TEST – Unicorn Overlord

Le jeu qui a un nom de groupe de métal suédois.

Version pour le test : Nintendo Switch
Genre : RPG stratégique
Date de sortie : 8 mars

 

C’est l’histoire d’un royaume conquis de l’intérieur par des forces maléfiques, d’un enfant exfiltré qui deviendra prince et chef d’une armée de libération, de nobles compagnons croisés et convaincus (facilement) de rejoindre la cause. Une histoire maintes et maintes fois racontée et proposée cette fois-ci par Vanillaware dans un RPG stratégique bien plus complet qu’il ne semble au premier abord.

Unicorn Overlord le jeu qui joue tout seul (au début)

Sortant de Baldur’s Gate 3 (4e run) et de Like a Dragon, j’aime mieux vous dire qu’être confronté aux graphismes et à la mise en scène d’un jeu de drague ne m’a pas mis dans une ouverture d’esprit des plus joyeuses. Si on ajoute à cela une écriture plutôt naïve mais habituelle pour les jeux orientaux, on ne partait pas gagnant. Surtout que lorsqu’on découvre le jeu pour la toute première fois, on découvre aussi qu’on ne joue pas ce qu’on s’attendait à jouer.

Unicorn Overlord propose 3 phases :

  • Les dialogues et la narration en mode Graphic Novel donc, le tout sur un plan 2D style Street Fighter VI.
  • La phase monde ouvert, qui va nous permettre de nous promener, découvrir quêtes et population qui donneront du fond à la situation régionale et aussi de récupérer les ressources qui vont nous permettre de reconstruire les villes et villages, reconstruction qui vont nous permettre de poster des gardes et de gagner des ressources dont les médailles qui sont les plus importantes du jeu
  • La phase combat qui va nous demander de constituer des armées d’unités, de les déployer et de diriger leur mouvement. Le combat se calculant automatiquement en fonction de certains paramètres.

Et cette gestion automatique va se faire sur les stats de vos unités, leurs compétences et équipements et par l’éternel pierre-feuille-ciseau auquel il faudrait ajouter puits-sac de sable-couteau-pince à épiler-radiateur-tournevis-Mr Spock-lézard.

Unicorn Underlord

Car sous un aspect enfantin, il y a de quoi donner des cauchemars à tout rédacteur de soluce qui se respecte. Si je vous dis que chaque unité a ses forces et faiblesses et que, ce faisant, elle contre d’autres unités et se fait contrer de même, je ne vous apprends rien. Il faut en effet ajouter que Unicorn Overlord va vous donner accès à 80 types d’unités différentes, 80 classes si vous préférez. Constituer vos bataillons va donc représenter une opportunité de réunir vos personnages préférés, un défi de les optimiser et surtout le véritable premier aspect du jeu.

Le second étant le champ de bataille et votre stratégie de déploiement et de mouvement. Chaque unité a un leader qui donne un avantage. Les cavaliers déplaceront l’unité rapidement, les volants feront fi du terrain et de ses blocages, les archers et mages pourront soutenir d’autres unités en combat etc.

Comme vous pouvez vous en douter à mesure que le jeu va manger votre temps, les champs de batailles vont se complexifier : unités lanceuses de sorts hors combats, pièges, armes de sièges (que vous ne pouvez déplacer), prises à revers, évènements scriptés, attaques multiples sur plusieurs fronts vont devenir votre routine habituelle. Mais en restant sur des objectifs simples : protéger votre point de départ, capturer la ville d’arrivée.

Vous disposerez pour cela d’un nombre de point de déploiement qui vous sera utile à déployer vos bataillons, mais aussi à utiliser vos sorts. Pour en regagner : capture de villes et de forts, victoires définitives en combat. Combats qui vous couteront de l’endurance vous obligeant à varier vos bataillons et à les reposer. Détail important quand on sait que chaque bataille est chronométrée. Ajoutons les objets utilisables en map et l’armement à rafraichir tout au long de l’aventure comme tout bon J-RPG et vous aurez un aperçu de ce qui vous attend.

Après une bataille, retour en monde ouvert pour découvrir trésors et secrets, recruter le héros du coin, se demander comment l’intégrer, reconstruire la ville libérée pour gagner encore plus de médailles. Médailles qui serviront à recruter des personnages (si vous en avez encore besoin), à augmenter le nombre de personnages par unités, à débloquer de nouveaux emplacements d’unités et, enfin, à promouvoir vos personnages en classes avancées. Et si vous voulez tout faire, il va vous en falloir une tétrachiée.

C’est l’histoire d’une licorne et d’une pucelle.

Si nous finissons par l’histoire d’Unicorn Overlord c’est que l’intérêt principal du titre ne se trouve pas là. Prenez une histoire classique de prince orphelin menant une rébellion contre des forces maléfiques. Ajoutez lui une ribambelle de compagnons à faire pleurer un nostalgique de Suikoden, avec une notion d’affinité à développer entre tous les personnages, et pas uniquement avec le héros principal. Saupoudrez de l’éternel : « En fait ils ne sont pas méchants, ils sont contrôlés par les esprits du mal » et vous aurez votre couloir vers simulateur de figurines qui vous proposera même de changer les looks, renommer les unités non héroïques.

Pour le lore, le jeu vous laisse le choix de recruter ou non le vaincu, en ayant donné quelques pistes sur la méchanceté du dit vaincu auparavant histoire de dire que… En cas de refus de votre part, certains réapparaitront plus tard pour vous bloquer la route. Autant dire que si le roleplay n’est pas votre souci premier, recruter tout le monde à la moindre occasion sera le plan à suivre.

Unicorn MetaLord Alpha Combo X+

Le jeu saura vous passionner dans la recherche de votre équilibre d’armée, d’optimisation des équipes, dans la montée en puissance de votre armée. Le moment où vous augmenterez le nombre de personnages dans une unité ou celui où ils seront promus sera une belle carotte pour vous faire avancer. L’histoire secondaire, notamment dans les rencontres d’affinité, sera lui aussi d’un intérêt certain. Mais l’histoire en elle-même est assez linéaire, sans aller jusqu’à avoir un remake de Game of Thrones, on aurait aimé un peu plus de sujets adultes, un peu plus de retournements de situations et d’alliances, des choix difficiles pris par nos héros ou à prendre, sans aller jusqu’à se retrouver à la porte de Baldur, un Triangle strategy like aurait été pas si mal. Linéarité qu’on retrouve dans l’aventure, les batailles étant accessibles à un certain niveau uniquement, tous les joueurs de Unicorn Overlord se retrouveront donc à faire à peu près les mêmes choses, dans le même ordre.

On aurait aimé aussi que le jeu ne soit pas, sur beaucoup d’aspects un simulateur de husbando/waifu, qu’il ait un scénario un peu moins naïf (Final Fantasy Tactics, je continue de penser à toi) et que les combats soient jouables et pas uniquement regardables. D’ailleurs on ne les regardera que pour comprendre pourquoi notre unité surpuissante bloque sur tel groupe ou qui dans l’unité est mal « programmé », programmation dont nous n’avons pas encore abordé les aspects.

Vos personnages vont développer un certain nombre de capacités, pouvoirs actifs ou passifs, offensifs ou défensifs et beaucoup se déclenchent en fonction d’évènements. Il est VITAL que vous aillez vous occuper de ces évènements sous peine de vous retrouver avec des soigneurs lançant de sorts de soins dès que votre sac à point de vie se prend une égratignure. Ces exemples sont nombreux et la victoire finale ne passera que par un ajustement de ces conditions, et il vous faudra assister aux combats pour envisager ces ajustements.

Cette notion est très intéressante, mais comme je l’écrivais, un peu de gameplay en combat n’aurait pas été de refus.

Ah et sinon il y a un Colisée pour se mettre sur la mouille en ligne (ou non) avec votre meilleurs équipe.

Unicorn Overlord est une très bonne surprise. Un titre complet dont la rejouabilité ne résidera que dans l’augmentation de la difficulté. Se présentant comme un titre fait pour les fans de J-RPG, il saura séduire les amateurs de tactique, qui auront tout intérêt à lancer le jeu en mode difficile dès leur première partie.

Points forts

  • Les nouveaux éléments sont progressivement intégrés
  • C'est joli
  • Stratégiquement intéressant
  • Vous gérez vos temps morts
  • Une multitude de possibilités dans les unités
  • La diversité des ennemis et environnements
  • Ouvrez-vous l'appetit en allant à la taverne

Points faibles

  • husbando/waifu simulator 2024
  • Linéaire
  • Ergnomie perfectible
  • Maps pas assez diversifiées
  • Le mini jeu de la mine (dispensable)
8

Great

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