Aujourd’hui, on partage la découverte de Violent Love Omnibus chez Glénat Comics. Une ambiance noire et un récit captivant que l’on ne peut que vous conseiller.
Nombre de pages : 304 pages.
Date de sortie initiale : 05 février 2020
Version du livre fournie par l’éditeur
Autant vous l’avouer tout de suite, Violent Love rentre directement dans mon Top 3 des comics. Les auteurs Frank J. Barbiere (connu pour Five Ghosts) et Victor Santos (réputé pour Polar) ont su parfaitement mélanger leurs inspirations pour un cocktail explosif mélangeant la romance, l’action et une ambiance noire transcendée par des dessins de grande envergure. Attention, ovni droit devant.
L’amour, c’est jamais bon pour les affaires !
Le traumatisme
Daisy Jane était une jeune femme comme les autres et sur le droit chemin. Elle fuyait même le moindre méfait et poursuivait ses objectifs personnels et professionnels… jusqu’à ce jour précis où elle subit un événement traumatisant. De simple étudiante, elle entrera dans une quête de vengeance qui l’emmènera dans un monde hostile. Aveuglée par sa haine, elle ne réalisera jamais à quel point sa soif de meurtre est dangereuse. Marquée au fer rouge, elle change complètement de visage et devient une criminelle hors-pair.
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que l’on saisit toutes les émotions des personnages mises en scène. Victor Santos, coloriste et dessinateur sur Violent Love, fait une énorme part du boulot. Sans forcément faire dans la précision ultime sur les traits humains, il parvient à y insuffler une symbolique et des couleurs incroyablement parlantes. Lors de son traumatisme par exemple, Daisy enchaîne les représentations et au pire de sa forme, elle apparaît vraiment marquée, limite cadavérique. Le récit devient de ce fait poignant, plus fort dans ses émotions.
Effet boule de neige
Violent Love construit sa narration à partir de flashbacks. En général, ce choix comporte un risque principal, le rythme et une narration qui traîne. Rassurez-vous, ici ce ne sera pas le cas. Très vite, on comprend que le récit du vieux à la jeune fille ne va pas s’attarder sur les moments de contemplation en pleine campagne. Il ne comptera effectivement pas les moutons. On nous tease en une image (un avis de recherche) nos héros et ils ne font pas partie de ceux qui sauvent des vies.
« Mais ces deux-là ? Leurs amours violentes ont pratiquement tout consumé sur leur passage… »

L’influence sur la lecture est conséquente, ou plutôt sur le lecteur. On reste captivé de bout en bout. De même, on nous présente Violent Love comme un Bonnie & Clyde mais il tourne tellement autour de Bonnie qu’on peut même le ressentir comme un Calamity (Daisy) Jane.
L’art de la symbolique
Victor Santos a fait un travail remarquable et je ne le soulignerai jamais assez. On pourrait suivre l’histoire de Violent Love sans même lire le récit, on le devinerait. Les émotions, les conséquences des actes sur l’humeur et les émotions des personnages, tout est retranscrit à merveille. On comprend à quel point notre héroïne est torturée, comme les fantômes de son passé la hantent, la façon dont son traumatisme la suit au quotidien. Ce qui explique aussi qu’elle ne voit comme seul chemin de sa rédemption, comme seule issue de secours, sa vengeance.
Et la fameuse Daisy ne représente pas la seule personnage à recevoir tout le talent du dessinateur et coloriste du comic édité ici par Glénat. Son nouvel amant a aussi été marqué par son passé et on nous offre ainsi des fabuleuses pages avec double perspective pour chacun. Encore une fois, c’est une véritable claque visuelle. Même l’antagoniste a droit à son petit moment flashback où l’on retient la symbolique du marteau. Tous les personnages sont un minimum creusés et ont des conséquences sur le scénario. Cela reste une prouesse de grande envergure.
Violent Love présente un récit poignant et une direction artistique d’une rare qualité. On suit le parcours ensanglanté de la tornade Daisy Jane avec passion. Torturée, à fleur de peau, revancharde, notre héroïne possède une forte personnalité et il lui faudra bien son caractère trempé pour survivre dans un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé intégrer auparavant. Elle fusionne avec tout ce qu’elle a rejeté et sombre vers un quotidien ponctué d’obstacles et de dangers toujours plus excessifs pour elle. Mesdames et messieurs, c’est que l’on appelle dans le jargon un must-have.

