TEST – Tennis World Tour 2, un meilleur jeu de tennis que le premier

Tennis World Tour 2 revient en cette fin de mois de septembre pour nous proposer une simulation tennistique crédible à l’aube de Roland Garros. Ont-ils su rebondir après leur premier échec ?

Développeur : Big Ant Studios
Éditeur : Nacon
Genre : Simulation Sport / Tennis
Prix : 69,99 € (Ace Edition), 49,99€
Version pour le test : PlayStation 4
Date de sortie : 24 septembre 2020

Lorsque Tennis World Tour est sorti en 2018, il ne se situait qu’à 30% de son développement selon Big Ben Interactive. Manette en mains, c’était facile de le croire. Les sensations de jeu étaient catastrophiques et la technique était à la ramasse, on l’évoquait dans notre test à retrouver ici. On n’éprouvait que très peu de plaisir de jeu alors que l’on attendait un successeur de Top Spin. Un an plus tard, Breakpoint et Nacon (filiale JV de BigBen Interactive) nous servent le même jeu mais avec une Roland Garros Edition. Malheureusement, les patchs n’avaient pas corrigé les principaux défauts de Tennis World Tour. S’il se vend bien car lancé chaque fois en période de Roland-Garros, il ne reste pas dans les mémoires des joueurs pour les qualités de ses mécaniques.

En face, Big Ant Studios propose une expérience non sans défauts mais plus solide avec AO Tennis et AO Tennis 2. Le fond de jeu paraît plus rôdé, les animations et les échanges plus soignés. On apprend alors que Nacon a conclu un accord avec le studio australien pour la distribution et l’édition de leurs titres depuis AO Tennis 2. Pour aller au bout des choses, on apprend que Tennis World Tour 2 sera développé par Big Ant Studios, au détriment de Breakpoint. Le studio français paie les pots cassés du premier Tennis World Tour et se voit donc éjecté du développement de son second opus.

À partir de là, on espérait que le savoir-faire de Big Ant Studios allait profiter à la franchise de Nacon et nous délivrer une expérience de jeu satisfaisante. Qu’en est-il ?

Marketing quand tu nous tiens !

Le premier Tennis World Tour a laissé place à quelques DLC et une Edition Légende à 74,99€. Les bonus n’étaient pas liés à des micro-transactions comme on en retrouve dans FIFA et NBA 2K dont les modèles économiques sont très douteux. C’est du contenu en plus avec des joueurs de légende (Agassi et Mc Enroe), des équipements et des cartes d’aptitude appréciables. Par contre, il fallait passer à la caisse pour ajouter Mladenovic et Nadal au roster (temporairement gratuit) et un pack de stade.

Vous ne serez donc pas surpris que l’éditeur a remis le couvert. Pour Tennis World Tour 2, vous disposez donc de deux éditions, la version classique proposée à 49,99€ et la version Ace Edition à 69,99€. Dans les deux cas, si jamais vous précommandez le jeu avant sa sortie le 24 septembre 2020, vous recevrez le Pack Legends en récompense, contenant Marat Safin et Gustavo Kuerten.

Par contre, un choix plus discutable au niveau du contenu proposé par chacune des éditions. Nacon prive donc les propriétaires de la version classique de quelques éléments importants, à savoir:

  • Le tournoi de Roland-Garros et les stades Philippe-Chatrier, Suzanne-Lenglen et Simonne-Mathieu.
  • Le court central de l’Open de Madrid, l’Estadio Manolo Santana.
  • Le court central de l’Open de Halle, la OWL ARENA.
  • Le tournoi Tie Break Tens. 
  • Des joueurs supplémentaires à l’avenir (non-dévoilés).

Ces véritables lieux mythiques seront donc des privilèges pour les détenteurs de l’Annual Pass et de l’édition ACE de Tennis World Tour 2. Si on peut râler contre Nacon de monnayer des courts et des tournois de cette façon, on peut aussi se rassurer en se rappelant que 70€ pour avoir le contenu complet d’un jeu, c’est un tarif classique. Comment juger ces deux éditions ? La version classique est-elle à un prix attrayant ? Ou retient-on ces 20 euros supplémentaires pour avoir un jeu complet ? On vous laissera libre de votre ressenti. Par contre, nos impressions sur le gameplay, on va vous les livrer.

D’un court à un autre

Les mécaniques de jeu demandent un petit temps d’adaptation. Elles ne sont pas si compliquées mais si vous n’avez pas joué à un jeu de tennis depuis belle lurette, vous risquez une petite déculottée. On vous conseille alors un petit séjour à l’Académie de Tennis qui vous met à l’aise avec tous les rudiments du jeu.

La plus grande progression du premier titre à ce Tennis World Tour 2, c’est simplement sur le cœur du jeu. Enfin, nous avons un titre qui nous laisse faire quelques échanges sans qu’ils soient pourris par le comportement de notre joueur ou de l’IA. Il en devient donc agréable de vivre le match et d’y participer ! La base de n’importe quel jeu mais pas celle du premier opus préparé par Breakpoint. Néanmoins, on pouvait tout de même pester contre les mêmes scènes où l’on est pas loin de la balle, on peut la taper mais le jeu a décidé que vous perdiez le point. Cela arrive beaucoup moins mais lorsque cela arrive sur des points importants contre un joueur comme Federer, on a de quoi être dégoûté !

Au niveau de la frappe, on se base sur le timing de la frappe et la jauge de puissance. On ne bénéficiera pas d’un curseur de visée comme dans AO Tennis. En clair, si vous souhaitez renvoyer la balle avec précision, il faudra simplement presser le bouton (Croix, Carré, Cercle ou Triangle pour le lob) au bon moment pour que votre coup mette en difficulté l’adversaire. Si vous frappez la balle trop tôt ou trop tard, vous risquez souvent de partir à la faute. Les mécaniques en deviennent exigeantes car si vous enchaînez les mauvaises frappes, ce sera votre rival du jour qui pourrait partir à l’offensive et prendre l’avantage. Cela se confirme lorsque vous passez des frappes précises aux frappes puissantes. En maintenant le bouton de frappe, vous armez votre coup droit (par exemple) et vous devez donc encore faire attention à votre timing. Une frappe trop tôt ou trop tard et c’est la faute quasi-assurée. Choisissez donc le bon moment pour passer à l’offensive en matière de puissance car vous risquez d’enchaîner les fautes. Il n’est pas bon d’être une Camila Giorgi dans le jeu édité par Nacon.

La grande nouveauté au niveau des mécaniques de jeu, elle se situe au niveau du service. On s’appuie donc sur deux facteurs de jauge, une au moment de lancer et une au moment de frapper. Votre contrôle de ces jauges déterminera si votre service est bon. Si vous y mettez de la puissance (en maintenant le bouton), alors il faudra se montrer très précis car la mécanique est exigeante, provoque la faute si elle est mal maîtrisée mais mettra la pression sur l’adversaire si elle est convenablement contrôlée.

Big Ant Studios a tout de même conservé des mécaniques du premier jeu pour les garder dans Tennis World Tour 2. En première ligne, le système de cartes d’aptitude. On profite encore de ces cartes que vous choisissez en amont du match. Elles octroient des bonus de précision et de puissance lorsque vous les activez avec les touches directionnelles en plein match. Elles peuvent donner un avantage déterminant et surtout vous invitent à déterminer une tactique pour des points importants. Ce système de jeu est bien pensé. D’ailleurs, une Boutique fait son apparition dans le menu du jeu. Contre de la monnaie in-game (pas vos euros), vous pourrez obtenir des packs de cartes d’aptitudes. Elles sont hiérarchisées par valeur et vous pourrez autant claquer toutes vos économies dedans que contrôler votre budget si vous ne souhaitez pas trop vous y investir.

La fatigue joue aussi son importance puisque la jauge reste visible au cours du match. Il reste des points faciles à faire lorsque vous servez côté extérieur du court, que vous vous placez à l’extrémité du court et que l’IA ne fait pas se décaler votre adversaire, du moins en niveau normal. Globalement il y a une belle progression au niveau de l’animation des joueurs. On ne retrouve plus les déplacements incohérents (pour ne pas dire ridicules) du joueur, les petites mises en scène le montrant battu lors de l’échange alors que celui-ci pouvait encore avoir la balle. Certes, on retrouve des animations où il fera le déplacement vers la balle après qu’elle soit passé mais jamais ce n’est dérangeant. On se repose enfin sur les bases solides d’un jeu de tennis même si ce n’est pas parfait, même si parfois on manque de sensation au niveau des frappes de balles surtout lorsque nous incarnons notre faible joueur du mode Carrière.

Le rêve de tout joueur pro dans Tennis World Tour 2 !

Parce que si l’on se réjouit de la possibilité de se lancer dans des matchs en double, en 2 v 2 local ou en ligne, notre intérêt se dirige très rapidement sur le mode Carrière de Tennis World Tour 2. Si certains se contenteront de matchs en ligne ou entre potes, une grande majorité fait ses preuves sur le court, en commençant par le bas de l’échelle. Bien sûr, on ne ressent pas du tout les mêmes sensations en incarnant Harry Crotteur, tout nouveau sur le circuit ATP et Rafael Nadal et ses coups monstrueux. Précisons qu’on nous laisse le choix de la difficulté et des conditions de matchs. Vous pourrez ainsi personnaliser pour faire en sorte que les tournois 1 étoile se jouent en un seul jeu, les 2 étoiles en 1 set de 3 jeux etc.

On débute avec un joueur qui n’a ni bonus d’attaque, ni bonus de défense ni bonus de précision. On galère donc à faire la différence, à déborder ses adversaires et à créer le coup gagnant. La majorité de mes points en début de carrière, c’était de provoquer la faute. D’où l’intérêt de faire un séjour à l’Académie de Tennis pour maîtriser toutes les bases. On vous y proposera aussi des défis à débloquer au fur et à mesure que vous progressez en mode Carrière.

Comme dans le précédent opus, votre Carrière sera rythmée selon vos choix. Ils ne concernent pas que le terrain et il faudra gérer votre fatigue au risque de provoquer une blessure. Ainsi, on nous propose généralement 2 tournois (de différents rangs), un match d’exhibition, un entraînement, du repos et parfois des activités extra-sportives comme la recherche de sponsors et de partenariats dans différents domaines d’activités. Il sera aussi utile de recruter des agents et des entraîneurs, de les remplacer de façon régulière. Plus on progresse, plus on débloque de meilleurs staffs. 

Concernant les tournois, il serait imprudent de se laisser tenter par des tournois 4 ou 5 étoiles alors que l’on ne se trouve qu’en début de carrière. Je me suis pris une belle bicyclette en affrontant Medvedev en début de seconde saison. Malgré le skill, la différence de niveau peut être conséquente.

D’ailleurs, on améliore nos attributs de la même façon que dans le premier TWT. On gagne des points de compétence et on décide de les consacrer à la Défense, à l’Attaque ou à la Précision et ça améliore ensuite nos statistiques. À côté de cela, on s’achète encore avec de la monnaie virtuelle des raquettes, on personnalise nos cordes et notre tenue. Il existe énormément de choix, on en débloque surtout beaucoup en montant de niveau. La personnalisation de notre tennis-wo-man est donc plutôt agréable. 

Comme je le disais, on sent la différence nette entre joueur de bas acabit et un grand joueur de tennis. De ce fait, on sent également nos compétences évoluer et notre tennis devenir meilleur avec des coups plus efficaces ou plus précis. Il est donc plutôt plaisant de sentir cette marge de progression évoluer. Notre joueur gagne vraiment en niveau entre la 1e et la 3e saison et ça se ressent !

Grande alerte toutefois ! À deux reprises, nous avons rencontré des bugs au cours du mode Carrière, des bugs considérablement gênants. Lors de deux matchs, le jeu a commencé à capoter au bout de quelques minutes. Alors que l’adversaire frappait normalement ses balles, je constatais que je frappais la balle au ralenti, la course de la balle jaune était aussi au ralenti. Je subissais donc un double rythme où je frappais sans aucune vitesse tandis qu’en face ça bombardait. J’ai enregistré une vidéo affichant le problème.

Un casting de grande ampleur mais…

38 joueurs dont 2 légendes (Safin et Kuerten), c’est un casting qui n’a jamais été aussi complet. La collaboration entre Nacon et Big Ant Studios a permis d’unir les casting des jeux AO Tennis et Tennis World Tour. On peut donc jouer avec Nadal et Federer dès le jour de sortie, il manquera malheureusement Djokovic et Del Potro (que j’apprécie énormément). Ce n’est pas tout puisque Thiem, Zverev, Wawrinka, Tsitsipas et de nombreux joueurs de la nouvelle génération font partie du roster. Les Français pourront se réjouir de la présence des meilleures joueuses françaises Caroline Garcia et Kristina Mladenovic et de Gaël Monfils (dont les attributs ne sont pas assez élevés à notre humble et chauvin avis).

Si on se plaignait du grand déséquilibre du ratio joueur/joueuse au premier opus, le casting se montre moins porté vers les hommes. On note donc la présence de 11 superstars du circuit WTA dont Muguruza, Barty, Kvitova et Madison Keys. Pas de sœurs Williams malheureusement mais chacun pourra créer son joueur ou sa joueuse de son choix avec les outils de personnalisation.

D’ailleurs, on pouvait espérer par la présence de Big Ant Studios un système similaire d’ajout de joueurs par la communauté mais il n’en est rien. Les joueurs et joueuses créés ne pourront pas intégrer le mode Carrière du jeu en étant vos adversaires. Dommage ! Cela s’explique sûrement par le fait que Nacon souhaite ajouter lui-même des superstars avec son Annual Pass.

Tennis World Tour 2 redore donc le blason d’un premier épisode qui souffrait de trop grosses lacunes. Big Ant Studios a su apporter son savoir-faire pour en faire une simulation de tennis crédible et qui tend même vers des mécaniques exigeantes. Pas de système de création de joueurs communautaire à l’instar d’un AO Tennis mais un casting aux 38 visages dont Nadal, Federer, Thiem, Barty et Muguruza. S’il n’est pas exempt de tout défaut (animation imparfaite à certains moments, manque de feeling parfois, bugs, des graphismes à améliorer), on repart tout de même avec la satisfaction d’avoir un bon jeu de tennis devant soi. Le titre édité par Nacon est sur le bon chemin et on ne peut que se satisfaire des progrès réalisés. La balle est désormais dans le camp du joueur.

 

Points forts

  • Une interface plus moderne
  • Un casting plus complet et équilibré que le premier
  • Un fond de jeu crédible
  • Exigeant
  • Les cartes d'aptitude, toujours une bonne idée

Points faibles

  • Des bugs vraiment dérangeants (jeu au ralenti)
  • Le jeu à la volée encore difficile
  • Des animations encore imparfaites mais il y a du mieux
  • Des graphismes toujours en deçà des capacités de la génération actuelle
6.5

Fair

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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