TEST – Death Stranding : une expérience hors-temps

Il est venu le temps de réaliser ma dernière livraison (après plus d’une centaine) en vous livrant mon test de Death Stranding !

Développeur : Kojima Productions
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Genre : Aventure, Action
Prix : 64,99€
Plateforme : PlayStation 4
Date de sortie : 8 novembre 2019

 

La dernière œuvre de Hideo Kojima a fait couler beaucoup, beaucoup, beaucoup d’encre depuis plus d’un mois. La sortie officielle de Death Stranding fut accompagnée d’un bel encart publicitaire criant au chef d’œuvre absolu avec des notes et autres phrases d’accroches dithyrambiques. Il est grand temps de vous donner notre avis sur ce jeu ô combien subversif qui divise la sphère vidéoludique autant qu’il rassemble l’humanité in-game.

Kojima-Touch

death strandingNous voilà donc plongé dans le tout nouvel univers créé et pensé par Kojima. Un monde post-apocalyptique où les éternels zombies sont remplacés ici par des Échoués, sortes d’âmes errantes voulant vous attirer dans l’autre monde via la Grève (sorte de plage entre les deux mondes). Normalement invisibles, notre protagoniste perçoit leur présence grâce (ou à cause) à sa maladie nommée DOOMS et avec l’aide de BB. Et pour que l’apocalypse soit crédible, l’événement Death Stranding a coupé toutes les villes et, donc, toute la population américaine, de communication. Le but du jeu sera de reconnecter toutes ces villes sur le réseau chiral grâce à une clé appelée Q-Pidon. Mais pas seulement ! La population compte sur Sam Porter Bridges (le héros qu’on incarne) pour livrer de la marchandise (vivres, médicaments, etc.) aux quatre coins des UCA (Union des Cités d’Amérique). Enfin, notre quête aura pour finalité de retrouver la présidente retenue prisonnière par des terroristes à l’autre bout du pays. 

death strandingUn univers original plutôt bien pensé et crédible dans l’ensemble. Une mise en scène Kojimaesque digne des plus grandes productions hollywoodiennes portée par un casting de renom : Norman Reedus, Mads Mikkelsen, Guillermo Del Toro, Troy Baker, Lindsey Wagner, entre autres. Le mystérieux scénario se révélera petit à petit à travers des missions notables et l’aventure vous transportera à travers des paysages divers et variés très sauvages et désertiques. Une grande map où vous pourrez choisir votre itinéraire et l’approche qui vous parait la plus adaptée. On y retrouve l’esprit de Meta Gear Solid V sous bien des aspects. Que ce soit dans cette liberté de gameplay, une grande map naturelle, les notations en fin de mission ou encore la création de liens avec des personnes pour débloquer du stuff. 

Kojima-world

death strandingDans ce monde déconnecté, il existe des humains qui ont un peu perdu la tête et vous pourchasseront pour voler votre marchandise. Un peu à l’instar de Mad Max, ces Mules n’hésiteront pas à sortir de leur abri dès qu’ils vous détecteront dans leur propriété. Ne vous inquiétez pas, vous pourrez vous défendre ou, au pire, récupérer votre marchandise dans leur casier. Mais votre pire ennemi sera les intempéries. Oui la pluie (ou la neige) ! Chargée en chiralium, elle accélère le temps de tout ce qu’elle touche et permettra aux Échoués de venir errer dans le monde des vivants. Il faudra alors les éviter tout en prenant soin de l’état de votre cargaison.

death strandingEn parlant de cargaison, vous transportez de la marchandise rangée dans des mallettes de différentes tailles, allant de S à XL, et différents poids. Vous pourrez les empiler sur votre dos, en accrocher sur vos épaules et sur vos hanches comme un bon vieux sherpa tibétain. Plus vous empilerez de mallettes, plus votre équilibre sera mis à rude épreuve. Gare à la chute ! Toute perte d’équilibre entraînera des dégâts considérables sur votre cargaison au risque de détériorer son contenu et mettre en péril la livraison elle-même. Ne vous inquiétez pas, il n’y pas vraiment de game over dans le jeu. Soit vous mourrez simplement et chargerez  votre dernière save. Soit vous êtes emporté dans les Abysses… monde sous-marin où votre âme est séparée de votre corps. À vous de reconnecter les deux pour revenir d’entre les morts. Un atout que possède Sam grâce au DOOMS et lui donnant le titre de Rapatrié. Des éléments intéressants nous permettant de ressentir de l’empathie pour le protagoniste et nous plonger dans le rôle de livreur/sauveur.  

Kojima : (re)Connecting people

death strandingDans ce monde vidé de tout PNJ, aux régions déconnectées et isolées, parsemé principalement de cailloux et de buissons, votre labeur ne sera pas toujours facile. Un gameplay bien pensé et original mettant les quêtes FedEx, souvent critiquées voire boudées dans les jeux en monde-ouvert, au cœur du jeu. Ici, ces dernières prennent tout leur sens. Ajoutez à cela une grande marge de progression pour livrer de plus en plus de colis toujours plus vite, toujours plus loin et vous vous prendrez pour Tom Hanks dans Seul Au Monde prêt à tout pour protéger et livrer ses commandes. Rassurez-vous il y a des armes, des véhicules, des objets de protection en tout genre, des grenades, etc. Seul gros hic… la physique aux choux ! Crises de nerfs assurées avec une physique laborieuse voire burlesque. Il faudra faire avec et en tirer partie ! 

Que serait un jeu de Kojima sans une grosse méta ? Cette dernière est vraiment ancrée dans l’actualité avec des thèmes tels que le terrorisme, les immigrés, les réseaux sociaux, l’évolution, la vie, la mort, entre autres. Je ne peux que vous conseiller de lire les données débloquées ainsi que les mails envoyés des PNJ tant l’écriture est riche de détails sensés et profonds. De plus, le jeu vous incitera à partager et à construire des structures profitant à tout le monde tel un post sur un réseau social. Vraiment dommage qu’on ne puisse pas interagir avec nos amis PSN. Death Stranding aurait vraiment pris une autre dimension. En l’état, la construction de certaines structures perd rapidement d’intérêt tant celles-ci pullulent sur la map. Tout comme les panneaux de signalisation. D’un monde sauvage désertique, on se retrouve vite dans un univers coloré et luminescent tokyoïte. Peut-être est-ce le but de Kojima, nous faire réfléchir à ce que nous partageons et son impact sur le monde et les autres ? Un contenu tourné vers les autres mais qui, au final, passe à la trappe et c’est bien dommage. 

Kojima master piece ? 

Difficile de donner un avis objectif sur ce jeu tant il est vécu différemment par les joueurs. Dans tous les cas, Death Stranding ne laisse pas les joueurs indifférents et marquera les esprits. Tant par son gameplay et son univers que par son scénario à l’écriture quasi parfaite. Alors oui, il faut souligner le rythme sinusoïdal du jeu qui peut en dégoûter plus d’un. A commencer par ce très voire trop long troisième chapitre. A mon sens, c’est pour s’habituer aux mécaniques du jeu et faire progresser notre personnage afin de mieux savourer le reste de l’aventure. Impossible de penser que cela résulte d’une erreur de réalisation. En revanche, le menu et la tonne d’informations affichée sur la carte sont carrément indigestes et illisibles. On passe souvent à côté d’informations primordiales pour honorer nos commandes et alors on se rend compte une fois dans le pétrin que l’itinéraire le plus rapide nous fait passer par un col à 3000m facilement contournable… Dans tous les cas, n’hésitez pas à essayer et tenter des choses, votre liberté n’a de limites que le poids supportable par Sam ! Sortez des carcans habituels, soyez créatifs et curieux, vous seriez surpris par tout ce qu’il est possible de faire et tout ce qui se cache derrière des actions anodines…

death strandingA côté de ça, la réalisation de Death Stranding est marquée par de nombreuses cinématiques délivrant peu à peu les mystères du scénario. Kojima oblige, certaines sont aussi longues que plaisantes ! Et si vous pensez que le jeu met trop de temps à se mettre en place, c’est qu’il nous ramène à l’essentiel et à notre humilité. Oubliez l’ère du tout, tout de suite. Ici chaque élément sera débloqué à la sueur de votre front et procurera une grande satisfaction. Et si vous êtes sensible à l’humour de l’auteur, vous ne sera pas déçu ! Enfin, il est bon de noter que Kojima nous a pondu un très bon antagoniste charismatique incarné par Troy Baker ! Que c’est bon d’avoir un méchant qu’on a envie d’affronter. Le tout porté à mon sens par une écriture magistrale et profonde s’accélérant dans la seconde moitié du jeu, accompagnée par une bande-son épique. Du grand Kojima là-dessus, rien à dire, et c’est beaucoup moins alambiqué que MGS si on est un tant soit peu spirituel et ouvert d’esprit. Je vous propose d’ailleurs une analyse complète du jeu avec spoilers dans un article dédié. 

Death Stranding est une expérience singulière et subjective. Impossible de donner une note objective tant la sensibilité du joueur tient une part importante dans le plaisir que procure ce jeu. Non exempte de défauts, l’aventure proposée par Hideo Kojima marquera les esprits dans un sens comme dans l’autre. A la manière d’un film de David Lynch, il faut le vivre pour le croire et inversement. Avec un gameplay emprunté à Metal Gear Solid V mis à la sauce chirale, les joueurs ne sont pas dépaysés manette en mains. Cependant, la grande liberté associée à une physique approximative pour accomplir des quêtes, paraissant insensées au premier abord, peuvent facilement en décourager un grand nombre. Surtout que la durée de vie du jeu varie entre une trentaine d’heures et plus d’une centaine ! Quoiqu’il en soit, le scénario comble la souffrance endurée et votre satisfaction d’arriver à destination n’en sera que plus grande. Un jeu qui vous réapprend la patience, l’humilité et vous fait réfléchir à votre condition humaine. 

 

Points forts

  • Univers original, subversif et sensé
  • Bande-son magistrale
  • Liberté d'action
  • Scénario mature et profond
  • Casting 5 étoiles
  • Thèmes de la méta ancrés dans l'actualité
  • Durée de vie extensible
  • Effets météorologiques saisissants

Points faibles

  • Menu fouillis et confus
  • Physique ridiculement rageante
  • Rythme irrégulier
  • Impossibilité de se connecter directement avec ses amis
  • Peut décourager les moins téméraires
8.6

Great

Graphismes - 8
Gameplay - 7
Scénario - 10
Bande son - 9
Durée de vie - 9
Grand aventurier, Gabs consacre sa vie a la recherche d'OST en tout genre en jouant à différents jeux. La légende raconte que c'est lui qui aurait appris à Link comment jouer de l'ocarina...

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