[Edito] Les belles promesses de la suite de Dragon Ball Super

Dragon Ball Super Moro

Suite à la déception compréhensible d’une partie des fans après la fin de la diffusion de Dragon Ball Super, il est rassurant de voir que la suite est en train de muscler son jeu.


Après un anime en demie-teinte et un manga qui s’est retrouvé dépassé par sa propre adaptation, le bilan de Dragon Super est assez mitigé auprès des fans. Il faut dire qu’à part l’arc Goku Black qui proposait deux-trois bonnes idées, les épisodes fillers ou encore les deux tournois n’avaient rien de bien passionnants. La dernière phase, le Tournoi du Pouvoir, avait inutilement tiré la diffusion de l’anime en longueur avec une succession de combats souvent mous, parfois incohérents, le tout joué par une multitude de personnages qui présentaient bien peu d’intérêt dans l’ensemble.

S’il faut tout de même nuancer ces critiques en rappelant que Dragon Ball Z n’a jamais réellement été un chef d’œuvre scénaristique, Dragon Ball Super a réussi à faire encore moins bien en bradant l’une des rares qualités du matériau de base : les combats, ainsi que dans une moindre mesure, l’intrigue. Car s’il faut relativiser « l’effet waw » qu’a pu avoir Dragon Ball Z sur un public français qui était jeune et peu introduit à l’univers des mangas à l’époque du Club Dorothée, il serait néanmoins injuste de ne pas admettre les qualités de l’œuvre de Toriyama. Ses combats d’anthologie et ses ennemis charismatiques sont certainement les deux grosses qualités qui marquent encore aujourd’hui l’esprit de ces premiers fans désormais trentenaires ou quarantenaires. Deux points cruciaux, que Dragon Ball Super n’a réussi à reprendre que durant l’arc Goku Black, qui proposait à la fois des combats solides et des antagonistes stylés mais également une intrigue qui développait un peu le lore de la série (l’univers de Trunks du futur et les Dieux).

Dragon Ball Super Moro

Derrière ce quasi-échec de la série estampillée « Super », il est tentant d’y voir la mainmise créative de la Toei dont l’objectif est avant tout de produire du divertissement à la chaîne. Un article de William Audureau, paru dans la rubrique Pixels du journal Le Monde, apportait il y a quelques mois un éclairage bienvenu à ce sujet à l’occasion de la sortie du film Broly :

« Aujourd’hui, si la concertation avec la Shueisha et Bandai restent de mise, la Toei mène la danse. C’est notamment elle qui produit la nouvelle série animée phare, Dragon Ball Super, dont la version papier, qui faisait autrefois référence, est désormais publiée dans V Jump, le magazine de la Shueisha réservé aux produits dérivés. Le tout avec plusieurs chapitres de retard sur l’anime et des lourdeurs inconcevables du temps où le manga était l’œuvre de référence. »

Pour avoir lu la version papier, nous partageons ce constat de perte de contrôle de l’auteur (Toyotarō, le remplaçant de Toriyama). En terme d’intrigue et de mises en scène, certains passages semblaient en effet produits à la va-vite, même si cette condensation de l’intrigue faisait parfois office de « version light » plus qu’appréciable pour qui ne supportait plus les lenteurs et les longueurs de l’anime. Malgré tout, on sentait que Toyotarō voulait bien faire, et celui-ci ne se privait pas pour créer des scènes qui n’existent tout simplement pas dans l’anime – à l’instar du bref combat entre Tortue Géniale et Jiren qui redonnait un peu de gloire à celui qui n’est pourtant rien de moins que le sensei de Goku.

Ce schéma mettant en avant un anime produit à la hâte et reléguant le support manga en arrière-plan semble toutefois être remis en cause. Si nous ignorons à l’heure actuelle quels sont les plans de la Toei pour la suite de Dragon Ball Super en anime, ainsi que le taux de liberté donné à l’auteur actuel du manga, le fait que Toyotarō puisse tranquillement coucher la suite de l’histoire sur papier depuis plusieurs mois et sans présence d’une version animée est une situation qui nous paraît rassurante. L’auteur nous donne l’impression d’avoir le temps de potasser l’univers de Dragon Ball pour en ressortir les éléments les plus prometteurs et les conjuguer avec une extension de l’univers de l’œuvre.

Mascotte Anti-Spoil

Attention : la suite de l’article vous expose à des spoils (de niveau 3/5) concernant l’intrigue de l’arc Moro sorti en manga.

Cela s’illustre notamment dans les débuts de l’arc actuel, avec notamment une remise sur le devant de la scène d’un personnage mystérieux : le Grand Kaio, celui qui a sacrifié sa vie pour insuffler sa bonté au Buu maléfique de l’époque. En revenant sur des éléments de lore propres à Dragon Ball Z, Toyotarō nous indique qu’il préfère étoffer l’existant plutôt que de choisir une course exclusive vers la nouveauté qui finit inexorablement par détacher une suite de ses origines. Pourquoi, en effet, vouloir uniquement créer de nouvelles choses alors que le manga possède déjà des éléments d’intérêt qui ne demandent qu’à être développés pour épaissir l’univers ?

Dans l’arc actuel, Toyotarō introduit donc des nouveautés via l’existence de Moro et d’un univers vaste, tout en réutilisant des atouts de choix pour mieux structurer le récit. Le mangaka reprend ainsi des éléments existants tels que la Patrouille Galactique (qui date de Dragon Ball Super mais qui puise ses racines dans le manga « Jaco le Patrouilleur Galactique » de Toriyama) ou le retour sur scène de planètes comme Namek ou Yardrat (le lieu où Goku apprend la téléportation après l’arc Freezer).

En procédant de cette manière, Toyotarō fait appel à la nostalgie des fans tout en proposant des choses nouvelles qui se fondent alors mieux dans le décor. Nous sommes ici loin des débuts de Dragon Ball Super qui nous introduisaient en grandes pompes toute une pelletée d’univers avec pléthores de nouveaux personnages dont les trois-quarts sombrèrent vite dans l’oubli… Ce qui explique, là encore, une partie du succès de l’arc Goku Black, celui-ci ayant permis aux fans de retrouver un personnage largement apprécié – Trunks du futur – au sein d’une nouvelle intrigue plus équilibrée entre tradition et modernité.

Dragon Ball Super

Toyotarō n’a pas non plus oublié qu’un bon Dragon Ball est un Dragon Ball drôle.

Avec le nouvel arc Moro, Toyotarō se permet également de revenir sur des faiblesses dans lesquelles le manga était tombé, comme cette surenchère continuelle à la puissance brute qui commençait à s’essouffler. Après avoir défié des Dieux et obtenu un pouvoir quasi-similaire au leur, la suite des évènements semblait compliquée pour Goku et Vegeta. Comment, en effet, créer de nouvelles intrigues dans lesquelles ces personnages pourraient être mis en difficulté alors que ceux-ci ont finalement atteint un statut qui semble les placer au-dessus de tout ?

A cette question, il est assez cocasse de voir que Toyotarō a répondu en suivant les pas de Toriyama via l’introduction d’un nouveau point en commun avec les comics Superman. Alors que Toriyama a créé Dragon Ball en s’inspirant de la naissance du superhéros américain (bébé doté d’une grande puissance qui échappe de peu à la destruction de sa planète et se retrouve élevé parmi les humains), Toyotarō introduit quant à lui une nouvelle faiblesse pour nos héros : la magie, qui est également l’un des points faibles de Superman. Inspiration volontaire ou simple coïncidence, peu importe : la présence d’un ennemi maître en la matière amène alors une sorte de concurrence horizontale qui vient remettre à plat cette course verticale à celui qui à la plus grosse puissance. Avec la présence d’un magicien contre lequel même la force combinée de Goku et Vegeta n’est d’aucun recours, Toyotarō peut ainsi explorer à sa guise de nouvelles contrées créatives.

Dragon Ball Super Moro

Dans les derniers chapitres, cela s’illustre par la confirmation que les héros devront chacun suivre leur propre chemin en exploitant non plus leur potentiel de puissance mais en apprenant à maîtriser leurs plus grandes qualités. Des indices à ce sujet avaient d’ailleurs déjà été disséminés dans les arcs précédents pour justifier l’existence de l’Ultra Instinct (et l’incapacité de Vegeta à y accéder) : Goku est un instinctif qui évolue naturellement au fil des combats, alors que Vegeta est un cérébral versé dans l’analyse et le contrôle qui doit s’entraîner méticuleusement pour avancer. La traditionnelle course à la puissance que Goku remporte à chaque fois face à un Vegeta à la traîne et qui se frustre avant d’être obligé d’accepter la valeur de son rival, c’est fini ! Toyotarō préfère ainsi permettre aux deux protagonistes d’évoluer chacun de leur côté en développant leurs qualités respectives. Cela donne un Vegeta qui se remet en question afin d’étudier de nouvelles disciplines en lien avec un meilleur contrôle de son Ki et un Goku qui trouve un nouveau maître pour lui enseigner la voie du combat instinctif. Quant aux héros présents sur Terre, ils auront bientôt l’occasion de briller face à de nouveaux ennemis qui seront sûrement là pour temporiser les choses en attendant la confrontation finale.

Si la forme de l’intrigue est pour le moment assez similaire aux précédentes (premières escarmouches -> défaite cuisante -> entraînement -> victoire finale), le fond nous permet malgré tout d’être optimiste quant à la suite de l’histoire – surtout si celle-ci se retrouve adaptée à peu près fidèlement en anime. Alors que Toyotarō nous paraît plus libre que précédemment dans son travail, l’auteur nous prouve à quel point il respecte le travail de son prédécesseur ainsi que ses lecteurs en continuant à innover sans pour autant jeter les bases de l’œuvre originale aux orties. Cet équilibre parfait sied à la licence, et contribue dans la foulée à moderniser celle-ci en améliorant la consistance de son univers. On a hâte de voir la suite.

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