TEST – The Legend of Heroes: Trails into Reverie, le temps des adieux

Tout le monde se serre pour la photo de famille !


Trails Into Reverie

Développeur : Nihon Falcom
Éditeur : NIS America
Genre : J-RPG
Supports : PS4, Switch, PC
Support de test : PS4 (version fournie par l’éditeur)
Date de sortie : 7 juillet 2023

 

Au cours des dernières années, la saga Legend of Heroes, et plus particulièrement la sous série des « Trails », s’est écrite en occident au travers de plusieurs jeux. Tout avait commencé dans une certaine confidentialité avec les Trails In The Sky, avant que la quadrilogie Trails of Cold Steel et enfin l’arc Crossbell avec la paire Trails From Zero et Trails to Azure fassent un peu plus parlé d’elles. Toutes ces aventures vidéoludiques vécues par les joueurs vont désormais se recouper avec le titre qui va nous intéresser aujourd’hui : Trails Into Reverie. Conclure une saga qui s’étend sur autant d’épisodes n’est jamais une mince affaire.  Alors est-ce que ce dernier volet de Nihon Falcom termine l’épopée en beauté ? C’est ce que nous allons découvrir avec ce test.

Il était une fois… trois fois

L’histoire de Trails into Reverie tourne autour de trois personnages principaux qui mènent leurs aventures en parallèle. Il y a d’abord Lloyd Bannings, le personnage principal de Trails From Zero et Trails To Azure, qui en compagnie de ses acolytes de la SSS de la police de Crossbell s’efforce encore et toujours à rendre sa liberté à la cité-état.

Ensuite, nous retrouvons Rean Schwarzer, le héros des Trails of Cold Steel. Toujours instructeur à l’académie militaire de Thors, il se voit confier la mission de retrouver le prince d’Erebonia, mystérieusement disparu durant sa lune de miel. Flanqué de ses élèves de la classe VII, Rean se lance dans une quête pour retrouver le souverain.

Enfin, le troisième protagoniste principal de Trails Into Reverie se fait appeler C. Se cachant derrière un masque, ce personnage garde son identité secrète, tout comme ses véritables desseins. Il va lui aussi former une petite bande pour parvenir à ses fins.

Le jeu nous offre la liberté de naviguer entre ces trois histoires grâce à la fonctionnalité « Trails To Walk ». Elle nous permet de switcher à notre guise entre les différents héros pour faire progresser leur partie respective de l’histoire. Comme les chemins des trois personnages se croisent à intervalles réguliers, on découvrira souvent certaines révélations en premier du point de vue de celui avec lequel nous avons le plus avancé.

Cette fonctionnalité, bien qu’agréable et procurant une sensation de liberté, ne révolutionne cependant pas complètement l’approche jeu. En effet, si l’on va trop loin dans le scénario avec l’un de nos héros, on se retrouvera bloqué en attendant de ramener les deux autres à sa hauteur. De plus, il ne sera pas possible de créer des voies alternatives ou de modifier l’intrigue en choisissant un personnage en premier plutôt qu’un autre. Le scénario est figé et il n’y aura aucun changement significatif.

La bonne ambiance de Trails into Reverie

Dans la lignée des précédents opus, le scénario de Trails Into Reverie mêle des intrigues politiques liées aux conflits entre les trois territoires de la région de Zémuria. Encore cette fois, l’histoire sera remplie de rebondissements en tous genres mais le récit est plus équilibré à ce niveau-là comparé à certains opus. Le scénario de Trails Into Reverie se distingue par sa plus juste maîtrise et sa retenue, ce qui en fait probablement le volet le plus intéressant de la saga. La partie particulièrement captivante concernant les mystères qui entourent le personnage de C.

L’aventure de Trails Into Reverie apporte également son lot de moments humoristiques et de passages très mielleux (parfois un peu trop). Ces caractéristiques ne sont pas nouvelles pour les fans de longue date de la franchise, qui sont habitués à ces éléments présents dans les précédents opus. On prend beaucoup de plaisir à retrouver les nombreux visages connus et de voir ce qu’ils sont devenus. Au final, l’ambiance générale du jeu, très attachante, reste fidèle à celle de ses prédécesseurs ce qui constitue un point fort qui se perpétue.

Les musiques du titre continuent à jouer sur le côté mélancolique et très typique des J-RPG un peu à l’ancienne. Comme d’habitude, sans faire vraiment d’étincelles, la BO de Trails Into Reverie est très agréable. Les doublages, disponible en anglais ou en japonais, sont également très corrects, ils font le job.

Malheureusement, une fois de plus, il n’y a pas eu de traduction française et il faudra se contenter de textes en anglais. Bien entendu, ce n’est aucunement une surprise quand on sait que seul Trails of Cold Steel III avait eu cette chance. Ce n’est pas sur cet opus qu’une tentative d’aller conquérir un nouveau public aurait fonctionné. En effet, si vous n’avez pas fait les opus précédents, vous passerez à côté de beaucoup de choses. Ce n’est donc pas la bonne porte d’entrée pour découvrir la franchise.

Pour conclure sur la partie technique, les graphismes font un peu datés mais ils restent d’un niveau acceptable. Le style artistique proche du manga aide bien sûr à ne ne pas trop faire ressentir le retard. En revanche, les animations durant les cut-scenes, réalisées avec le moteur du jeu, demeurent extrêmement rigides ce qui nuit grandement à l’énergie des scènes d’action. Le choix n’a toujours pas été pris de faire des cinématiques en animé pour dynamiser le rendu. Pire, cette fois-ci même l’opening a été réalisé avec moteur du jeu. Les seuls dessins, aux jolis coups de crayon, qui restent sont donc dans les menus et dans quelques illustrations disséminées ici et là. C’est une petite régression.

Les bases sont là

Abordons maintenant la partie gameplay en commençant avec le système de combat qui constitue le point central du jeu. Trails Into Reverie n’a pas apporté de changements majeurs et s’est largement appuyé sur les fondations posées par Trails of Cold Steel IV. Ainsi, ce nouvel opus conserve le système de combat au tour par tour, où l’on mobilise quatre combattants en simultané (plus quelques autres en réserve) pouvant se déplacer sur une petite zone pré-établie. Nos héros disposent alors d’attaques physiques, magiques et spéciales, que l’on alternera en fonction des affinités de chaque personnage et des faiblesses des ennemis. Le système bien établi des Quartz (l’équivalent des matérias de Final Fantsy VII) revient pour pouvoir ajuster les compétences de nos personnages.

Les combats de Trails Into Reverie maintiennent une dimension stratégique importante, renforcée par la nécessité de planifier les attaques à mettre en place. En effet, une barre de défilement sur le côté de l’écran indique les prochains tours à venir. Certains de ces tours sont marqués par des bonus, tandis que d’autres peuvent être accompagnés de malus. Il est donc crucial d’anticiper pour bénéficier des bonus et éviter les malus. Cette anticipation est particulièrement essentielle lors des combats les plus difficiles, qui sont nombreux dans le jeu. En tout cas, si vous avez goûté aux joies des combats des opus précédents vous ne serez pas dépaysés.

D’autant plus que le seul apport notable sur le système de combat, c’est le « United Front » qui permet de lancer des attaques ou des soins en équipe lorsque quelques conditions sont remplies. Cela fait un peu maigre mais s’inscrit dans la continuité de la franchise, qui a toujours su améliorer son gameplay par touches successives. Comment le reprocher puisque les mécaniques sont intéressantes et n’ont jamais nécessité une refonte complète ?

La zone de (ré)confort de Trails into Reverie

En revanche, Trails Into Reverie a introduit des changements dans la progression de l’aventure. Dans de nombreux jeux de la saga, il y avait une alternance entre les quêtes annexes et l’avancement du scénario principal, créant ainsi une linéarité parfois un peu pataude. Heureusement, cet aspect a été modifié dans cet opus grâce à deux éléments clés : le système « Trails To Walk » que nous avons déjà abordé, et le « Corridor of Reverie ».

Dans cette zone, présentée comme hors du temps et de la réalité du jeu, l’ensemble des protagonistes vont se retrouver téléportés magiquement pour s’adonner à de nombreuses activités. Tout d’abord pour parcourir un donjon dont les niveaux sont générés aléatoirement. Il permettra de pouvoir gagner en expérience en affrontant des monstres puissants. Au cours de ces pérégrinations, il sera possible de dénicher de l’équipement précieux, de l’améliorer et de débloquer de nombreux bonus via des objectifs à remplir.

Des mini-jeux seront aussi accessibles, bien que leur contenu ne soit pas très élaboré. Parmi eux, on retrouvera un jeu de tir, un simulateur de drague ou encore une variante du jeu Puyo-Puyo, mais tous resteront plutôt rudimentaires. Ces mini-jeux, qui ont longtemps manqué dans la saga, rempliront tout de même leur fonction de divertissement léger. Enfin, de courtes histoires annexes seront proposées pour approfondir le lore de l’univers du jeu. Bien que ces histoires ne soient pas déterminantes pour comprendre le scénario principal de Trails of Reverie, et que leur intérêt soit fluctuant, elles offriront tout de même l’occasion d’en découvrir un peu plus sur certains protagonistes.

D’ailleurs il est à noter que près de 50 personnages jouables pourront être mobilisés dans ce « Corridor of Reverie » parmi tous ceux croisés dans les opus précédents. De quoi composer des équipes qui s’adaptent à toutes les situations. Loin d’être anecdotique, ce lieu permet réellement de changer d’air à tout moment. Couplé au rythme de la narration, plutôt bon, et à l’alternance entre les trois héros qui se fait parfaitement, il n’y a aucun moment d’ennui. D’autant plus que les combattants qui accompagnent les héros changent régulièrement au cours du scénario. Cela nous amène à développer constamment de nouvelles stratégies. La linéarité et le dirigisme de certains volets appartient clairement au passé.

En résumé, Trails Into Reverie est clairement l’opus le plus abouti de la saga. Logique étant donné qu’il est le dernier. Son gameplay est désormais bien rodé, l’histoire et la narration sont de qualité, le nombre de personnage jouable est impressionnant. La durée de vie du titre est également impeccable comme pour ses prédécesseurs. Seul le moteur graphique qui n’a pas fait de bon parait aujourd’hui daté mais les habitués de la franchise passeront outre. C’est d’ailleurs bien à eux que s’adresse ce titre et ils trouveront leur compte à n’en pas douter.

Visitez notre Linktree pour retrouvez nos réseaux sociaux et partager avec nous vos avis sur le jeu. Sinon vous pouvez également le faire en commentaires.

Points forts

  • Le système de combat bien rodé
  • Une ambiance générale attachante
  • Une large revue d'effectif
  • Des mini-jeux pour se divertir
  • Une bonne durée de vie

Points faibles

  • Pas de traduction française
  • Le moteur de jeu à la peine
8.5

Great

Ma devise : "Raler, c'est utile uniquement si tu en profites pour apporter une solution... sinon ça reste juste un plaisir".

Mot de passe oublié