[Preview] Path of Exile 2, un tour de chauffe payant

Path of Exile 2

Alors qu’il est censé sortir officiellement dans le courant de l’année 2025, Path of Exile 2 a ouvert son accès anticipé dès décembre dernier. Une version bêta donc, mais avec une particularité notable : malgré son statut annoncé de free-to-play, cette bêta est… payante. Un choix de modèle économique plutôt étrange, qui place logiquement la barre assez haut côté attentes. Alors, cette version anticipée est-elle à la hauteur de l’investissement demandé ? C’est ce que nous allons voir dans cette preview réalisée à la suite de la mise à jour Dawn of the Hunt, premier ajout de contenu pour cette nouvelle création du studio Grinding Gear Games.

Une narration un peu plate malgré une intro prometteuse

L’histoire débute directement dans le vif du sujet : un mystérieux comte cherche à mettre la main sur, la Bête, une entité maléfique ancestrale, capable de corrompre tout ce qu’elle touche. De notre côté, on incarne un personnage qui s’est fraîchement échappé du supplice de la pendaison (sans qu’on sache trop pour quel était le motif de la sentence) et qui va finir embrigadé par une silhouette encapuchonnée pour contrecarrer les plans du vilain. Voilà pour les bases qui ne nécessiteront aucunement d’avoir joué au premier épisode pour s’immerger dans l’univers. Si quelques rebondissements viennent pimenter la trame en cours de route, on ne peut pas dire que la narration soit particulièrement captivante.

C’est d’ailleurs l’un des points faibles du jeu dans son état actuel. Mis à part une cinématique d’introduction pourtant réussie, Path of Exile 2 mise exclusivement sur des boîtes de dialogue pour raconter son histoire. Résultat : l’ensemble manque de souffle. Il aurait été judicieux d’inclure quelques scènes cinématiques supplémentaires, notamment à des moments-clés, pour donner un peu plus de relief au récit. Pas sûr que la version finale change les choses à ce niveau.

Heureusement, l’univers visuel et sonore rattrape largement cette narration en demi-teinte. Graphiquement, le titre est très propre, avec des environnements qui parviennent à dégager une atmosphère sombre, oppressante, et poisseuse à souhait. Ce ton visuel colle parfaitement à l’identité du jeu. Côté son, les bruitages sont percutants, les musiques bien dosées et adaptées à l’ambiance, et les doublages anglais convaincants. On note aussi la présence de sous-titres français, même si encore quelques textes non-traduits subsistent ou bien avec des fautes d’orthographe parfois un peu grossières.

Ces problèmes de localisation sont particulièrement gênants lorsqu’il s’agit des compétences. De nombreuses descriptions de sorts ou effets sont encore en anglais, ce qui peut sérieusement compliquer la compréhension pour les joueurs non anglophones. Et dans un jeu où l’optimisation fine du personnage est au cœur de l’expérience, ça devient un obstacle réel. Nul doute que cette situation s’améliorera d’ici la sortie finale, mais en l’état, c’est un peu gênant.

Un gameplay : profond, dense, et parfois cryptique

Passons à ce qui fait le cœur du jeu : son gameplay. La bêta de Path of Exile 2 propose actuellement 7 classes jouables (la dernière en date étant la Chasseuse, ajoutée avec Dawn of the Hunt), sur les 12 prévues pour la version finale. Chaque classe possède ses propres caractéristiques de départ, mais le jeu mise avant tout sur une progression très libre, au risque de paraitre déconcertante.

Premier élément marquant : l’arbre de talents. Il est immense. Et pour cause, il n’est pas propre à chaque classe, mais commun à toutes. Ce système permet donc de partir sur une voie classique au début, puis de bifurquer librement dans d’autres branches selon nos envies. Le tout permet des constructions de personnages très personnalisées, à condition de ne pas s’y perdre.

Les compétences d’attaque ne se débloquent pas via cet arbre, mais grâce à un système de gemmes à looter sur les ennemis. Chaque gemme possède un niveau de rareté et pourra débloquer une compétence de ce niveau ou inférieur parmi toutes les compétences du jeu. C’est à dire soit celles logiquement destinées à notre classe mais aussi celles des autres. Ainsi, rien n’empêche d’utiliser une compétence d’une autre classe, il suffit que notre personnage remplisse les conditions associées (niveau et caractéristiques). Les trois caractéristiques principales — Intelligence (mana), Force (vie), et Dextérité (précision) — jouent donc un rôle clé dans l’accès à certaines compétences. Et les joueurs que nous sommes auront une totale liberté sur nos choix à ce niveau puisque l’arbre de talent regorgent de sphère dans lesquels ont peut obtenir un bonus de l’un de ces attributs selon nos aspirations.

Ce système a l’avantage d’offrir une immense liberté, mais il peut être aussi source de confusion, surtout pour les néophytes. Entre les explications parfois obscures, la localisation partielle, et l’absence de tutoriel réellement clair, les débutants risquent de vite se sentir largués. Heureusement, il est possible de suivre la voie traditionnelle (autrement dit en restant sur les choix logique de la classe) pour progresser sans se prendre la tête, ce qui sauve tout de même l’accessibilité générale du jeu.

Il en va de même pour l’équipement, qui bénéficie d’un système d’amélioration assez riche via des orbes à récupérer sur les ennemis. Ces orbes permettent entre autres d’augmenter la rareté d’un item et de lui ajouter des effets bonus aléatoire. Problème : il n’est pas toujours évident de savoir à quel moment il est pertinent d’investir dans l’optimisation ou carrément de changer de stuff. D’autant que, de prime abord, il est assez difficile d’évaluer le véritable potentiel d’une arme ou d’une pièce d’armure. Du moins pour les néophytes. Il faudra donc prendre le temps de s’approprier les mécaniques et de bien creuser le système pour espérer optimiser efficacement son équipement.

Un monde très vaste

Une fois bien préparé, l’exploration se fait via de vastes cartes à parcourir, souvent remplies jusqu’à la gueule d’ennemis qui nous foncent dessus dès qu’ils nous repèrent. On progresse de zone en zone, à la recherche de l’objectif principal, tout en débusquant les boss optionnels cachés ici ou là. Ces derniers, une fois vaincus, offrent souvent des récompenses intéressantes, que ce soit en équipement ou en bonus divers.

Attention toutefois : mourir signifie que tous les ennemis de la zone réapparaissent. Frustration garantie quand on meurt juste avant de faire un backtracking. Tant est si bien qu’au final, le parcours des zones peut s’avérer quelques peu répétitif à la longue. En effet, les trashs mobs n’ont pas de réelles variations dans leur attaques, se contentant principalement de nous attaquer au corps à corps, tandis que quelques autres nous lancent des projectiles à distance. Classique dans les jeux du genre, mais à l’heure de la beta du jeu, il n’y a que quasiment pas d’activité annexe qui viennent briser la monotonie de l’exploration bête et méchante.

Heureusement, les combats de boss viennent sacrément relever le niveau. Ces affrontements sont souvent corsés, avec des patterns bien définis qu’il faudra apprendre à esquiver. Les amateurs de challenge seront ravis, même si les joueurs plus occasionnels risquent de trouver certains combats particulièrement punitifs. Ces boss représentent en tout cas les moments les plus marquants de la phase de leveling, et empêchent la monotonie de s’installer complètement.

Simple beta ?

Sur le plan purement technique, Path of Exile 2 s’en sort plutôt bien sur PS5, même si tout n’est pas encore parfaitement huilé. Le jeu affiche une fluidité constante dans la majorité des situations, y compris lors des affrontements les plus frénétiques où effets de lumière, particules et projectiles envahissent l’écran. Et c’est tant mieux, car dans un hack’n’slash, la lisibilité de l’action et la réactivité des commandes sont tout simplement essentielles.

Cela dit, tout n’a pas été sans accroc. J’ai notamment rencontré quelques plantages, dont un particulièrement pénible qui se reproduisait systématiquement au moment de charger ma sauvegarde. Pendant un court instant, j’ai cru avoir perdu toute ma progression… Heureusement, le problème s’est finalement résolu de lui-même. À cela s’ajoutent quelques déconnexions des serveurs, heureusement pas trop fréquentes. Rien de dramatique dans l’ensemble, on reste dans les tolérances acceptables d’une beta mais compte tenu du caractère payant de cet accès anticipé, c’était la moindre des choses.

Du côté de la prise en main à la manette, le résultat est globalement satisfaisant. Certes, on n’atteint pas la souplesse ni la précision d’un bon vieux combo clavier/souris sur PC, mais la jouabilité a été bien pensée pour les joueurs console. Une fois les combinaisons de touches bien mémorisées, jongler entre les compétences devient assez naturel, même en plein chaos. Seule la navigation dans les menus reste un peu compliqué, mais je pense qu’il aurait été difficile de faire mieux compte tenu de la richesse des informations à afficher.

Au moment où j’écris ces lignes, j’approche des 40 heures de jeu et je suis sur le point de boucler le troisième et dernier acte de cette beta. Autant dire que la durée de vie est déjà très honnête, surtout en sachant que la version finale du jeu devrait en compter six. Il me reste également à découvrir le endgame ou plutôt le endbeta, que je prendrai le temps d’explorer dans une future analyse. Alors, restez connectés !

Path of Exile 2, une bête à naitre

Avec cette première phase de bêta, Path of Exile 2 montre déjà des bases solides. Le gameplay, dense et permissif, ravira les amateurs de theorycraft, tandis que sa direction artistique sombre et léchée parvient à installer une vraie identité visuelle. Tout n’est pas parfait, entre la narration peu engageante, une localisation encore incomplète et la répétitivité de certaines phases, mais on sent un réel potentiel derrière le projet. À condition que Grinding Gear Games affine encore un peu plus son bébé parce que Path of Exile 2 a toutes les cartes en main pour s’imposer comme un grand nom du hack’n’slash. Reste maintenant à voir si la suite, notamment le endgame et les trois actes restants, confirmera ce bon départ.

Vous avez joué à Path of Exile 2 ? N’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez en commentaires ou via nos réseaux sociaux réunis sur notre Linktree.

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