Eternal Decks, c’est une histoire de coopération, de choix, de restrictions, et de paquets de cartes à gérer au mieux… Et c’est loin d’être évident !
Après Tricktakers, Hiroaki Yamamoto, alias Hiroken, signe son meilleur jeu avec Eternal Decks. Le design artistique a été confié à la Mujunsha, ce qui donne une boîte de jeu bien tape à l’œil. Et quand on nous attire avec un jeu qui est loin d’être sans intérêt, on ne s’en plaindra pas.
Dans Eternal Decks, l’objectif est de collecter 4 maillons. Et pour ce, il faudra remplir collectivement des rangées de cartes pour débloquer des decks. Mais ce qui marque le plus dès l’entame de la partie, ce sont les grands « stop » qu’on place sous notre nez.
Mécaniquement, Eternal Decks se présente…
Comme un jeu de cartes en coopération sur base de restrictions :
- Restriction en communication. Il s’inscrit dans les jeux où l’on n’a pas le droit de parler. Et on éprouve toutes les peines du monde à ne pas parler tant notre situation est parfois difficile. Pour combler ce manque de communication, on dispose de jetons que l’on placera sur des emplacements pour annoncer nos projets ou nos seules possibilités de jeu…
- Restriction de pose. La restriction de base, c’est de ne pas pouvoir poser côte à côte des cartes de couleur ou de valeur identiques. De même, les rangées ont d’autres règles initiales : l’une exige des valeurs descendantes (de 9 à 1) et l’autre des valeurs ascendantes (de 1 à 9). Lorsque l’on parvient à remplir une rangée, le joueur actif acquiert un nouveau deck… qui enclenche par la même occasion de nouvelles restrictions de pose. Par exemple, impossible de placer des 4 ou des cartes d’une couleur spécifique.
- Restriction d’action. Notre paquet de cartes représente nos points de vie. Si vous avez 6 cartes, vous avez 6 PV.À votre tour, vous perdez donc, au minimum, une carte. D’où la nécessité de remplir des rangées afin de choper de nouvelles cartes… et se refaire une santé.
- Faire sauter ces restrictions. Il est possible de briser ces nouvelles chaînes en défaussant des cartes, mais pas n’importe lesquelles. Les conditions de défausse sont indiquées sur le plateau, et des combinaisons de cartes permettront de faire sauter un verrou… Bien sûr, l’auteur d’Eternal Decks a pensé à nous rendre les choses les moins faciles possible. Il existe tout de même une limite de défausse et la surexploitation de cette rangée de défausse peut mener l’équipe à sa perte…
Pourquoi Eternal Decks est-il un des meilleurs jeux de société coopératifs de l’année ?
- Les mécaniques extrêmement cohérentes et intransigeantes. L’auteur a décidé d’en faire un jeu exigeant et cela se voit dans tous les compartiments du jeu. Rien n’est gratuit et tout se paie. Réaliser une action, c’est perdre de ses PV. Faire sauter un verrou de restriction, c’est souvent perdre 3 cartes, donc 3 PV, ce qui est immense. Acquérir un deck et donc un bonus de santé conséquent, c’est provoquer d’autres restrictions… subir moins de pression sur sa jauge de santé, mais mettre les autres joueurs sous pression.
- Une pression permanente. Comme dit plus haut, lorsqu’un joueur acquiert un nouveau deck, on sait que d’autres restrictions seront pour notre pomme, et pire, que l’on devra se dépêcher de remplir une rangée de cartes pour acquérir à notre tour un nouveau deck. Mais d’ici là, pas sûr qu’on puisse le faire !
- Une organisation collective sous le signe du silence. Dans Eternal Decks, on doit se taire, mais réfléchir ensemble sur la façon de procéder. Parfois, il y a des évidences, d’autres fois il y a des loupés. Heureusement, on peut souffler un petit peu avec des petites aides du jeu nous permettant par exemple de confier des cartes à son camarade, ce qui représente une action précieuse.
Au final, le jeu de société laisse très peu de place au hasard et il est absolument nécessaire que tous les joueurs soient concentrés sur le plateau et leur deck afin de sortir victorieux du jeu. Trouver l’équilibre entre penser à soi et penser aux autres dans des conditions de silence absolu n’est pas tout le temps chose aisée, mais on y arrive ! Vous aurez peut-être besoin d’une ou deux parties pour trouver la formule, mais bien des défis nous attendent pour autant de bonnes formules à trouver.
Eternal Decks s’inscrit dans la vague des jeux de coopération exigeants. Il ne faut pas avoir peur de subir un petit peu le jeu pour sortir finalement victorieux. Des mécaniques intransigeantes, très cohérentes et ingénieusement pensées en font un des meilleurs jeux coop de l’année.
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Eternal Decks s’inscrit dans la vague des jeux de coopération exigeants. Il ne faut pas avoir peur de subir un petit peu le jeu pour sortir finalement victorieux. Des mécaniques intransigeantes, très cohérentes et ingénieusement pensées en font un des meilleurs jeux coop de l’année.