée pour nous donner envie de connaître le fin mot de l’histoire et le destin de Sebastian Castellanos.

Image de The Evil Within 2

Un gameplay 2.0

Dans son gameplay, The Evil Within 2 est la suite logique du premier épisode. Mieux équilibré et plus agréable à prendre en main (à part pour les néophytes peut-être), les ajouts apportés par les game-designers sont, pour la plupart, pertinents. Bien qu’il reprend les grandes lignes du précédent volet, le titre possède certains petits plus qui font un bien fou à la série. On pourra noter, par exemple, un système de craft plutôt complet qui pousse le joueur à l’exploration. Car oui, la principale nouveauté de ce soft est l’apparition d’un monde semi-ouvert. La ville d’Union est en effet une zone explorable par le joueur qui donne lieu à quelques quêtes secondaires, qui vous permettent de visiter la carte, et surtout de récupérer du matériel. Ce dernier vous donnera notamment la possibilité de créer des munitions pour vos armes, et même de booster ces dernières via un arbre d’amélioration. Au même titre que les armes, les compétences physiques de Sebastian peuvent être améliorées et customisées selon vos envies et votre style de jeu. Vous voulez privilégier l’infiltration ? Il est peut-être judicieux d’améliorer votre discrétion et votre rapidité à vous déplacer accroupi. Vous préférez au contraire la jouer bourrin et courir dans tous les sens tel un américain le jour du Black Friday ? Aucun problème, il vous suffit d’améliorer votre endurance et vos capacités au combat. Autant de possibilités donc, qui obligent le joueur à faire des choix pour façonner le gameplay à son style de jeu.

Malheureusement, tout n’est pas exempt de défauts. Même si les développeurs ont eu la présence d’esprit de bouter hors de la série le format cinémascope (néanmoins déblocable après avoir fini l’aventure) qui bouffait la moitié de votre écran dans le premier opus, la visibilité de ce The Evil Within 2 reste le principal défaut du gameplay. Et ce problème est notamment dû à une caméra un poil trop proche de Sebastian, qui amène vite à paniquer lors d’affrontements dans des endroits exigus. Alors on pourra toujours trouver du bon dans cette pratique, qui permet principalement d’augmenter la tension et l’effet de surprise si un ennemi essaye de vous prendre par-derrière (en tout bien, tout honneur bien sûr), mais se battre avec la caméra (en plus d’ennemis assez agiles) pour essayer de la soumettre à nos envies reste quelque chose de gênant, quoi qu’on en dise.

La maîtrise au profit de l’horreur

Alors qu’on se mette d’accord tout de suite. Sur la scène du AAA de l’année 2014, The Evil Within était le jeu qui possédait surement la direction artistique la plus mind-blowing, et que dire si ce n’est que Tango Gameworks a su placer la barre encore plus haute. La mise en scène ultra léchée, ainsi que sa direction artistique beaucoup trop malsaine m’ont provoqué des moments d’effroi absolu. Pour preuve, vous pouvez visionner le début de mon aventure en live, déjà disponible sur notre chaîne YouTube. Voilà, maintenant que le placement publicitaire est fait, on peut revenir à nos moutons. Comme je le disais, la direction artistique (inspirée à priori d’œuvres comme Inception ou encore Silent Hill) à tout pour plaire à l’amateur de survival-horror et d’univers dérangés que vous êtes. Les boss, qui sont certes un peu moins inspiré et mémorable que le précédent opus, vous fileront des frissons dans le dos, bizarrement assez appréciables et addictifs. Néanmoins, puisqu’on parle de créatures peu attirantes, les ennemis récurrents ne sont malheureusement pas hyper diversifiés. Malgré de superbes coups d’éclat comme les ennemis rampants (j’en cauchemarde encore la nuit), les créatures manquent un peu de nouveautés et 2 ou 3 types d’ennemis supplémentaires (principalement à la fin de l’aventure) n’auraient pas été de trop.

Du côté technique, le jeu est indéniablement mieux maîtrisé que le premier épisode et les graphismes sont plutôt jolis. Cependant, de nombreux bugs de collision sont à déplorer et la hitbox pourrait très rapidement vous faire perdre votre sang-froid. Au même titre, la synchronisation labiale (jeu testé avec le doublage français) est franchement ratée. En lui-même le doublage reste cependant plutôt satisfaisant, sans atteindre des sommets.

Alors certes, j’ai l’air de m’emballer, mais The Evil Within 2 reste globalement moins effrayant et marquant dans son approche de l’horreur que son grand-frère. Et la principale raison à cette baisse de régime réside dans l’apparition d’un monde semi-ouvert. Bien que l’ajout d’un tel élément soit bénéfique au soft, il est difficile de garder un rythme de peur soutenu. En effet, les moments de «balade» dans la ville permettent au joueur de souffler un peu et de relâcher la pression pour partir à la cueillette de plantes. Là où le premier était un véritable train-fantôme, qui perdait logiquement en terme de liberté de jeu, The Evil Within 2 gagne en diversité mais perd en rythme et en tension. Pour précision, cette remarque concerne principalement la 1er moitié du soft, puisque ce dernier se resserre (un peu) dans sa deuxième partie pour faire avancer son scénario (oui, comme Final Fantasy XV, sauf que c’est mieux maîtrisé).

Un dernier mot concernant la musique composée par Masatoshi Yanagi, qui propose ici un éventail de thèmes marquants. Allant de musiques épiques (comme le morceau « The Evil Within »), jusqu’à des compositions plus tristes et poignantes («Making your way home» une pièce de maître), le compositeur arrive à jouer avec nos émotions d’une façon rarement atteinte par un survival-horror moderne.

Finalement, après Resident Evil 7 en début d’année, The Evil Within 2 vient confirmer le retour en force du survival-horror AAA. Et rien ne pouvait me rendre plus heureux.

Video de The Evil Within 2

Avec une meilleure maîtrise de l’hybridation action/survie/horreur, The Evil Within 2 s’impose clairement comme une des meilleures expériences horrifiques de ces dernières années. Mieux maîtrisé d’un point de vue technique et scénaristique, le soft de Tango Gameworks a su apprendre de ses erreurs pour proposer un deuxième opus plus juste. Malgré quelques faux pas sur l’écriture de ses personnages secondaires, sa caméra et ses boss, le soft reste néanmoins un must-have pour quiconque voudrait mettre ses émotions à rude épreuve, en cette fin d’année décidément prolifique en jeux vidéo japonais de qualité.

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Évaluation de l'article

Points forts

  • Plus joli que son grand-frère
  • Ecriture moins éparpillée
  • Système de craft intéressant
  • Direction artistique toujours aussi efficace
  • Mise en scène léchée
  • Gameplay plus complet et moins lourd
  • Une bande-son de qualité
  • Un Sebastian Castellanos plus attachant
  • Un premier antagoniste charismatique
  • Une bonne durée de vie (environ 15 heures)
  • Un monde plus ouvert...

Points faibles

  • Pas mal de bugs
  • Des personnages secondaires inintéressants
  • Des boss moins mémorables
  • Une fin un poil décevante
  • ...mais qui crée un problème de rythme
8

Great

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