[Bar à jeux] Valeria le Royaume, longue vie au Roi

Valeria le Royaume

Valeria le Royaume vous demandera d’incarner un duc, qui devra défendre ses terres face à des hordes de monstres.

Prix : 35,90€ Durée : 30 min à 1h Nombre de joueurs : 1 à 5 joueurs
Âge conseillé : 13+ Auteur : Isaias Vallejo Editeur : Lucky Duck Games
Illustrateur : Mihajlo Dimitrievski Mécanismes : dés, cartes, draft

L’exemplaire du jeu utilisé pour cet article ainsi que son extension ont été fournis par l’éditeur.

Valeria le Royaume, c’est quoi ?

Dans ce jeu de cartes, les joueurs incarnent un duc du Royaume de Valeria, dont la tâche est d’affronter les hordes de monstres qui menacent leurs terres. Pour cela, ils pourront compter sur les citoyens du royaume, afin d’affronter les monstres et de bâtir leur propre cité. Cependant, à la fin, il faudra compter les points et un seul sera couronné Roi ou Reine du Royaume.

Les mécaniques de jeu comprennent de la gestion de ressources, du lancer de dés avec sa part de hasard (chance ou malchance selon les joueurs), gestion de main. On va progressivement recruter plusieurs cartes avec chacun leur effets afin de booster son jeu et combattre les monstres ou construire des domaines, chacun rapportant des points.

Mais alors, comment on y joue ?

La mise en place du jeu :

Les mécaniques de Valeria le Royaume reposent essentiellement sur des cartes : les cartes monstres, les cartes citoyens et les cartes domaines, qui constituent le centre du jeu. Chaque type de carte représente une ligne dans le jeu, avec ses mécaniques qui lui sont propres.

A cela peuvent s’ajouter les cartes émissaires, que nous pouvons retrouver dans l’extension du jeu. Les cartes émissaires sont une nouvelle ligne qui vient s’ajouter au dessus de la ligne des monstre, avec la possibilité pour les joueurs d’effectuer une toute nouvelle action lors de son tour : Recruter un émissaire. Le joueur choisit alors l’une des cartes émissaires visibles dans la ligne et résout son effet avant de replacer la carte au fond de la pioche. Les effets des cartes émissaires sont variés, permettant notamment de renvoyer des monstres ou encore de convertir des points de force ou de mana en points de victoire.

Une fois ces cartes mises en place, chaque joueur va choisir son duc entre deux cartes distribuées, qu’il gardera face cachée jusqu’à la fin de la partie, cette carte permettant de remporter des points supplémentaires lors du décompte. Chaque joueur reçoit aussi des ressources de départ, ainsi que deux citoyens de départ : un paysan et un chevalier.

Un autre type de carte provient également de l’extension : les cartes relique. Celles-ci sont distribuées par deux aux joueurs et chacun doit en choisir une seule, comme pour les cartes de duc. Celles-ci permettent aux joueurs de bénéficier d’un bonus permanent qui l’aidera dans sa tache. Contrairement aux cartes de duc, les cartes reliques sont placées face visible, permettant de faire connaitre leurs effets aux joueurs. Ces nouvelles cartes permettent d’apporter une nouvelle manière de jouer, avec des bonus souvent intéressants, comme la possibilité de gagner des points de force lors de la construction d’un domaine.

La phase de récolte :

Une manche de Valeria le Royaume se déroule toujours de la même manière : un joueur lance les dés, ce qui active les cartes citoyens équivalent au résultat des dés. Ainsi, si un joueur sort un 4 et un 6, les cartes citoyens d’une valeur 10, 6 et 4 sont activées, ainsi que les cartes citoyens que le joueur a recrutées lors des tours précédents. Ces cartes permettent de déterminer le nombre de ressources que tous les joueurs pourront récupérer au cours de la phase de récolte qui suit la phase de lancer. Le joueur actif n’est donc pas le seul à récupérer des ressources lors de cette phase, permettant d’acquérir un grand nombre de ressources rapidement, ce qui sera utile pour la phase d’action.

En effet, lorsqu’un joueur lance les deux dés (numérotés de 1 à 6), il collecte donc les récompenses de phase active de leurs cartes. Ce n’est pas tout, les autres joueurs récoltent les récompenses de phase passive de leurs cartes (indiquées sur le côté droit en bas de la carte). Ainsi Valeria Le Royaume demeure interactif lors de chacun de ses tours, garde les joueurs en éveil, ces derniers étant en mesure de récolter des ressources durant tous les tours de jeu et adapter leur stratégie avec ce qu’ils ont.

Les actions possibles :

Le joueur actif va donc choisir quelles actions effectuer lors de cette phase. Il peut terrasser un monstre, en dépensant le nombre de points de force et de mana suffisants pour vaincre le monstre désigné. Il peut également recruter un citoyen en payant le prix affiché en pièces d’or, lui permettant de profiter des ressources supplémentaires lors des prochaines phases de récolte. Il peut enfin récolter l’une des ressources de son choix ou encore construire un domaine, en payant le prix affiché. Dans tous les cas, chaque joueur ne peut mener que deux actions lors de son tour. A noter que, comme dit plus haut, les cartes émissaires offrent une nouvelle action, le recrutement d’émissaire, mais certaines reliques offrent également la possibilité d’effectuer de nouvelles actions. Ainsi, les joueurs ont l’embarras du choix en matière d’action, ce qui permet d’avoir à chacun d’avoir sa manière de jouer qui lui est propre et qui peut, à terme, mener à la victoire, ce qui est un excellent point.

Ce qui reste intéressant, c’est que l’on a l’embarras du choix à tous les tours. Chaque citoyen est caractérisé par un chiffre qui se rapporte au lancer de dés. Vous devrez ainsi trouver un équilibre entre « la couverture » du terrain (c’est-à-dire tenter d’avoir un maximum de chiffres afin d’être certain de récolter) et l’optimisation des gains en appuyant sur un chiffre en particulier (il est possible d’acheter le même citoyen, possédant le même chiffre et ainsi récolter au double ou au triple une ressource spécifique). Par exemple, lorsque je lance les dés, qu’un 1 et un 4 tombe. Je récolte ce que l’Archer au 4 me donne et ce que le Citoyen au 1 me file aussi + l’addition des 2 cartes (5 en l’occurrence). Si j’ai 3 cartes identifiées avec le chiffre 4, alors je gagne autant de fois la ressource qu’ils donnent.

A côté de cela, je peux attaquer des monstres avec de la Puissance, des monstres qui donnent des ressources aussi, des ressources qui vont me permettre de faire une seconde action plus facilement, ma seconde action pouvant représenter l’achat d’un Domaine qui me donne accès à un Bonus permanent, me permettant d’optimiser mon jeu et de miser sur une ristourne particulière ou un bonus en vue de stratégies futures. Bref tout est lié de façon très intelligente et les mécaniques se montrent captivantes de bout en bout. Un système profond, complexe mais qui reste accessible à tous.

A noter que le jeu en solo intègre une phase supplémentaire, durant laquelle les monstres vont attaquer les citoyens, ce qui entrainera leur capture par le seigneur noir, un duc renégat. Les monstres qui attaquent sont désignés par le score du lancer de dés du joueur. Toujours dans le jeu solo, une seconde phase de récolte a lieu après cette phase, permettant également de récolter les ressources offertes par un citoyen recruté pendant ce même tour. Dans le jeu classique, le tour se termine après la phase d’action et tant que l’une des conditions de fin du jeu n’est pas remplie, la main passe au joueur suivant.

La fin de la partie :

Le jeu se termine si tous les monstres ont été terrassés ou si tous les domaines ont été construits. Le jeu peut également prendre fin si le nombre de pioches épuisées est égal au double du nombre de joueurs. Après quoi, on compte les points accumulés par les joueurs au cours de la partie, en terrassant des monstres ou en construisant des domaines, le joueur ayant le plus de points remportant alors la partie. Les règles du jeu sont plutôt simples à comprendre, ce qui est un excellent point et permet d’entamer rapidement une partie.

Il faut faire attention lorsque l’on arrive en fin de partie. Il faut savoir que le jeu se termine subitement et que l’on peut vider 2 piles en un seul tour, ce qui peut couper l’herbe sous le pied au premier joueur. Chacun des citoyens et des domaines sont caractérisés par des symboles et ils s’avèrent très importants. Lorsque l’on choisit son Duc en début de partie, ils donnent des points selon les ressources accumulées mais également un deuxième facteur score qui va soit dépendre des symboles que vous avez obtenu (par ex 1 point pour chaque type de ce symbole en particulier), soit de la nature de vos cartes (1 point par citoyen, 2 par domaine…). Les domaines et les monstres donnent des points naturellement. Il n’est possible d’acquérir des Domaines seulement en ayant les Symboles donnés par les Citoyens… mais les Symboles sur les cartes Domaines comptent ensuite pour le score.

Niveau rejouabilité, il y a de quoi faire dans Valeria Le Royaume car on trouve énormément de cartes et de stratégies différentes à établir, sans oublier que le hasard des dés fait que l’on peut privilégier un axe plutôt qu’un autre.

Et le packaging dans tout ça ?

Les différentes cartes sont toutes de très bonne facture, avec les illustrations de The Mico, qui permettent au jeu d’avoir son univers propre d’heroic fantasy. Les cartes affichent un esthétisme de grande qualité, il y a un véritable travail d’illustrations et cela devrait plaire aux fans de l’univers med-fan. Pas de difficulté apparente quant à la mise en place et au rangement du jeu, on n’y passe pas des lustres et c’est toujours agréable pour un jeu dont les mécaniques se démarquent de par leur profondeur mais aussi leur accessibilité.

Au final, on s’éclate ou on passe ?

Avec ses règles simples et efficaces, on se prend rapidement au jeu, en cherchant à savoir à quel moment recruter des citoyens, à quel moment affronter des monstres pour marquer le plus de points. Si au départ, on peut penser que les ressources viendraient à manquer, on se rend compte que celles-ci se récupèrent facilement et en grand nombre, permettant d’effectuer des actions sans forcément faire attention à la dépense, ce qui permet à tout le monde de pouvoir profiter du jeu, mais on ne s’inquiète jamais de tomber à court de ressources, ce qui aurait pu aboutir à des situations plus tendues et mener à des choix d’action plus drastiques. De plus, si le jeu propose un mode de jeu solo, celui-ci est moins intéressant que le mode de jeu classique de deux à cinq joueurs.

De bonnes sensations de jeu et une bonne rejouabilité, avec un nombre de cartes conséquent. A noter encore une fois que l’extension apporte également de nouvelles cartes pour le jeu de base, permettant de diversifier un peu plus le jeu. On retrouve ainsi de nouveaux ducs, de nouveaux citoyens, mais également de nouveaux monstres.

A noter que ces nouvelles cartes peuvent également amener de nouvelles mécaniques, comme les Gardes du Roi, ces derniers sont en mesure d’invoquer une bande de monstres complète si la carte « recruter un garde du roi » est piochée de la pile épuisée, amenant donc une nouvelle menace. On peut aussi citer les samouraïs immortels, qui peuvent se retrouver dans une pile de monstres classiques ou comme pour la garde du roi, avec une carte événement qui va se glisser dans le paquet épuisé et s’activer lorsqu’elle est tirée. Notons également la présence d’un nouveau type de monstres : les gardiens, qui se placent juste devant le chef de la pioche correspondant à leur zone, offrant des ennemis supplémentaires à affronter. Dans tous les cas, ces nouvelles cartes apportent des nouveautés bienvenues dans le jeu de base, qui disposent déjà d’un nombre conséquent de mécaniques.

Ainsi, on peut changer légèrement le jeu en remplaçant certaines cartes par d’autres, permettant d’éviter un sentiment de redondance. De plus, avec l’extension du pack de cartes promotionnelles, de nouvelles cartes font également leur apparition, ajoutant de nouvelles règles et permettant de varier un peu plus les cartes que nous serons amenés à rencontrer. Les parties de Valeria le Royaume sont finalement assez courtes, avec des tours rapides et un jeu dynamique, permettant de mener des parties entraînantes du début à la fin.

Les mécaniques de Valeria le Royaume se montrent convaincantes, du fait de la variété de ses actions et des stratégies qu’il est possible d’adopter. Le jeu est très ouvert pour tous les profils de joueurs, avec des règles simples à comprendre, permettant aux joueurs de plonger facilement dans la partie, de mener une tactique qui lui est propre, selon ses acquisitions et les possibilités qui se présentent à lui en cours de partie. Certes le hasard des dés peut favoriser un Citoyen mais c’est aux joueurs de réaliser les bons choix afin de diluer ce désavantage en achetant les cartes adéquates. Un pur plaisir de jeu.


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Force tranquille de la rédaction, grand spécialiste du « ça va ? ». Sloth est le Lucky Luke de la news, il écrit plus vite que son ombre ! D’après la légende personne n’a jamais réussi à lui poser la question « ça va ? » en premier !
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