Suit Suite est un jeu de cartes dans lequel il faut réaliser des suites. Et s’il proposait quelque chose de neuf par rapport à ces innombrables jeux de suite ? Et s’il ne le proposait pas ? Et si on proposait des réponses au lieu d’enchaîner des questions ? Et si, et si, et si…
Boîte fournie par l’éditeur après présentation à Vichy.
Temps moyen : 20 min
Nombre de joueurs : 2 à 5 joueurs
Âge conseillé : 8+
Éditeur : Prétexte / Tribuo
Illustrateur : Vincent Chatel
Mécanismes : cartes, suite
Il est très important de préciser que chaque joueur place une seule carte à son tour dans un terrain de jeu qui servira tout le monde. On créé ainsi collectivement des suites, et on jouera donc pour soi mais en faisant attention à ne pas trop avantager les autres. Un système de jeu très inspiré et qui huile judicieusement la mécanique de jeu.
Des suites à la chaîne

En premier lieu, la nature de la suite. Pour valider une suite, il faut donc réaliser des suites… mais de cartes aux couleurs différentes. On retrouve ainsi 5 couleurs différentes en plus des chiffres sur les cartes. Puis, la très bonne idée des développeurs, c’est d’avoir créé une dynamique en permettant des petites suites de 3 cartes, et des moyenne de 4 cartes qui impactent directement sur le jeu. En effet, elles donnent un bonus d’action pour le joueur, ou un malus pour l’adversaire que le joueur actif désigne.
En second lieu, on se sert naturellement des ouvertures créées par les autres joueurs, mais on tente aussi de limiter le jeu et de créer des fermetures pour ne pas qu’un joueur finisse la manche. En effet, on se retrouve avec des cartes de 1 à 5 en valeur, mais les 1 et les 5 existent en un seul exemplaire pour chaque couleur, de sorte que le joueur qui possède le 5 ou le 1 sache qu’il possède une clé pour remporter la manche. L’objectif ce sera de le cacher, tout en essayant de se créer l’ouverture pour aligner sa suite aux 5 couleurs différentes. Cela implique de gérer les couleurs des autres valeurs au préalable.
Enfin, pour couronner le tout, les cartes sur fond noir provoquent des effets qui peuvent faire gagner une partie, ou faire déjouer les autres. On rappelle que la création d’une suite ultime n’est pas le seul chemin pour remporter une manche, il est aussi possible de gagner en se défaussant de toutes ses cartes. Cela créé énormément d’interactions puisqu’on va vouloir punir les joueurs qui ont le moins de cartes.
Poker menteur

On construit ensemble les suites, on ouvre ou on ferme le jeu, et si on s’aperçoit qu’on ne peut pas fermer le jeu, on se retrouve avec une alternative niveau tactique, jouer la défausse de ses cartes au max. Certes, les autres joueurs peuvent nous faire prendre des cartes, mais les effets des cartes et des suites sont assez puissants pour s’en délester aussitôt.
Ce qu’on remarque, c’est qu’on peut se retrouver à bloquer le jeu des autres pour empêcher les 5 d’être joués (par exemple), donc avoir mis en place un second objectif s’avère une très bonne idée. Néanmoins, on ne peut bloquer le jeu éternellement puisque le nombre de possibilités s’intensifie au fil du temps. C’est aussi ce qui fait la particularité du jeu, la construction.
Lorsque la partie dure, on remarque qu’il y a une demi-douzaine de possibilités au niveau des suites à poursuivre. La même carte peut servir à créer 4 suites (de façon adjacente), ce qui fait exploser les options lorsque c’est à notre tour de jouer, et ce qui empêche de bloquer infiniment les potentielles suites.
L’auteur de Suit Suite a eu la brillante idée de créer de l’interaction en invitant les joueurs à compléter les suites tour à tour dans le but de faire une suite ultime qui s’avère difficile à mettre en place, la faute à des contraintes répétitives. Contrainte naturelle de couleur puisqu’il faut aligner les 5 chiffres à la suite avec 5 couleurs différentes, suite que peut désamorcer les autres joueurs s’ils vous sentent au taquet. Mieux encore, le jeu offre une seconde porte de sortie, à savoir la défausse de toutes ses cartes, ce qui créé un peu plus de tension et délivre bien plus d’options stratégiques. Ajoutez à cela des bonus d’action et des effets de cartes tranchants, et vous obtenez un titre qui a de la suite dans les idées. On retrouve ainsi une expérience de jeu où l’on va jouer pour soi et contre les autres joueurs, et le numéro d’équilibriste de l’auteur est mécaniquement réussi.
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