TEST – Pragmata

Il est 1h52, je viens de finir Pragmata, il faut qu’on parle !

Développeur : Capcom
Éditeur : Capcom
Support : PC, PS5, Switch 2, XBox Series X/S
Version pour le test : PS5
Genre : Aventure
Date de sortie : 17 avril 2026

 

Dans un pas si lointain futur, la lune abrite une base scientifique qui exploite une ressource encore tenue secrète aux yeux du grand public. Une ressource qui sera le McGuffin de notre aventure, celle-ci débutant quand 4 membres d’un équipage de secours arrivent sur place suite à la rupture des communications. Seul rescapé des quatre, vous allez rencontrer une jeune fille qui se trouve être une Pragmata, une androïde construite à partir de cette fameuse ressource. Et ensemble, vous allez tenter de comprendre ce qui se passe.

Un duo tellement attachant

Nous voici une fois de plus dans une dynamique père-fille (The Last of Us, The Witcher 3, Bioshock,…) mais sans les clichés qu’on aurait pu imaginer. Ainsi Hugh n’est pas un vieux gars aigri et sans cœur qui va s’ouvrir au fil de l’aventure. Pas plus qu’il ne traite Diana, nom qu’il donnera à la Pragmata, comme une machine (ce qu’elle est pourtant) pour oublier son inhumanité au fil du temps. Il apprécie Diana, il le fait savoir, il parle de sa propre enfance, sait être pédagogue et attentionné.

En revanche la narration a quelques écueils : le foreshadowing est fort présent et dès la cinématique d’introduction, et tout comme le gameplay, les fonctions de chacun sont clairement établies, on sait comment tout va se finir ou presque (rendez-vous en zone spoiler) tellement le jeu force sur certains aspects dans les dialogues.

Mais la fin est tellement bien amenée et bien écrite qu’on se laisse happer, qu’on a envie de comprendre ce qu’il s’est passé, jusqu’à en être un peu déçu quand on nous confirme ce qui était annoncé.

Détail ou débat qui n’a aucune importance pour le jeu, mais le héros c’est la Diana, Hugh est là pour la porter et tirer sur des trucs et pour apporter son support et sa culture terrienne à une enfant qui n’en est pas une. A tel point qu’on se demande comment cette IA a pu être programmée ou plutôt alimentée en données. Mais comme on nous répète toutes les 20 minutes que sa mémoire a été effacée, ça passe.

Tous ces éléments et bien d’autres rendent le duo adorable. D’autant plus que Diana, qui sert aussi d’aide, a été écrite de manière à nous laisser chercher dans les rarissimes points de blocages. Car bien que linéaire, le jeu est friand de défis, et de quelques puzzles en accompagnements. Diana parle mais de manière utile, pour encourager, pour faire part de son inquiétude ou pour montrer sa curiosité vis à vis de Hugh ou de la Terre. Une dynamique qu’on voit couramment sous cette forme et d’autres (God of War pour père-fils, Plague Tale pour mère-fils et/ou soeur-frère) mais assez rarement aussi bien écrite.

Enfin, et juste pour être chiant, ça n’aurait pas couté grand chose à Capcom d’être un peu plus réaliste sur les lois de la physique. Comme le fait de ne pas avoir de son dans l’espace, en plus en matière de mise en scène, avoir l’image, pas le son d’une explosion mais, pourquoi pas, un commentaire du duo, aura posé la scène.

Une schizophrénie bienvenue

Pour se démarquer des jeux d’aventure-couloir (South of Midnight, Uncharted, The Last of Us, A Plague Tale), Pragmata axe son gameplay sur la dualité de l’équipe formée. Vous allez gérer la partie physique en dirigeant Hugh (esquives, sauts, combat) et la partie piratage via Diana grâce aux 4 boutons de votre manette. Ce qui vous oblige à vous « dédoubler ». Ce piratage prend la forme d’une grille sur laquelle vous allez devoir déplacer un curseur pour prendre des cases aux capacités spéciales et finir sur une case d’arrivée. Ces capacités peuvent être de base sur la grille (dont les ouvertures) ou ajoutées via vos skills ou celles de l’ennemi (voire, plus loin dans le jeu, le contexte du moment). Mais pas d’inquiétude, on ne vous demande pas de vous transformer en poulpe, le jeu est gentil avec vous à deux niveaux. Tout d’abord il garde en mémoire là où vous étiez sur la grille si vous perdez le focus sur l’ennemi. Puis le jeu n’est pas des plus nerveux dans ces combats, les ennemis sont lents et pas très intelligents, vos armes ne sont pas très rapides, votre personnage un peu lourdeau (en même temps il est en combinaison de cosmonaute du futur avec des faux airs de Master Chief, le tout sur une Lune à la gravité moindre)

La difficulté, en normal, reposera sur l’ajout de pièges ou la taille des salles où l’on doit combattre.

En revanche, optimiser le chemin de piratage complexifiera le tout. Car en plus d’aller d’un point A au point B, il faudra aussi éviter les bonus que nous ne souhaitez pas consommer sur le moment, aller chercher les autres et éviter les cases bloquées ou utilisées par l’ennemi. D’ailleurs chaque modèle de robot a sa propre grille de base et il faudra être réactif car si vous ne passez pas sur les cases d’ouverture, vous ne ferez tout simplement pas de dégâts.

Pour le reste on retrouve le classique, mais un classique parfaitement maitrisé. Un refuge qui va vous servir à choisir votre niveau, améliorer votre arsenal, débloquer de nouvelles capacités, participer à des sessions d’entrainements avec des récompenses utiles à la clef, en apprendre plus sur les ennemis et cette base et décorer un peu le tout en trouvant des « mémoires terrestres » qui seront des activités pour Diana, renforçant encore un peu plus l’attachement que vous allez avoir pour elle et pour la relation père-fille qui se développe avec Hugh.

Tellement parfaitement maitrisé que pour une des rares fois dans l’univers vidéoludique, récupérer les objets à collectionner aura un but. Pour les dossiers, en apprendre plus sur la vie sur la base et notamment les histoires de deux personnages en particulier : une membre du staff qui construit des portes holographiques et un journaliste infiltré. Pour les jetons à donner à Cabin (une autre IA qui gère les entrainements), la possibilité de jouer sur des grilles de bingo pour débloquer des skins, des infos, des pouvoirs et armes. Pour les mémoires terrestres voire les interactions de Diana et voir le refuge se décorer.

Mais Pragmata sait aussi rebasculer dans le très classique : une aventure linéaire où on enchaine un combat, une info et où tout ce qu’on pense arriver, va arriver au moment où l’on pense que ça va arriver ou presque comme je l’évoquais plus haut. Le but d’un niveau est de déverrouiller 3 serrures pour ouvrir une porte, le suivant est d’en déverrouiller 6. Une linéarité modérée par l’arsenal disponible. Deux joueurs pourront avoir deux expérience distinctes en fonction de leurs choix devant l’armurerie.

Sachez qu’une fois le jeu fini, un New Game + fera son apparition, ainsi qu’un nouveau mode de difficulté et un ensemble de 10 défis qui demanderont des prérequis, comme battre un boss en version améliorée, histoire de faire le tour et de tout platiner.

L’instant technique

Sorti simultanément sur PC, Pragmata demande les configs suivantes :

Minimale

  • Intel Core i5-8500 ou AMD Ryzen 5 3500
  • Nvidia GeForce GTX 1660 ou AMD Radeon RX 5500 XT
  • 16 Go DDR4
  • 40 Go SSD

Recommandée

  • Intel Core i7-8700 ou AMD Ryzen 5 5500
  • GeForce RTX 2060 Super ou AMD Radeon RX 6600
  • 16 Go DDR4
  • 40 Go SSD

Le jeu est beau, du moins sur le visage de Diana et les décors en extérieur. En intérieur, disons que le jeu est en mode huis clos dans des pièces assez petites donc il n’aura pas trop de mal à être fluide.

Les ennemis sont diversifiés en nombre et en identité graphique, on sait rapidement qui est qui, qui fait quoi et quels sont les points faibles sans avoir à utiliser le scanner de manière répétitive. Enfin le doublage français est de qualité même si certaines animations labiales ont été oubliées. D’ailleurs la bande-son, bien qu’agréable est très discrète et optionnelle.

Nous allons faire court pour que vous preniez bien conscience de ce que fut l’expérience Pragmata sans partir sur une analyse complète ou un explication ligne à ligne. Reprenons ce que nous avons dit : Pragmata est linéaire dans sa construction. Pragmata est aussi dépourvu de tout twist scénaristique. Rien qu’aux voix, on sait par qui on va être trahi à la minute où on rencontre le traitre. La seule question qui reste est de savoir si le boss de fin sera le scientifique un peu fou ou son assistante.

Comme mentionné en amont, le foreshadowing et la répétition des envies des protagonistes expliquent, sans aucun doute possible, que ces envies ne vont pas se réaliser et qu’un drame nous attend à un moment. Mais bon sang que celui-ci est bien écrit. la montée progressive de l’attachement que vous aurez forcément pour le duo vous procurera des émotions comme peu de jeux vont on font ressentir. Bon après si vous êtes sociopathe, c’est un autre sujet et nous respectons votre absence d’émotion.

Pragmata est un jeu complet qu’on a envie de compléter : objets à collectionner utiles, à-côtés nombreux sans être étouffants et gameplay qui a su mettre en scène son originalité malgré une nervosité parfois absente. Oui le jeu est linéaire, oui la narration est sans surprise, mais l’immersion est incroyable et les personnages attachants comme rarement pour le média vidéoludique. Une bouffée d’émotions qui ponctue un renouveau de gameplay.

Retrouvez aussi nos tests sur OpenCritic.

 

Points forts

  • Le duo est attachant comme rarement
  • Un système original
  • Un jeu complet qui donne envie de le compléter
  • Une vraie émotion
  • Une écriture sans surprise mais maitrisée et intelligente

Points faibles

  • Des combats qui manquent de nerfs pour faciliter le "double jeu"
  • Linéaire
8.5

Great

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