[Critique] Oneira tome 1, rêveries d’une promeneuse solitaire

Critique manga Oneira Kana

Si vous êtes en manque de héros pourfendeurs de monstres, dont la froideur apparente n’a d’égale que leurs tourments et leur grand cœur, ça tombe plutôt bien : le manga français Oneira, édité par Kana, risque fort de vous plaire.

• Type d’ouvrage : manga de type seinen
• Genre(s) : dark-fantasy
• Public(s) : post-ados, adultes
• Maison d’édition : Kana
• Auteurs : Jillian Cabaret dit « Cab » (scénario), Federica Di Meo (dessins)
• Mention(s) utile(s) : tome 1 mis à disposition par les éditions Kana (article non-sponsorisé)

 

Un récit de Cab et d’Épeire

N’est pas mangaka qui veut, et rares sont les auteur·ice·s hors du Japon qui peuvent se targuer d’avoir réussi à s’approprier un genre qui possède tout un ensemble de codes bien précis. Et encore plus rares sont celles et ceux qui arrivent jusqu’à l’étape de la publication et du succès. C’est pour ces raisons qu’à la rédac’, chaque manga français est une véritable curiosité que l’on découvre avec un mélange de fierté et d’admiration. Dans le cas présent, il nous est donné l’occasion de jeter un œil au franco-italien Oneira, l’un des derniers titres édités par Kana dans sa collection réservée aux seinen : Dark Kana.

L’univers d’Oneira est écrit par Jillian Cabaret, alias Cab, un auteur français que certain·e·s connaissent peut-être déjà pour son travail sur D’Encre et de Feu, un manga publié aux éditions H2T. Un auteur passionné par la saga The Witcher d’Andrzej Sapkowski, par ailleurs, ce qui explique peut-être ce sentiment familier face à la brutalité froide et professionnelle qui exhale de la protagoniste dès sa première apparition. Une référence qui se retrouve peut-être aussi dans l’occupation de son héroïne, Arane Heos, une « Épeire » dont l’occupation principale est de pourfendre des « cauchemars », des monstres se nourrissant principalement d’émotions négatives et qui font l’objet d’un bestiaire très précis.

Visuellement, cet univers mature et sombre est parfaitement servi par la dessinatrice Federica Di Meo. Le trait somptueux de l’artiste ajoute ici des oasis de lumière dans un monde de ténèbres à travers sa représentation de la protagoniste dont le charisme guerrier brille à chaque instant, même douchée par trois litres de sang. On remarque d’ailleurs que si tous ses personnages sont dessinés avec soin, ce sont les visages des personnages féminins qui bénéficient le plus du talent de Di Meo, ceux-ci faisant souvent l’objet d’une grande finesse.

Oneira, où tu voudras quand tu voudras

Situé dans un univers de type dark-fantasy, ce tome 1 d’Oneira nous propose un récit qui prend racine dans un monde qui nous fait penser à un mélange de Moyen-Âge tardif et de Renaissance agrémenté de quelques touches de Steampunk. Surnommée la « Croque-Mitaine », l’héroïne est une tueuse professionnelle qui travaille pour l’Ordo Sancti, un ordre religieux voué à la destruction des cauchemars. Ces derniers se déclinent en une multitude d’espèces qui possèdent leurs propres spécificités. Le Klappern, par exemple, naît des songes sur la mort ou l’héritage ; le Phantasma, quant à lui, naît des ambitions profondes. Chaque cauchemar a ainsi ses propres origines et ses propres forces et faiblesses qu’il convient d’exploiter afin de pouvoir les vaincre.

Prenant la forme d’une origin story pour plusieurs de ses personnages principaux, ce tome 1 d’Oneira pose avant tout les bases de son intrigue principale. On y découvre évidemment l’héroine, Arane, mais également son page et acolyte Bastione, ou encore Vénus, une jeune fille aux origines mystérieuses. Globalement, ce premier tome Oneira est agréable à lire, autant sur le point visuel que scénaristique. Si on note toutefois une première scène d’action parfois peu lisible, cela ne suffit pas pour autant à ternir l’ensemble de ce premier ouvrage qui promet de belles choses pour la suite.

Oneira est une belle découverte, un manga aussi joli vu de l’extérieur que de l’intérieur, et dont l’histoire et la protagoniste réussissent à susciter l’intérêt dès les premières pages. Avec la froideur brutale d’un Geralt et la grâce férale d’une Ciri, la protagoniste Arane Heos s’impose rapidement dans un récit qui affirme sa propre identité au-delà de ses quelques gènes de sorceleur qui apparaissent en début d’aventure. Une aventure qui s’annonce d’ailleurs passionnante, au vu de ce qui nous est narré dans ce tome 1. Vivement la suite.

 

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