[Critique] Kaiju n°8 tome 1, la métamorphose de Kafka

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Désormais disponible dans l’hexagone, le tout premier tome de Kaiju n°8 nous propose un début d’aventure certes un poil classique mais bourré de qualités.

Déjà autrice de plusieurs séries dont Pochi et Kuro (4 tomes, également dispo chez Kazé), Naoya Matsumoto n’en est pas à son premier essai ni dans le manga ni d’ailleurs sur le Shōnen Jump+, l’alter ego 100% numérique du célèbre magazine de publication manga. C’est sur cette plateforme (qui voit émerger en ce moment des titres à succès comme Spy x Family ou Dandadan) que Kaiju n°8 a explosé des records d’audience, motivant très logiquement une édition papier dans nos contrées que nous vous proposons de découvrir ici.

• Type d’ouvrages : mangas de type shōnen
• Public(s) : tout public
• Maison d’édition : Kazé
• Autrice : Naoya Matsumoto
• Mentions utiles : ouvrage mis à disposition par les Éditions Kazé (article non-sponsorisé)
Liens vers les articles précédents à ce sujet : cliquer ici.

Dilemme kafkaïen

Kafka, 32 ans, célibataire : voici le héros qu’a choisi Naoya Matsumoto pour son incarner son Kaiju n°8. Employé d’une entreprise spécialisée dans le nettoyage des cadavres de kaijus en milieu urbain, l’ami Kafka fait son travail avec fierté et sérieux… mais le temps passe, hélas, et la crise existentielle de la trentaine tape un beau matin (ce qui parlera à un paquet de lecteurs et lectrices, ne rigolez pas). Notre brave héros se rend compte, en effet, que sa vie n’est pas celle qu’il souhaitait et qu’il a peut-être raté sa chance en abandonnant son rêve de rejoindre les forces de défense anti-Kaiju. Malgré tout, et c’est ce qui rend très rapidement le personnage si sympathique et attachant, Kafka aborde son poste avec philosophie et sans faire preuve d’aigreur vis-à-vis de la récente jeune recrue qui ne cache pas son ambition de passer l’examen d’entrée dans les forces spéciales sus-mentionnées. Au contraire, même : Kafka l’encourage et le chaperonne, faisant fi des critiques au sujet de ses propres échecs.

Arrêtons-nous là pour ne pas vous spoiler le plaisir de la découverte, mais précisons tout de même que Kafka est ce genre de héros qui n’a pas besoin de super-pouvoirs pour briller en début d’histoire. Sans pour autant être parfait sur tous les plans (tant mieux), le bonhomme reste droit dans ses bottes face à une situation de vie ou de mort, et ses aspirations héroïques sont toujours aussi intactes malgré l’approche d’une mort certaine. Rien de bien nouveau sous l’astre shōnen, on vous l’accorde, mais voir un trentenaire de la classe ouvrière se démener pour garder la tête haute socialement et personnellement malgré des rêves enfouis, ça nous change un peu des archétypes habituels. L’obtention contre son gré de son pouvoir de transformation (la fameuse « métamorphose de Kafka »*, impossible de ne pas y voir une référence de la mangaka) devient ainsi un dénouement intéressant, surtout si on prend en compte que ces pouvoirs apportent à notre brave Kafka autant de difficultés que d’avantages.

(* bien que le héros de La Métamorphose s’appelle en réalité Gregor)

Kaiju dans la cour des grands

Mais les qualités de Kaiju n°8 ne s’arrêtent pas là. Si le manga de Naoya Matsumoto est doté d’une histoire qui alterne avec talent entre les moments graves et les moments comiques, celui-ci est également une œuvre claire, agréable et très lisible. Aux dessins précis et très propres s’ajoutent un découpage des scènes de qualité qui souligne avec efficacité les moments d’actions intenses. Un découpage qui n’a pas peur de faire défiler les pages au risque qu’un chapitre se lise très rapidement, mais ce détail qui se remarque surtout en lecture hebdomadaire – si vous suivez le manga sur la plateforme légale MangaPlus – devient dérisoire avec un tome entier sous les yeux.

Les phases d’action, en particulier, sont courtes et bénéficient souvent d’un moment-clé où le combat atteint son apogée avec une double page percutante qui nous donne l’impression d’attraper le lecteur ou la lectrice par le col pour lui demander s’il a bien vu la grosse tartine que Kafka vient de coller au Kaiju d’en face. Ce qui explique le succès fulgurant de ces premiers chapitres au Japon et en-dehors : Kaiju n°8 possède le combo magique « histoire divertissante + aspect visuel maîtrisé » qui le place au même niveau que les derniers succès du moment comme Chainsaw Man ou Spy x Family. Et on a hâte de voir ce que l’autrice nous réserve pour les prochains tomes.

Kaiju n°8 est un shōnen pur jus qui a tout à fait compris et maîtrisé les codes de son genre, mais l’autrice réussit ici à ne pas s’y enfermer et nous propose de nouvelles choses afin de façonner un univers qui lui est propre. Difficile, par exemple, de ne pas ressentir une grande sympathie pour ce héros on ne peut plus populaire que ce bon vieux Kafka. Quant à l’action si chère au genre shōnen, celle-ci dépote et ne cherche pas à tirer inutilement les choses en longueur. Un Kafka + un kaiju = une grosse mandale, c’est l’équation parfaitement équilibrée des combats qui nous sont proposés ici. Rajoutez à cela un univers solide avec ses propres mystères, des pics d’humour bien dosés et des personnages secondaires qui viennent enrichir le développement du protagoniste, vous obtenez la recette de Kaiju n°8, notre recommandation du moment.

 

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