Ce sont au tour de ces deux jeux sortis en 2008 (MGS 4) et 2010 (Peacewalker) de subir un (très) petit coup de lifting pour débarquer sur PC, et les consoles actuelles au sein d’une MGS Master Collection Vol 2, deux ans après la première et 10 mois après Metal Gear Solid Delta Snake Eater. En bonus, vous aurez aussi droit à Metal Gear: Ghost Babel un épisode non-canonique sorti en 2000 sur Game Boy Color.
Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots
Sorti uniquement sur PS3, l’occasion de le refaire sur nos plateformes actuelles d’autant que pour anticiper l’arrivée de ce MGS Master Collection Vol 2, le jeu a été retiré des stores.
Ce qu’on en disait à l’époque : une prouesse technique, la mise en scène toujours impeccable de Kojima Prod, les graphismes qui repoussaient les limites de la console. Le jeu mettait en scène un vieux Snake pourchassant Liquid Snake, 5 ans après les évènements de MGS 2. Pour ne pas simplifier votre compréhension, chronologiquement, ce MGS 4 sera aussi le dernier de la série, Hideo en fera donc revenir tous les personnages ou presque pour boucler la boucle.Très nombreux furent les médias de l’époque à lui attribuer leur note maximale ou s’en rapprochant autant que possible.
Ordre chronologique de la série (avec les années où se situe le récit). Les Metal Gear Ac!d ne sont pas considérés comme canon.
Metal Gear Solid: Portable Ops (1970)
Metal Gear Solid: Peace Walker (1974)
Metal Gear Solid V: Ground Zeroes (1975)
Metal Gear Solid V: The Phantom Pain (1984)
Metal Gear (1995)
Metal Gear 2: Solid Snake (1999)
Metal Gear : Ghost Babel (2002)
Metal Gear Solid (The Twin Snakes) (2005)
Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty (2007, 2009)
Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots (2014)
Metal Gear Rising: Revengeance (2018)
En matière de gameplay, c’est le système de camouflage qui avait marqué les esprits avec une tenue qui s’adapte automatiquement au terrain. La narration portait sur la privatisation des forces armées engagées via un système de contrôle nano-robotique. Il faudra d’ailleurs payer un marchand d’arme tout du long pour débloquer les nouvelles armes et acheter des munitions. Le tout gardant l’esprit MGS tout en l’actualisant pour ne plus avoir cette sensation de piloter un tank ou un robot de Boston Dynamics. Mais le jeu avait (et a toujours) ses défauts et notamment l’impression d’être plus devant une série que devant un jeu tant le temps passé devant des cinématiques et échanges via le mythique codec était (très et trop) important. Là encore une marque de fabrique du studio (voir plus bas).
A noter que Guns of Patriots ne propose pas d’à-cotés. Il est dans la lignée des précédents opus, tout pour l’histoire, pas d’exploration ou de possibilité de revenir en arrière. Les niveaux sont construits de manière à ce que vous puissiez emprunter un chemin de traverse. Il sera aussi le seul de la série à vous faire faire un tour du monde (moyen-orient, Amérique du sud, Europe …) en proposant aussi des phases dans des environnements civil (l’infiltration en Europe semble avoir été réalisée avec un autre moteur de jeu tant la différence de qualité graphique est notable).
Mais un jeu qui, comme son binôme de collection, traite des thématiques encore très actuelles et qu’il va être très agréable de jouer au clavier souris sur PC. Il faudra faire abstraction de son rythme en dent de scie et de ses combats de boss, là encore pas tous très inspirés (Octopus très bien, Raven tout l’inverse). Comme quoi la nostalgie et la surprise des boss des deux premiers volumes ont suffit à bâtir la légende.
Metal Gear Solid: Peace Walker
Sorti uniquement sur PSP, l’occasion là de découvrir le jeu peut-être plus que de le redécouvrir.
Ce qu’on en disait à l’époque : un des jeux les plus ambitieux de la console, là aussi les critiques furent dithyrambiques et la notation allait dans ce sens. Peace Walker se déroule 10 ans après Snake Eater (autre jeu qui a vu une ressortie). Snake (Big Boss) et ses militaires sans frontière (MSF, il fallait oser) sont maintenant en Amérique centrale. Un mystérieux groupe surarmé a été aperçu en train de mener des activités suspectes partout dans la région. C’est à cette occasion que deux personnes venant du Costa Rica (un pays démilitarisé) viennent demander de l’aide à Snake devenu Big Boss et ses MSF.
Jouable en solo ou accompagné, le jeu a des problèmes d’équilibrage pour des joueurs à qui le solo s’imposait. Le coopératif, rendu possible par le découpage en missions, permet de débloquer des chemins annexes par la magie de la courte échelle. Ici pas de base à traverser, de jungle à explorer mais des missions assez courtes (entre quelques dizaines de secondes et 15 mins) qui vont faire avancer la narration ou augmenter votre niveau d’équipement. Car pour la première fois, et pour justifier le commandement d’une armée privée, vous allez devoir gérer la base des MSF. Capturer des soldats ennemis, leur attribuer à un département : recherche et développement, hôpital, renseignement, approvisionnement ou force armée. Dans le premier cas, vous pourrez lancer des recherches sur des améliorations ou nouveaux équipements. Dans le dernier, il s’agira de votre roster pour partir en mission car Big Boss ne sera pas disponible pour toutes les missions et vous pourrez même former des équipes pour partir en mission pendant que vous faites les vôtres. On augmentera ainsi le niveau de nos hommes, on trouvera de meilleurs troupes et l’effet boule de neige prendra gentiment. Un nouvel aspect plus immersif encore. En terme de gameplay, la jonction entre Snake Eater, pour le découpage en zones et Phantom Pain pour la gestion de la base et des troupes.
Le jeu propose des cinématiques sous forme de BD avec des QTE, ce qui était un parti pris intelligent sous PSP. En revanche ne pas pouvoir ramper dans un jeu MGS ?
Un jeu loin d’être sans défauts, le principal étant de devoir refaire une mission ratée du tout début (et je vous promets que le chapitre 4 va vous faire hurler). Les autres ? Des combats de boss pas bien inspirés, l’équilibrage (donc), des QTE parfois sans fin et des recherches à faire dont certaines ne seront d’aucune utilité.
Le problème Hideo
Je l’ai déjà exprimé dans les tests de Metal Gear Solid Delta Snake Eater et Death Stranding 2, Hideo est bourré de qualités mais aussi de gros défauts. Il est passionné de cinéma et séries, son rêve était, est, de réaliser. Le jeu vidéo lui permet de le faire, conséquence il bourre ses jeux de références et parfois il laisse la narration parler pendant des minutes et des minutes, lors de monologues complexes pour rien qui bouclent encore et encore sur la même idée. Sur MGS4, ce sont 9h de cinématiques qui vous attendent, soit près de 2 fois plus que de temps de jeu effectif. Alors attention quand vous vous dites, tiens j’ai 1h30 devant moi, j’avancerai bien dans le jeu, car vous pourriez bien ne pas toucher à la manette.
Deuxième souci, Hidéo est un coquin, au sens érotique du terme, il aime les femmes dénudées. Alors il en met dans tous ses jeux, décolletés plongeants (MGS4), pour ne pas dire abyssaux, voire pas de vêtements, on gagnera du temps (Quiet Phantom Pain), quitte à provoquer chez son héros immortel et bad ass des réactions de lycéen excité. MGS4 nous met ainsi en face d’un groupe d’ennemis composé uniquement de femmes particulièrement attirantes et parfois aux poses lascives. Peace Walker n’en sera pas épargné avec une jeune femme en petite culotte dans jungle costaricienne, et une option de zoom dans les cinématiques qui permettra de dénuder Paz, une gamine de 16 ans. Ah bah c’était une autre époque !
Troisième problème: l’immersion. Tous ses jeux se veulent immersifs, nous plongeant dans une tension due à l’action ou à la furtivité aux enjeux et au discours. Arrive un moment ou l’immersion doit être trop fatigante à maintenir. Alors on colle un logo Kojima Production, on te demande « d’appuyer sur le bouton Start de ta manette pour ouvrir le menu » comme ça en pleine mission ou briefing ou, dans PW, on te coupe ta mission sur un cliffhanger pour que tu retournes à la base pour te rééquiper. Sympa pour le gameplay, moins pour la continuité.
Quatrième problème, cette fois-ci de santé publique : fumer. Cigares et cigarettes accompagnent les différentes occurrences de Snake comme le CQC et les balles sédatives. Comme objet utilisable et comme objet de narration. Dans Peacewalker, chaque personnage rencontré demande une clope, quelque soit l’âge (Chico 12 ans). Dans MGS4, à chaque cinématique Snake tente de s’en griller une mais finit toujours par cracher ses poumons. Alors dans les années 90, on avait l’image du dur à cuire qui s’allume un barreau de chaise après une victoire, mais là ça fait ancien fumeur qui a besoin d’exorciser. Bref des gimmicks à revoir ou à oublier.
50 euros pour 2 jeux (et demi) qui feront la joie des fans de la licence qui n’auraient pu les faire à l’époque ou les nouveaux, venus par la grâce des Death Stranding. Il manque plus que les Metal Gear Acid pour que la collection soit complète. Des jeux actuels sur leur thématique (IA, privatisation des conflits armés) et qui n’ont pas vraiment vieilli sur le gameplay ou leur esthétique.
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