2018, une mauvaise année pour travailler dans les jeux vidéo

The Walking Dead

Depuis le début de l’année, on ne compte plus les studios de développement de jeux vidéo qui ont fermés ou qui font face à des licenciements. Retour sur l’un des problèmes les plus importants de l’industrie, le fragile statut des développeurs.

On peut dire que les développeurs de jeux vidéo ont été particulièrement malmenés ces derniers temps. Récemment, on parlait beaucoup de la fermeture de Capcom Vancouver, qui a développé plusieurs épisodes de la série Dead Rising, ou encore celle de Telltale, qui espère tout de même terminer la dernière saison de The Walking Dead avec l’aide de partenaires d’affaires. Cependant, il faut bien comprendre que même si les chiffres sont impressionnants, on parle tout de même de 250 personnes licenciées, l’affaire Telltale n’est en rien une exception. En effet, on a un large mouvement de licenciements et de fermetures de studios ces derniers mois, bien que le Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs a enregistré une progression de l’industrie de 18% et un chiffre d’affaire de 4,3 milliards d’euros en 2017.

Depuis le mois de septembre 2017, on se rend compte que le statut de développeur dans l’industrie du jeu vidéo est devenue plus fragile, c’est ce qu’a souligné le site Games Industry. Tout commence avec la fermeture de Visceral Games par Electronic Arts en octobre dernier, mettant à la porte 80 personnes, suivi par Motiga qui a licencié 70 personnes en novembre pour laisser une poignée de développeurs travailler sur Gigantic, avant d’annoncer l’abandon du jeu en février. Ensuite, c’est au tour de Gazillion Entertainment, le studio à l’origine de Marvel Heroes, de fermer suite à la fin de son partenariat avec Marvel, ce qui a provoqué la perte d’emploi de 200 personnes. On peut aussi citer le cas Lawbreaker et son studio Boss Key Production, qui a été obligé de fermer moins d’un an après la sortie du jeu, le studio comptant alors 60 employés. Au total, ce sont plus de 1000 personnes qui ont perdu leur travail en l’espace d’un an, et même s’il est fréquent que des licenciement interviennent après avoir accompli un projet, notamment pour restructurer les effectifs, on se rend compte que récemment, les décisions qui sont prises n’avantagent ni le studio, ni les développeurs, que ce soit de multiplier les projets ou au contraire de se concentrer sur un unique projet. Il faut tout de même rester positif et bien avoir conscience que les développeurs se serrent de plus en plus les coudes entre eux, comme l’atteste le hashtag #telltalejobs.

Cependant, l’affaire Telltale, a permis de mettre en lumière un problème assez important : le statut des développeurs qui est devenu plus fragile ces derniers temps, là où l’affaire Quantic Dreams a permis de mettre en lumière les pratiques de crunchs intensives pouvant s’étaler sur plusieurs semaines. L’industrie du jeu vidéo peut faire rêver, mais il faut bien garder à l’esprit que celui-ci connait aussi des problèmes comme n’importe quelle industrie et c’est en mettant en avant des affaires comme celle-ci que le débat peut avoir lieu pour améliorer les conditions de travail pour tout le monde.

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