Le Japon a fait sa révolution ferroviaire. Déjà réputé pour son Shinkansen et le respect des horaires, le pays a vu ses lignes s’adapter et des particuliers voyager en locomotives personnelles. Quel genre d’adaptation ? Le genre qui va vous permettre d’enchainer 540°, ollies, kickflips et autres grinds sur des voies colorées. Le SSX du train en somme.
Une adaptation qui ne s’est pas faite de gaité de cœur, mais pour palier à une catastrophe écologique (aucun rapport avec notre réalité qui va si bien). La population vit dans des cités sous dômes, reliées par les dits chemins de fer. Toute la population ? Non, car une poignée d’irréductibles vivent en dehors et voyagent avec leurs locos persos.
Régie Autonome des Tricks Personnalisés
Plus de 60 tricks à déclencher sur 65 circuits répartis en 9 chapitres. Autant vous dire que le jeu est généreux en contenu et prend le temps de distiller ses nouveautés. A raison d’une grosse nouveauté par chapitre, passé les premiers qui servent de tuto.
Mais quelles nouveautés ? De nouveaux tricks ? Non, toutes les figures sont disponibles dès le départ, mais pas toutes les manières de les utiliser. Ainsi avec le stick dédié on les exécute en faisant des figues à bases de cercles ou quarts de cercles ou en maintenant un curseur pour les grinds. Répartis en catégories de difficulté, les plus ardus seront très difficiles à sortir. Le second stick sera utilisé pour forcer les changement de voie (entre autres). Avec les gâchettes on va avoir la possibilité de forcer un atterrissage et, en contrepartie, de sauter et de poser un grind entre 2 voies.
Les mécaniques que nous allons apprendre au fil des chapitres vont consister à grinder, utiliser des câbles pour se suspendre et se balancer, grinder sur des murs, inverser la gravité, passer en mode hyper ou encore utiliser des courants aériens. Et, bien évidemment, utiliser à bon escient le décor pour déclencher des mécanismes.
La difficulté du jeu reposera sur le fait de pas se mélanger les doigts entre toutes les commandes, surtout que l’impression de vitesse est bien rendue.
Le pouvoir de l’amitié
Entre gens qui aiment les trains.
C’est qu’il y a un scénario qui justifie notre parcours. Un scénario très shonen. Une héroïne qui veut juste faire la bagarre des tricks avec son train et une compagnie ferroviaire clairement fasciste. Entre eux, des bandes de marginaux que notre amie va rallier au fil de ses victoires. Et comme rien n’est laissé au hasard dans Denshattack l’écran de chargement se verra agrémenter de nos nouveaux amis au fil de la progression.
Une progression qui va nous proposer plusieurs types de défis. Les circuits peuvent vous demander un score seuil, de finir au delà d’une certaines place, de combattre un boss ou de juste vous amuser sans contrainte particulière. En plus de ces objectifs de passage de niveaux, chaque circuit propose des défis différents : atteindre un certain score et finir en dessous d’un certain temps, faire sonner le klaxon à un certain moment, ne pas chuter, réaliser un type de trick à tel autre ou encore ramasser des objets plus ou moins cachés. Vous en aurez 3 en particulier qui vous suivront tout au long de votre périple : les engrenages pour acheter de nouveaux trains, les bombes de peintures pour acheter des cosmétiques pour vos trains et des bobines de film pour remplir le fanzine de votre pote qui vous lance sur cette aventure. Un fanzine qui explique le lore des personnages et régions et qui donne aussi de vrais descriptifs touristiques sur la région du Japon que vous êtes en train de traverser. Pour une fois les objets à collectionner sont utiles.
Pour en revenir au gameplay, le jeu n’est pas du tout punitif. Si vous chutez il vous remet quelques instants en arrière et il ne vous mettra en situation de game over uniquement sur les courses et time/score attacks. Vous serez puni par la non validation du combo en cours. Combo que vous créerez en enchainant les tricks et surtout les petits tricks pour continuer à scorer. En saut vous pourrez atterrir sur le châssis arrière ou avant, drifter dans les virages, grinder dans les lignes droites ou enchainer des sauts, une fois que vous aurez appris le tracé du circuit pour éviter de vous mettre dans le décor dans un virage trop précoce. Heureusement, pour rectifier une erreur, vous pourrez forcer un atterrissage.
Le premier coup de cœur de l’année
J’ai testé de bons jeux sur cette première moitié 2026 : The Drifter, Pragmata et même Damon and Baby mais Denshattack est au dessus du lot en terme de fun et il contient tous les ingrédients dont je regrette souvent l’absence. Undercoders ne s’est clairement pas retenu sur l’aspect spectaculaire : ça va vite, les figures sont impressionnantes, on peu customiser ses trains qui ont des capacités différentes (augmentation du score d’un certain type de trick, efficacité des zones d’accélération etc) des capacités qui viennent aussi avec un malus, qui fait que vous pouvez tout à fait faire toute l’aventure avec le train de base. Les personnages sont attachants et le jeu n’est pas punitif. Oui pour taper tous les objectifs, score et temps inclus, vous allez devoir tryhard, mais juste pour vous amuser et partager vos score avec vos potes c’est parfait. Le nombre de circuits, de trains, de tricks est imposant.
Il ne manque qu’un mode multijoueur.
Sur cette première moitié de 2026, Denshattack s’impose comme le jeu le plus fun auquel j’ai joué. Spectaculaire et généreux en contenu, il propose un système de trains personnalisables équilibré, des personnages attachants et une accessibilité exemplaire. Il ne lui manque qu’un mode multijoueur pour être parfait.
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