TEST – Wolfenstein Youngblood : la semi-déception ?

Bethesda revient avec le tout nouveau Wolfenstein Youngblood. Et il n’est pas aussi convaincant que je le pensais.

Développeur : Arkane Studios, MachineGames
Éditeur : Bethesda
Genre : FPS
Prix : 29,99€
Version pour le test : Xbox One
Date de sortie : 26 juillet 2019

Wolfenstein Youngblood est enfin sorti sur PlayStation 4, Xbox One, PC et Nintendo Switch, un défouloir dans lequel l’objectif est de retrouver notre papa B.J Blazkowicz. Retrouver notre papa car nous incarnons cette fois ses deux filles Jess et Soph. Un défouloir car c’est un peu la marque de fabrique de la série, surtout depuis l’excellent Wolfenstein The New Order. Tuer des nazis qui dominent ce monde uchroniste par tous les moyens possibles, entendez par là, avec toutes les armes qui nous passent par la main. Et on le fera à deux, Youngblood offrant un mode coopération en ligne à tous et eut la brillante idée du Buddy Pass permettant aux joueurs ne possédant pas le jeu de s’inviter à votre partie. Pour autant, le titre édité par Bethesda n’a pas fait preuve de transcendance ni d’inspiration dans d’autres domaines. Revenons plus en détail sur notre expérience de jeu.

Un scénario sans âme

Paris est occupé en 1980 par les Nazis et son Troisième Reich privé d’Adolf Hitler depuis qu’un certain B.J Blazkowicz s’est chargé de lui faire ravaler sa mâchoire. Le problème dans Wolfenstein Youngblood, c’est qu’après un petit moment en famille, notre héros est porté disparu. C’est là que vous intervenez. Vous incarnez ses filles que le daddy et Anya ont entraîné et vous envisagez de le chercher coûte que coûte. Vous retrouvez donc la Résistance qui vous donne multiples quêtes et bien plus d’occasions de buter du nazi. Cette uchronie, on la connaît, on commence à en avoir (un peu trop) l’habitude dans les jeux de la franchise développés par MachineGames.

Wolfenstein Youngblood

On suivait le scénario de The New Order avec passion, le personnage principal était force de narration et on se plaisait à basculer entre ses pensées et les bains de sang en plus d’antagonistes déjantés. The New Colossus perdait déjà de vue cet objectif scénaristique pour ne devenir qu’un défouloir dans lequel on éradiquait du nazi en allant toujours plus loin, mais avec une mise en scène de grande envergure. Qui ne se souvient pas du tribunal nazi et du gunfight d’anthologie qui s’en suit ?  L’épisode Youngblood, on parcourt son histoire avec difficulté. Pourtant la scène d’introduction commençait bien mais la suite manque d’inspiration. A vrai dire, nous sommes trop vite expédiées dans des quêtes sans trop de saveur, dans le corps de jeunes femmes qui n’ont peur de rien et qui sont trop légères dans leur ton. Après tout, Papa a disparu, le régime nazi reste en pleine conquête et le général qui assiste à toutes nos éliminations s’exaspèrent bien souvent des faiblesses de son armée face à Jess et Soph.

D’ailleurs, c’est au niveau de ses gunfights qu’on retrouve l’essence d’un Wolfenstein.

Les bonnes sensations d’un Wolfenstein mais avec ses défauts

Les développeurs le répètent depuis Wolfenstein: The New Order, ils mettent de côté l’infiltration. Vous pourriez certes éviter quelques affrontements directs mais l’objectif reste toujours que votre séquence se termine par des bons coups de fusil. Et ils le font bien, ils nous maintiennent dans cette envie de tirer sur tout nazi qui se pointe, si possible avec des armes bien chargées. Les sensations sont au rendez-vous. On prend très vite en main, novice ou joueur aguerri, les mécaniques du jeu de MachineGames. Ils se sont appuyés sur l’héritage des précédents titres de la franchise pour élaborer Wolfenstein Youngblood. Aux mécaniques efficaces de Tir à la première personne s’ajoutent des éléments RPG pour personnaliser les armes et les capacités des héros.

Cela reste une bonne idée de pouvoir customiser son armement et les pouvoirs de Jess et Soph. Cela demeure progressif et coûteux. Ainsi, certaines aptitudes ne se débloquent qu’à partir des niveaux 10 et d’autres à des niveau bien supérieurs. Mais rien n’est gratuit. De la monnaie in-game pour les accessoires supplémentaires de vos armes ainsi que des skins dispensables. Des points d’expérience pour vos bonus de compétences. D’ailleurs, Bethesda et ses studios ont bien pensé la chose économiquement puisque vient l’heure des micros-transactions. Vous êtes ainsi en mesure de dépenser votre argent bien réel pour débloquer plus rapidement ce que vous souhaitez. Et c’est vraiment tentant pour la simple et bonne raison que la monnaie in-game se trouve un peu partout dans le Paris de 1980 illustré dans Wolfenstein Youngblood. Croyez-moi, ce n’est pas hyper passionnant de couper le rythme du jeu en explorant les différents recoins de la carte à la recherche de 5 pièces de monnaie… C’était clairement frustrant pour ma part.

wolfenstein youngblood

Néanmoins, force est de constater qu’ils ont oublié de gommer certains défauts des précédents titres de la franchise. On commence par l’IA qui n’est pas exempte de tout reproche. Notre allié fictif (car jeu coop) est parfois mollasson mais nous y reviendrons plus tard. Ce qui est plus dérangeant, c’est le comportement des ennemis. Parfois trop passive, parfois aveugle. Il m’est arrivé de me trouver sur un balconnet accroupi, de vider mes chargeurs sur de dangereux robots, sans qu’ils ne réagissent. C’était comme si cette façade (même pas mural) me rendait invisible à leurs yeux. Autre problème récurrent. Il semblerait que les nazis soient dispatchés par zone et ils ne quittent jamais cette zone pour vous poursuivre vers un autre recoin de la ville, pourtant voisin. Cela vous laisse donc le temps de souffler et de recharger, de tirer et bis repetita. Toujours plus dérangeant, certains ennemis disparaissent lorsque vous vous mettez à reculer, à tenter de fuir un minimum lorsque vous vous sentez assiégé. Vous revenez trois secondes après sur vos pas et ils ne sont plus visibles à l’écran… Vous avancez donc paisiblement et ils réapparaissent subitement à l’écran tout en vous tirant dessus, vous prenant au dépourvu. Des bugs franchement désagréables lorsque les gunfights sont intenses.

Enfin, Wolfenstein Youngblood était supposé prendre une autre ampleur en matière de game design avec la contribution d’Arkane Studios dans le développement du jeu.

La coopération à deux étages

La grande nouveauté pour la franchise se trouvait là, la coopération. Les premières images tendaient vers une coopération locale qui nous enchantait. Semi-déception, elle ne trouvera sa place qu’en ligne. Certains bruits de couloir portent le message que l’aspect local a été mis de côté pour favoriser les performances globales du soft. Personnellement, j’aurais adoré pouvoir m’y lancer à deux sur un même écran. Mais on ne fera pas la fine bouche. Pour seulement 40 euros, vous disposez d’une édition Deluxe incluant le Buddy Pass. Celui-ci permet d’inviter vos amis à jouer en ligne, même s’ils ne possèdent pas le jeu. Le prix reste abordable et on ne peut que saluer cette belle initiative.

De cette ambition de faire un jeu coopératif est née une collaboration entre deux studios, MachineGames et Arkane Studios. Ce dernier est réputé pour le splendide travail de game design sur sa licence Dishonored. Celle-ci récompense le joueur pour ses prouesses en matière d’infiltration. Comment accorder ses violons avec MachineGames qui est connu pour ses tendances meurtrières sans faire dans la délicatesse ? En matière de mode opératoire, on ne trouve pas de méga changements. Comme dit plus haut, nous pouvons passer par des petits tunnels et autres passages discrets, votre séquence se terminera toujours par un gunfight grandeur nature. La patte des studios d’Arkane se fait surtout ressentir dans la verticalité des niveaux, absente des précédents épisodes. Les deux filles de Blazko étant dans des exosquelettes, elles sont capables de doubles sauts leur permettant de se créer multiples brèches et divers chemins. La progression n’est plus linéaire, les environnements sont plus ouverts et vous serez en mesure de parvenir à vos buts par différentes voies.

wolfenstein youngblood

En cela, l’exploration du monde de Wolfenstein Youngblood reste agréable, surtout que nous découvrons aussi des lieux symboliques plus que sympathiques. On passe de quelques passages disséminés par là et qui nous cachent un petit temps à de multiples itinéraires possibles, organisés sur de multiples étages. MachineGames ne pouvait accepter de dénaturer l’essence de son jeu en laissant les joueurs ne tuer aucun nazi mais l’apport d’Arkane sur la profondeur des environnements est notable. En cela, le mélange est réussi. Par contre, on reste sur notre faim sur la coopération entre les deux joueurs. Elle reste assez simpliste. Vous êtes ainsi en mesure de réanimer votre sœur en trois secondes. Vous êtes capables de la booster avec des gestes d’encouragements. La fonctionnalité la moins classique reste le système de vie partagée vous invitant à ouvrir des boîtes à deux joueurs et à pouvoir revivre en cas de mort par la suite.

Rien d’exceptionnel en soi, juste le plaisir de tuer des hordes de nazis à deux. Et comment ça fonctionne ? Dès le menu, vous pouvez choisir entre rejoindre une partie (j’ai trouvé assez rapidement) ou lancer une session de jeu au cours de laquelle n’importe quel joueur (sauf si vous placez des limites) pourra vous rejoindre. Si vous hébergez la partie et que vous n’êtes pas satisfaits de votre coéquipier, vous pourrez le jarter assez facilement. La coopération reste un ingrédient apprécié et la recette demeure réussie sur Wolfenstein Youngblood. Comme évoqué plus haut, le problème est simplement ailleurs.

Buter du nazi, c’est l’essence même de la franchise et dans Wolfenstein Youngblood, cela procure une nouvelle fois un sentiment très agréable. Du moins en matière de mécaniques et de gunfights. De même, on se satisfait de la dimension prise en termes de game design et de verticalité, le soft ayant bénéficié de l’expertise d’Arkane Studios en la matière. Dans ces conditions, la coopération a de quoi représenter la fonctionnalité idéale pour transcender l’expérience de jeu. Pourtant, nous repartons avec un goût d’amertume. Une IA à retravailler, un scénario sans aucune profondeur, des personnages pas vraiment attachants et quelques bugs dans le potager. Malgré un prix abordable et le Buddy Pass, le dernier épisode de la franchise n’est pas des plus recommandables même si elle saura en satisfaire plus d’un.

Points forts

  • Un Wolfenstein dans le gameplay
  • Le Buddy Play donc le mode coop
  • L'envie de défourailler tout ce qui bouge
  • Le prix plutôt abordable
  • Le travail sur le game design

Points faibles

  • L'absence de coop locale
  • Scénario, c'est le néant
  • La lourdeur du farm et des collectibles
  • L'IA parfois aux abois et quelques bugs
6.5

Fair

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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