TEST – Wolfenstein 2 The New Colossus aux pieds en béton armé

Wolfenstein 2 : The New Colossus aux pieds en béton armé

(testé sur PC à partir d’une version presse)Wolfenstein 2 the new colossus

Durant toutes mes sessions de jeu, deux questions seront, sans cesse, revenues trotter gentiment dans ma tête : pourquoi joue-t-on ? Qu’est ce qu’un jeu vidéo ? Et j’avoue que si je m’attendais un jour à devoir me poser ces questions, je ne m’attendais pas à me les poser durant Wolfenstein 2 The New Colossus, mais plutôt lors d’un Detroit Become Human par exemple, ou tout autre jeu conceptuel et/ou particulièrement onirique. Mais certainement pas avec un gros FPS bien bourrin.

Avouons nos défauts, Wolfenstein 2 The New Colossus a su taper là où ça faisait du bien : sur la narration, l’écriture, et le montage quasi-parfait de ses cinématiques, aspects auxquels je suis particulièrement sensible. Dans la lignée de l’opus précédent, en somme; Et pour appuyer le fait que cette narration, ce film, n’est pas juste là pour habiller le jeu, et n’est pas non plus le fait d’un très heureux hasard – Machine Games n’a toujours pas inclus de multijoueur.

 

Wolfenstein 2 the new colossus

Previously on Wolfenstein

Le jeu est la suite directe et immédiate de The New Order, et une vidéo vous en remémorera la fin, histoire de vous remettre dans l’ambiance ou de vous en informer si vous n’avez pas eu l’occasion d’y jouer. Vous commencez donc dans la peau d’un Blazkowicz sortant d’un coma, alors que l’Obergruppenführer Irene Engel lance un assaut sur le sous-marin que vous avez volé aux nazis et qui vous sert de QG. A vous, ensuite, d’aider vos amis à bord de votre fauteuil roulant. On est pas surnommé Blazko le barjo par hasard …

A partir de là, on se dit que le jeu va enchainer des niveaux de plus en en plus déjantés dans leur conception ou leur mécanique : perdu, ce sont les cinématiques qui vous feront crier ENCORE ! Enfin soyons justes, dans une seconde partie, après Roswell pour être précis. Car dans cette première partie, ce Wolfentein 2 se contente d’être un bon FPS, il se met en place, lance quelques saillies comme autant de teasers sur ce qu’il peut être, sur ce qu’il va donner.

Petite précision pour ceux qui seraient étrangers à la licence, Wolfenstein est une uchronie où les nazis ont gagné la Seconde Guerre mondiale, la bombe atomique est lancée sur New York. Les nazis ont développé de nouvelles armes surpuissantes et s’étendent le monde voire au-delà.

Wolfenstein 2 the new colossus

Un casting de rêve pour un road movie de barjo

Ce sont bien les séquences narratives qui amènent à cette double question posée en introduction. Et loin d’être un film interactif, Wolfenstein 2 The New Colossus propose de vrais belles séquences de jeu qui, pourtant, inversent le rapport de force en jeu et visionnage. On ne profite pas d’une cinématique pour ponctuer, ou faire une transition entre deux niveaux de défouraillage de nazis, mais on joue pour arriver à la prochaine scène, et le plus vite possible sera le mieux.

Tout y est, les personnages forment un groupe cohérent et prennent beaucoup de place dans le récit. Juste ce qu’il faut pour passer toutes les émotions, tous les genres possibles. Mise en abyme, humour, drame, conflits familiaux, western, science-fiction, et, plus généralement, action. Les personnages, y compris les membres de l’équipage non présents dans les cinématiques, permettent alors de développer l’univers, d’aborder d’autres thèmes. Bref, d’enrichir le jeu comme jamais. Et les nouveaux venus ne dénotent pas en terme de qualité ou d’empathie.

Mais la diversité de vos compagnons ne fait pas tout. Les dialogues sont d’un niveau rarement atteints dans un jeu vidéo (ou même dans un film). Et que dire du montage, des plans ? On dirait que Machine Games s’est amusé à mettre toute la palette technique du cinéma dans ces cinématiques  : plans séquences, contre-plongées, champ/contre-champ pour raconter une histoire et revenir sur le passé du héros. Et durant les phases de jeu, cette écriture transpire encore. Prenez le temps d’écouter vos camarades dans leurs conversations, ou même celles des gardes avant de les démembrer.

De votre sous-marin, le jeu vous emmènera dans un New York dévasté, à Roswell, à la Nouvelle Orléans, et même sur Vénus.

Pourquoi jouons-nous donc ? Chacun aura sa réponse : pour le jeu, pour le défi, pour le fun, pour s’évader un peu, pour l’histoire développée. Du moins, en ce qui concerne Wolfenstein 2, c’est clairement pour cette dernière raison.

Wolfenstein 2 the new colossus

Bon, on parle du jeu ?

Car oui, il y a bien un jeu à évoquer, des niveaux, une réalisation vidéoludique à tester et à critiquer (dans le sens « donner un avis »). Nous évoquions un road trip, et si celui-ci se ressent bien dans les séquences non-jouées, le dépaysement n’est pas forcément au rendez-vous dans les niveaux. Tous les environnements sont coulés dans le même moule industrielo-urbain. Alors oui, le scénario nous porte d’usines en bâtiments de l’armée allemande, et ses environnements sont donc justifiés. Mais quand on parcourt près de 85 millions de kilomètres dans un jeu, on peut espérer voir autre chose que des murs en métal.

Deux niveaux sortent pourtant la tête (et le reste du corps) de l’eau – et pour ne pas spoiler nous les évoquerons juste sous les noms de code « Maison dans le ciel » (niveau bien trop court) et « Panzerhound ». Si vous avez du mal avec les noms d’origine germanique, inspirez un grand coup, car votre armement est entièrement en langue de Goethe. On retrouve ainsi la possibilité de lancer des armes blanches (ici, des hachettes), celle de porter une arme dans chaque main et de les améliorer via des kits trouvés à travers votre périple.

Si l’armement permet l’éventail habituel (pistolet, fusil à pompe, à longue portée ou automatique), il faudra un peu vous habituer à leur design pour correctement les différencier d’un coup d’œil, du moins dans les premières minutes/heures du jeu. Un choix que vous devrez faire en début d’aventure influera d’ailleurs sur la super arme que vous aurez dans les mains. L’autre pouvant, par la suite, se trouver au fil des niveaux.

Wolfenstein 2 the new colossus

Visuellement, le jeu suit la tendance de son arsenal ou de ses environnements : c’est joli, voire beau (surtout les ombres), mais tout est dans la même teinte, et les antagonistes n’ont pas un design très varié. Oui, il s’agit d’une armée, et oui, c’est surement un parti pris pour installer une ambiance oppressive et la sensation que les nazis ont le contrôle absolu. Mais il n’empêche que …

Pour finir sur les points perfectibles, notons que même si le jeu ne laisse pas une place folle aux itinéraires libres, l’indicateur d’objectif est assez peu lisible.

Pour le reste, Wolfenstein 2 The New Colossus possède les mêmes défauts que ses concurrents. Des gradés sont disséminés tout au long de votre parcours, les tuer vous permet de récupérer des codes à décrypter et d’empêcher l’arrivée de renforts en cas de déclenchement d’alarme. Autant le dire de suite, le jeu n’est pas un jeu d’infiltration et seuls les plus patients et les plus acharnés réussiront à passer inaperçus. Quant aux renforts, les ennemis ont du faire leur classe dans une école de ninja tant leur apparition dans votre dos est surprenante et automatique. Il faudra bien ça pour vous prendre en défaut tellement l’IA fait preuve de peu d’ingéniosité, mais pourquoi en avoir quand un bon tir magique permet de régler la situation ?

Si on ajoute le fait que ramasser les armes au sol peut parfois se jouer au pixel près et que l’interface n’est, elle non plus, pas forcément des plus lisibles (il faut prendre le réflexe de garder un œil sur ses points de vie sous peine de mourir sans s’en rendre compte), on pourrait se dire que ces défauts sont rédhibitoires. Rassurez-vous, il n’en est rien, il était important de les noter.

 

Wolfenstein 2 the new colossus

Car globalement le jeu est bon, voire très bon. Nerveux, les montées d’adrénalines se succèdent agréablement. Ça n’explose pas dans tous les sens, ça brûle, ça va vite, et votre façon de jouer prendra une orientation différente dans le dernier tiers du jeu avec un choix d’équipement à faire.

Concernant la durée de vie, les codes à décrypter évoqués plus tôt permettent l’accès à la machine Enigma dans un mini jeux qui vous permettra de débloquer des cibles à abattre permettant de récupérer d’autres collectibles. Et en parlant mini jeu, en plus du concours de tir et d’obstacles, si vous passez au mess de votre sous-marin, vous pourrez jouer à Wolfenstein 3D.

Wolfenstein 2 the new colossus

De plus, une fois le jeu fini, vous aurez la possibilité d’obtenir des missions secondaires et de récupérer les pièces d’armures spéciales que vous n’aurez pas choisies. Notons également qu’un season pass sera disponible le 7 novembre prochain avec du contenu additionnel : « Les Aventures de Gunslinger Joe », « Les Carnets de l’agent Silent Death » et « Les Exploits du Capitaine Wilkins ».

 

Wolfenstein 2 the new colossus

 

A la question « qu’est ce qu’un jeu vidéo ? », Wolfenstein 2 The New Colossus répond ainsi : c’est une histoire immersive vous donnant le contrôle d’un héros bourrin à souhait, mais bien loin du stéréotype du genre. On s’amuse, on rigole, on s’émeut. Bref, on en redemande.

Points forts

  • La narration ! Un vrai bon film de cinema
  • Les personnages secondaires
  • Des combats intenses
  • Visuellement réussi
  • Action portée par une excellente bande-son
  • La voix Française de Bruce Willis

Points faibles

  • Renforts ninja
  • Indicateur d'objectifs peu lisible
  • Manque de diversité dans les environnements
8.1

Great

Graphismes - 7.5
Bande son - 9
Expérience de jeu - 9
Gameplay - 7
Personne ne lis jamais ces encarts (mais tu peux cliquer sur les liens)

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