TEST – The Red Strings Club

A consommer sans modération !

The Red Strings Club

(testé sur PC à partir d’une version presse)

FICHE TECHNIQUE :
Support : PC, Switch 
Développeur : Deconstructeam
Éditeur : Devolver Digital
Genre : Aventure Cyberpunk
Date de sortie : 22 janvier 2018 / 14 mars 2019 sur Switch

 

Comme nous avons pu l’écrire en parlant de Cyberpunk 2077 ou de la série Altered Carbon, l’année 2018 sera CyberPunk, un genre de la science-fiction se situant dans un futur proche et faisant la part belle au transhumanisme, aux androïdes, au pessimisme et aux nuits pluvieuses. The Red Strings club colle parfaitement à ces thèmes en nous offrant une aventure qui nous fera nous interroger sur l’intelligence artificielle et la nature humaine (entre autres) dans un univers en Pixel Art. Ce qui n’est pas une surprise pour l’éditeur des Hotline Miami.

The Red Strings Club

Un peu comme …

Le destin mêle les cartes et nous jouons (Schopenhauer)

Brandeis est défenestré. Par qui ? Comment ? Pourquoi ? La fin d’une vie en introduction. Un flashback développé qui débutera au Red Strings Club, un bar un peu spécial, déjà dans son ambiance, presque hors de ce temps cybernétique. Et puis pour son propriétaire et barman : Donovan. Seul humain à des kilomètres à la ronde sans aucune augmentation et possédant un talent presque surnaturel pour la mixologie. Ses cocktails ayant la particularité de faire ressortir certaines émotions de ses clients.

Mais Donovan n’est pas qu’un barman de génie, il est aussi négociant en informations, ses alcools l’aident à obtenir les dites infos. Quant à Brandeis, il est hackeur professionnel vendant ses services à des rebelles et bien évidement fortement amélioré par le transhumanisme.

The Red Strings Club est un donc un flashback de quelques jours où chaque étape sera l’occasion de prendre un chemin différent menant vers une fin inévitable.

The Red Strings Club

Tous les chemins mènent à Rome donc…

Malgré les apparences et ce que pouvait en laisser penser le trailer, The Red Strings Club n’est pas un point & click. Il s’agit d’un jeu narratif dans lequel des mini-jeux, des casses-têtes, demandant un minimum d’agilité avec la souris, vont ponctuer l’histoire, pour démêler une situation ou donner l’occasion au joueur d’orienter l’aventure dans une direction précise. Si la fin est déjà écrite,le jeu n’est absolument pas linéaire. Et comme vous pourrez le voir en regardant le diagramme de narration (je ne lui ai pas trouvé de meilleur nom), les choix possibles sont multiples à chaque étape. En effet, chaque diagramme que vous écrierez au fil de vos parties successives vous raconteront une histoire bien différente, suivant l’émotion que vous allez chercher avec vos cocktails ou suivant la puce que vous implantez à vos clients au tout début du jeu avec Akara-184. Certaines décisions prises auront donc une répercussion non ponctuelle mais bien tout au long de l’aventure.

The Red Strings Club

Le fameux diagramme

Ses étapes justement, se composent de mini-jeux variés, même si le principal vous mettra derrière le bar. Chaque boisson déplace un curseur vers une des direction. Plus tard, on vous donnera un shaker pour créer un mélange d’alcool permettant au curseur d’aller en diagonale et donc de cibler des émotions normalement inaccessibles. Ajoutez à cela des glaçons réduisant le cercle et deux autres alcools dans le dernier tiers permettant une rotation du curseur et vous voilà devenu barman le temps d’un jeu.

The Red Strings Club

Ceci dit, entre nous, évitez lors d’une soirée avec vos amis de refaire les cocktails, je suis assez circonspect sur les résultats. Terminons sur une petite astuce qui n’en est pas une. Les directions impulsées par les alcools sont données par les étiquettes sur les bouteilles. C’est couillon mais j’ai mis quelques cocktails avant de m’en rendre compte.

Turn it, leave it, start – format it, technologic, technologic

Car oui, parlons un peu technique, graphiquement c’est donc bien du pixel art, les quelques animations sont plutôt bien réalisées, la bande-son colle parfaitement à l’action et impose l’ambiance du jeu. En terme d’immersion, on est bien, très bien même. Cependant deux reproches sont à faire sur les dialogues.

On sent bien la volonté de Deconstructeam de ne pas simplement raconter une histoire de nous faire réfléchir, d’ouvrir ou plutôt de continuer d’alimenter le débat philosophique sur la nature humaine, le transhumanisme, la notion de bonheur et la liberté de choisir voire le déterminisme. Mais pour exprimer tout ce qu’il a à dire, ou plutôt sur ce qu’il a à nous faire réfléchir, le jeu fait parler ses personnages, beaucoup, mais vraiment beaucoup. Certes, les personnages nous paraissent alors plus crédibles, plus humains, mais il y avait peut être une manière d’écrire des dialogues un tantinet plus courts, d’autant que, et c’est le second reproche, chaque mot, ou couple de mots écrit est ponctué de beep assez gavants à la longue lorsque une discussion fait plusieurs vingtaines de lignes entre les personnages.

Et un tout petit (mais vraiment petit) reproche sur certains aspects philosophico-narratifs du jeu. Les œuvres qui traitent des émotions (ou du manque d’émotions) sont semblables à celles qui traitent du voyage temporel.A un moment elles se prennent les pieds dans le tapis en proposant un paradoxe qui par définition ne devrait, ne peut pas être. The Red Strings Club tombe lui aussi à un ou du moment dans cet écueil. Rien de grave il fallait juste le noter.

Finissons sur la durée de vie, 3 petites heures pour boucler l’aventure, mais une rejouabilité pour explorer tout le champ des possibilités assez impressionnant.

Nous avons testé le portage du jeu sur Nintendo switch, voici ce que nous en avons pensé. Graphiquement c’est beau et lisse que ce soit sur télévision ou sur console portable. Je n’ai rencontré aucun problème de performance, le jeu tourne bien, aucune saccade. C’est un portage plutôt réussi, le seul petit bémol est l’utilisation des joysticks pour les petits jeux comme par exemple la poterie, il est difficile d’être précis avec un gros joystick un peu trop sensible. J’ai rencontré quelques difficultés également lors de la préparation des cocktails dans le shaker, il part dans tous les sens et je le renverse à chaque fois. J’ai vraiment eu beaucoup de mal à maîtriser le curseur avec ces joysticks hyper-sensible, mais à part ça le jeu est agréable à jouer et vraiment sympathique.  Notre test complet de la version PC est disponible juste sous cet encart. Nos guides du jeu sont disponibles en cliquant ici. Bon jeu à tous !

 

 

The Red Strings Club est un sacré bon petit jeu cyberpunk, qui évite le cliché des mercenaires aux gros fusils. ici on joue sur la discussion, la psychologie et les émotions des acteurs, le tout pour moins de 15€ avec une localisation française quasi-parfaite.

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Points forts

  • Une bande-son qui porte la narration
  • Une vision non-manichéenne et non-imposée
  • Vos choix auront de vraies incidences
  • Cyberpunk !

Points faibles

  • Des dialogues un peu longs
  • beep bepp beeepppp !!!!
8

Great

Personne ne lis jamais ces encarts (mais tu peux cliquer sur les liens)
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