[Bar à Jeux] Tangram City de Uwe Rosenberg

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Tangram City est la dernière sortie de l’éditeur Atalia de ce mois de septembre.

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Notre article a été réalisé à partir d’une boîte envoyée par Atalia pendant l’été.

Tangram City est proposé à 22,50 € environ dans les boutiques. C’est un jeu crée par un grand nom du jeu de société, Uwe Rosenberg (Agricola, New York Zoo, Le Havre, Patchwork) et illustré par Makoto Takami (Happy City, Little Town). Il arrive donc en France en cette fin de mois de septembre et nous avons eu l’occasion de lancer quelques parties ces deux derniers mois.

Parlons-en sur Try aGame à travers une nouvelle interview-test.

Tangram City, ça a quelque chose à voir avec les tangrams ?

La réponse est dans la question. Le jeu d’Uwe Rosenberg reprend bien le principe de ce puzzle chinois qui consistait en premier lieu à juxtaposer 7 pièces pour reproduire différentes formes. Par contre, l’objectif n’est pas exactement le même ici. Il n’est pas nécessaire de couvrir l’entièreté du plateau avec toutes les pièces, et ce ne sera pas un puzzle à assembler à strictement parler. En 6 manches, on devra bien placer pièce après pièce, sur un plateau de 7×7 cases, dans le but de le construire progressivement de manière cohérente et surtout de façon à maximiser le gain de points au terme de toutes les manches.

Si ce n’est pas en assemblant un puzzle, comment gagne-t-on des points ?

Il existe 3 facteurs de scoring principaux. Le premier est donc continu, c’est le même pendant les six manches. Vous gagnez bien des points en assemblant les pièces du puzzle mais de façon à couvrir une surface en m2. Par exemple, si vous formez un carré de 3 sur 3. Vous gagnez 3 x 3 = 9 points. Si vous ne formez qu’un rectangle de 4 sur 2, vous gagnez 8 points. Je pense que vous avez compris. Ce sera donc à vous de décider quelle surface de jeu vous allez maximiser car les écarts de score peuvent vite se creuser si vous ne pensez pas intelligemment votre pose de tuiles.

Les deux autres facteurs de score apparaissent en fin de partie. Vous gagnez un bonus de 20 points si vous avez couvert toute la surface, et donc que vous avez réalisé le tangram (j’avoue je vous ai menti plus haut, ça reste un des objectifs de fin de partie).

Enfin, le dernier facteur de score est visible au terme de chaque manche, mais vous ne marquez les points qu’en fin de partie. Explications. Les tuiles à poser sont recto-verso. D’un côté, nous avons des tuiles Bâtiments d’un côté, et des tuiles Parcs de l’autre. Cela renvoie à une thématique d’équilibre entre urbanisation et nature… Bref, vous l’aurez compris, en fin de partie, plus vous équilibrez le nombre de parcs et de bâtiments, plus vous scorez de points.

Pour vous aider dans cet objectif, on retrouve deux curseurs sur le plateau personnel de chaque joueur, deux curseurs que l’on ajuste en fin de chaque manche.

Ces trois objectifs sont-ils difficiles à remplir ?

Oui et non. C’est à nous de trouver un équilibre mais la mécanique de jeu est très intéressante. C’est rare que l’on parvienne à gagner les 20 points de complétion du tangram. Je n’ai jamais réussi à le faire d’ailleurs. La raison principale, je pense, c’est que la réalisation d’un des trois objectifs peut se faire au détriment de l’autre. En voulant optimiser le score au gré des manches de jeu, on construit notre tangram en même temps, mais pas de la meilleure des façons pour le compléter en fin de partie.

Particularité importante du jeu, le nombre de tuiles à poser (et leur surface) dépasse le nombre de cases à remplir. Il n’est donc pas indispensable (et même impossible) de placer toutes les tuiles pour compléter le tangram. Ce qui le rend plus ou moins calculatoire selon le profil de joueur.

Il faut donc parvenir à assembler les pièces du puzzle pour optimiser les points, mais aussi avoir la lucidité et le recul pour savoir comment s’agence les pièces aux différentes formes, quel espace de jeu est requis pour chacune d’entre elles. Et ça honnêtement, c’est coton. Puisque l’on retrouve qui plus est une dose d’aléatoire.

Quelle est exactement la part d’aléatoire ? Et se montre-t-elle décisive pour le gain de la partie ?

La part d’aléatoire est importante mais elle ne favorise aucun joueur, dans le sens où ce sont les décisions de chacun, la construction personnelle de chaque joueur, via ses choix de pose de tuiles, qui déterminera si une tuile tombe au moment opportun ou non.

Cette part d’aléatoire concerne donc la pose de tuiles. On ne sait jamais dans quel ordre elles vont tomber. A chaque tour, on retrouve une carte devant chaque joueur, et une (ou deux selon le nombre de joueurs) impersonnelle sur la surface de jeu. Sur ces cartes, on retrouve donc les tuiles à poser.

D’ailleurs, on comprend vite l’impact à être premier joueur, ou plutôt dernier joueur, puisque chaque joueur peut apercevoir une carte avant les autres joueurs. Il sera plus aisé d’anticiper la pose de tuiles en étant dernier joueur, puisque je rappelle que les formes des tuiles sont différentes, et il faut jouer un peu avec son plateau pour savoir comment les insérer correctement.

Bref, plus vous approchez de la fin de partie, plus les tuiles les plus imposantes sont difficiles à placer. On en vient donc à espérer qu’elles arrivent les premières, et ça n’arrive malheureusement que trop rarement. Fruit du hasard ou non, cela rend la tâche de compléter le tangram, et donc de pouvoir poser toutes les tuiles, encore plus difficile.

Ces contraintes n’impactent pas négativement les sensations de jeu ? (deux avis divergents émis)

Pour ma part, étrangement, non. On se plait à poser les tuiles et à tenter de réaliser quelque chose de cohérent. On y éprouve même un petit plaisir. Assembler progressivement, anticiper des tuiles, laisser des espaces pour les intégrer plus tard, parfois se louper car on s’est trompé de sens, garder un équilibre. C’est tout de même prenant voire amusant.

Dans le futur, cela ne me dérangera pas de sortir Tangram City avec un public casu. Et je pense que le sentiment d’accomplissement est assez grand pour tenter de faire mieux chaque fois, de partager cette difficulté de remplir ces 3 objectifs. On passe un bon moment et le jeu se montrait aussi séduisant avec la majorité des invités. Bref vous l’avez compris, on le gardera dans notre ludothèque et il mérite qu’on lui donne sa chance avec tous les publics. D’autant plus qu’il se met en place en 5 minutes et se range en autant de temps.

Par contre, nous avions tout de même un joueur habitué autour de la table. Et il n’a pas été satisfait par l’expérience proposée, allant à l’encontre de mon point de vue. Il exprimait des réserves quant à la pertinence de le sortir avec des joueurs plus occasionnels. Pour lui, c’est beaucoup trop de réflexion pour un jeu qui montre tout de même une grande part d’aléatoire et une durée de partie qui peut s’avérer plus longue que prévue. Au vu de ces divers éléments, il pense que l’équilibre et l’alchimie se révèlent loin d’être parfaits. Anecdote complémentaire, il trouve que le jeu est moche comme beaucoup de jeux « à l’allemande ».

On retient quoi de l’expérience de jeu proposée par Tangram City ?

Du positif tout de même ! C’est un bon casse-tête et on se plait à relancer une partie pour tenter de faire mieux, pour compléter ce Tangram de 7×7. Il est également toujours intéressant d’observer autour de la table comment les autres joueurs pensent et construisent leur construction. Néanmoins, il est difficile d’omettre la place que prend la part d’aléatoire puisque l’on peut difficilement prévoir à quel moment les pièces (les plus profitables) vont tomber. Il peut alors naître une dose de frustration plus ou moins grande selon les joueurs.

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