[Découverte] Ashman en édition originale, de Yukito Kishiro

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Ashman revient en édition originale chez Glénat et c’est l’occasion idéale pour (re)découvrir ce spin-off de Gunnm consacré à un joueur de motorball.

Ashman revient une nouvelle fois en librairie (en taille classique) et au vu de la qualité du récit, on ne le reprochera pas aux éditions Glénat. Rappelons qu’il sort tout droit de l’imagination de Yukito Kishiro, populaire pour Gunnm, son œuvre intemporel. C’est en 1997 qu’il publie un one-shot intitulé Ashman, avant de poursuivre par la suite Gunnm Last Order.

Réédité en 2009 en grand format, Glénat décide de réitérer avec une édition originale. Honnêtement, si jamais vous ne l’avez pas encore découvert, que vous êtes fans de l’univers de Gunnm (ou pas), vous auriez tort de vous priver de la lecture de ce one-shot aux traits sombres. Revenons en quelques lignes sur notre découverte de l’édition originale d’Ashman par Yukito Kishiro.

Un one-shot fidèle et sombre

ashmanDans Ashman, on ne suit pas les traces de Gally (Alita pour les US) mais une compétition de motorball et un de ses principaux participants, Snev. Pour ceux qui ont vu le film Alita Battle Angel, vous avez pu apercevoir une course dans laquelle tout le monde se pulvérise. Bingo ! Voilà le Motorball !

Le but de la course n’est pas forcément d’arriver plus vite que les autres mais de terminer la course vivant. Presque tous les coups sont permis. Le gagnant est celui qui franchira la ligne avec la boule de 40kg et en un seul morceau de préférence.

Le héros du récit n’est pas un serial winner du motorball, au contraire il ne termine pas une course. S’il est extrêmement populaire, c’est qu’il se crashe à chaque fois et que les spectateurs et l’audimat raffolent de ce genre de divertissement. On ne veut pas le voir gagner, on se réjouit à l’idée qu’il essuie un nouvel échec. C’est comme s’il n’avait pas d’autres choix malgré ses véhémences, le chemin du crash lui est toujours montré en surbrillance.

Une simple réplique du manga comme le symbole de la malédiction qui touche le héros.

« À chaque fois, il se crashe en beauté mais son cerveau reste intact… Il a passé un pacte avec le diable ou quoi ? »

Le décor est planté. Nous sommes dans le monde de Gunnm alors toutes les parties du corps peuvent être rassemblées à la Décharge afin d’être reconstituées tant que le cerveau n’est pas abîmé. Loin des hautes sphères, le monde de la Décharge est toujours aussi impitoyable. Il n’a pour seul divertissement que le Motorball dans lequel la violence est reine.

Pour Snev cela tombe bien car s’il ne finit pas une seule course, sa popularité est intacte vis-à-vis du public qui aime le voir exploser. Cela va même sauver sa carrière qui aurait pu être mise de côté à cause de résultats calamiteux… Néanmoins, ce n’est pas ce qui va embellir la vie de Snev.

D’ailleurs, ce n’est clairement pas l’esprit de ce one-shot. On reste stupéfait par une ambiance si morbide, par les traits sombres de son personnage principal que l’on devine au bout de sa vie.

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ASHMAN © 2017 Yukito Kishiro / Kodansha Ltd.

 

Un rayon de soleil dans la noirceur établie

Alors qu’il est hanté par son passé, notre héros va consulter son amie prostituée qui lui promet une meilleure destinée. Pourtant, suite à cette prédiction les malheurs vont s’accumuler et on ne voit aucun nuage se dissiper au profit d’un soleil éclatant. Seul l’espoir d’une meilleure vie, enfin d’une once de satisfaction dans une vie bousillée intérieurement, continue de le maintenir.

Mais la corruption est présente à tous les étages et Snev n’est qu’un pion qui ne sert qu’à alimenter un moment de distraction pour une foule vivant dans un monde de brutes. Et cet environnement ténébreux, Yukito Kishira sait le dépeindre. Dans son univers cyberpunk, il ne fait pas toujours nuit et il ne pleut pas forcément mais l’ambiance est lourde.

Le seul moment où l’on n’est pas plongé dans cette noirceur, c’est lorsqu’il s’entretient avec Beretta, peut-être seul moment de répit avec une personne qui le considère. En dehors de cela, les dessins sont sombres, toujours avec le noir qui prédomine sur le reste. Et le plus impressionnant encore se situe autour du Motorball, forcément vu que le scénario tourne autour.

Il arrive un moment où l’on assiste à une danse des enfers, avec des sportifs qui se jettent comme des morts-vivants dans une course où leur vie est en jeu mais aussi à des spectateurs tous affamés de giclées de sang. Comme si en pénétrant dans l’arène, tout le monde laissait son âme au diable. Et à ce moment la mise en scène demeure simplement incroyable, ce qui fait la force du trait artistique de Yukito Kishiro. Il peint un tableau sombre dans laquelle l’Humanité ne prend pas place dans un monde considéré comme une décharge souterraine, loin de Zalem inaccessible pour tous.

On se retrouve ainsi avec des habitants livrés à eux-même qui mettent leur vie en danger en essayant de toucher l’horizon de la gloire. Mais cette quête funeste cache une destinée cruelle pour chacun d’entre eux. En nous mettant dans la peau d’un génie du Motorball simplement maudit, on découvre un environnement hostile, douloureux voire tragique car sans sortie de secours et sans espoir d’une vie meilleure.

Yukito Kishiro parvient avec Ashman à approfondir l’univers de Gunnm d’une façon sinistre. Un univers cyberpunk noir dans lequel la gloire entraîne avec elle un monde corrompu aux victimes collatérales abondantes. Une édition originale à acquérir à tout prix pour tous ceux qui apprécient la plume de Kishiro, l’univers et qui n’ont pas encore découvert cette histoire tragique.

Toujours dans la magique potion du jeu vidéo !

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