Disponible depuis le 13 mai sur Prime, Good Omens Saison 3 prend la forme d’un téléfilm de 90 minutes.
Changement de forme pour clore une histoire
Une saison 3, qu’on nomme ainsi pour la forme. Une forme qui passe de la série en téléfilm de presque 1h30 pour débuter quasiment là où la saison précédente s’était arrêtée : l’annonce de la seconde arrivée du Messie qui pourrait bien conduire à la fin des temps.
« Quasiment » car une petite ellipse de 3 années nous amènera à découvrir qu’Aziraphale a pris les choses en main au paradis, tandis que Rampa est devenu SDF, ayant perdu sa magnifique voiture au jeu. Et effectivement Jésus va se réincarner. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, Metatron (la voie de dieu) va disparaitre ainsi que le Livre de la Vie et Jésus va partir faire du tourisme et apprendre à jouer aux cartes (chacun ses passe-temps).
Une saison 3 qui avait pourtant 6 épisodes prévus avant que Neil Gaiman (co-auteur du livre dont est adapté la première saison) ne soit accusé d’agressions sexuelles et ne soit contraint de quitter le projet. Une réécriture de la saison en un seul gros épisode qui, du coup, sent bon les raccourcis.
Good Omens Saison 3 centrée sur le duo
Tout comme la saison 2, ce téléfilm n’a pas réellement d’histoire, peut-être en aurait-il eu une si nous avions eu une saison classique. Jésus redécouvre le monde mais ne sert que de prétexte tant il est sous utilisé. La disparition du Livre est beaucoup plus importante et offre une petite trame assez vite résolue. Mais une trame qui a le mérite d’exister en comparaison d’une saison 2 qui n’avait rien à raconter mais beaucoup de choses assez consensuelles à dire, donnant dans un bon sentiment assez mielleux et très forcé.
La grande force de Pratchett, (l’autre co-auteur, décédé en 2015) était de donner sa vision du monde sur un éventail de sujet couvrant presque la totalité du spectre (économie, politique, droit des femmes et des minorités, religion,…) en le faisant à travers une aventure construite dont le sous-texte pouvait échapper si on était trop jeune (Le Disque-monde convient très bien aux enfants), ou trop premier degré. Une qualité qui s’est donc perdue avec sa disparition lors d’une saison 2 imaginée à partir d’un second livre qu’il n’a pas eu le temps de co-écrire, mais pour lequel il avait mis en brouillon quelques idées.
Une saison 2 qui était là pour établir une relation amoureuse entre l’ange et le démon. Cette saison 3 reprend ce thème en suivant le schéma des comédies romantiques : deux êtres que tout oppose se rencontrent, s’opposent, puis se découvrent des affinités en coopérant, s’avouent leur amour, se retrouvent séparés par le destin ou un quiproquo, pour finir par s’avouer qu’ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre, et affrontent l’adversité pour vivre ensemble. On démarre, vous l’aurez compris, cette saison 3 avec la séparation.
On adore retrouver le duo Tennant Sheen, les personnages secondaires et leur cosmogonie. On aime aussi que l’histoire censé mettre en action le duo soit plus marquée. Mais on ne passe pas de plusieurs épisodes à un seul sans des pertes. L’intrigue est effectivement rushée, on comprend que des twists scénaristiques ont été oubliés mais bien amorcés. Mais cette saison 3 a la qualité d’apporter une fin satisfaisante. Mais le revers de la médaille est qu’on tombe dans le cliché d’écriture habituel : l’immuabilité des relations malgré un évènement majeur. Un peu comme quand, dans les récits de voyage temporel, on vous assène que rien ne peut contrarier le destin.
Est ce que Pratchett aurait pu rendre le tout meilleur ? Est-ce qu’une saison complète aurait pu relever la sauce et offrir un scénario amusant, surprenant ? On ne le saura jamais. Au final, ce sont 90 minutes pas vraiment désagréables, mais jamais vraiment drôles ou surprenantes et on se dit que la saison 1 se suffisait à elle-même.
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