[Bar à Jeux] Orléans: un classique toujours aussi haletant !

Orléans

Orléans revient chez Matagot avec une nouvelle édition. La moindre des choses que l’on puisse dire, c’est que cela reste un véritable plaisir de se plonger dans ses mécaniques. En plus, les extensions sont de la partie.

Prix : 35,00 €
Temps moyen : 90 min
Nombre de joueurs : 2 à 5
Âge conseillé : 12+
Auteur : Reiner Stockhausen
Éditeur : Matagot
Illustrateur : Klemens Franz
Mécanismes : Bagbuilding, placement
Version fournie par l’éditeur.

Un peu de blabla…

Orléans est un classique apprécié par l’ensemble de la communauté ludiste. Il revient en septembre 2020 avec une réédition (le 5e joueur compris) et les extensions Invasion (introduisant le mode coopératif) et Commerce et Intrigue (avec du contenu en plus). Autant vous dire que ses mécaniques n’ont pas vieilli et se montrent toujours aussi captivantes.

Orléans, c’est quoi le topo ?

Orléans se place dans un cadre médiéval tiraillé par les luttes d’influence et de pouvoir. Pour sortir vainqueur, vous devrez vous entourer des meilleurs partisans. Ces derniers sont d’ailleurs au centre de la mécanique de bagbuilding très inspirée. Celui qui gagne est le joueur qui aura récolté le plus de points mais c’est une course au scoring orginale qui se lance dans le titre réédité par Matagot.

Attardons-nous sur les plateaux et composantes du jeu…

Orléans est un jeu de bagbuilding (on construit son sac) bien rôdé dans lequel il faudra donc optimiser son sac pour effectuer le plus d’actions (ou les meilleures) possibles. Comment ça se présente ? Regardons et détaillons plateau après plateau.

Du côté du joueur, on commence avec 4 jetons partisan différents (un fermier, un batelier, un artisan, un commerçant), un plateau de jeu personnel sur lequel on décide des actions à réaliser, 5 sous et un sac dans lequel on place les partisans une fois que l’on a effectué des actions avec.

Une cohérence iconographique qui rend le jeu accessible rapidement.

Orléans n’est pas difficile à expliquer pourtant ses mécaniques sont plus difficiles à maîtriser qu’elles ne le paraissent. Cette accessibilité est due aux codes couleurs qui dominent les différents plateaux de jeu. Chaque partisan est caractérisée par sa couleur et cela facilité la compréhension des actions et des bonus que cela entraîne. Ainsi, chaque partisan demeure important et est requis pour enclencher différentes actions du plateau. Néanmoins, on ne pourra pas tous les employer à leur potentiel maximum. Il sera important de faire des choix et donc préparer des stratégies en fonction.

Apportons plus de clarté à notre propos avec une plongée dans le plateau qui caractérise si bien Orléans.

Les plateaux de jeu, lieux et actions:

À chaque lieu son action spécifique. Les lieux dans lesquels vous vous dirigerez entraîneront donc le recrutement d’un partisan et l’avancée sur une piste du jeu (sur le plateau commun). C’est ce qui fait toute sa beauté et toute la fluidité du jeu en cours de partie. Quelques exemples en quelques lignes et en quelques photos.

  • Dans le plus simple des cas. Si je veux recruter un fermier supplémentaire (couleur: blanc), je dois alors poser dans l’endroit qui lui est dédié un batelier (couleur: bleu) et un artisan (couleur: marron). Une fois l’action réalisée, je range mes deux jetons (bleu et marron) ainsi que celui que je viens de recruter (le blanc ici) dans mon sac. Au début du tour, j’aurai espoir de pouvoir les jouer et déclencher d’autres actions.
  • Dans un cas plus « évolué ». Si jamais je veux me rendre au monastère, je dois y emmener un jeton commerçant (couleur: noir) et un jeton érudit (couleur: gris). Problème, l’érudit ne fait pas partie des jetons de départ, je dois donc l’acquérir au préalable. Comment ? En me rendant dans le lieu Université qui exigera lui les présences des jetons Fermier, Artisan et Commerçant.

En marge de cette récupération de jetons Partisans, on avance aussi nos pions sur les différentes pistes de personnages qui octroient des bonus. Nous trouvons donc:

  • La piste des fermiers (blanche comme le jeton): elle permet de récupérer des ressources au fil de notre avancée, de se prendre un bonus ou un malus selon les positions des joueurs sur cette même piste.
  • La piste des artisans (marron): en plus de prendre votre jeton artisan, vous récupérez un jeton Technologie qui se pose de manière permanente sur un des lieux de votre plateau personnel (il couvre un requis, économise donc un jeton, facilitant votre planification d’actions).
  • La piste des commerçants (noir): celui-ci est aussi primordial puisque vous prendrez un jeton commerçant ET une tuile Lieu qui vous permet d’avoir à disposition un nouveau Lieu, donc une nouvelle action à réaliser et qui est souvent avantageuse si elle est bien exploitée.
  • La piste des bateliers (en bleu): elle booste vos économies puisqu’elle vous donner une quantité de pièces à chaque passage.
  • La piste des chevaliers (en rouge): elle n’est pas à négliger non plus. En plus d’être un élément indispensable pour voyager et poser des tavernes (on en parle plus bas), elle augmente le nombre de jetons que vous piochez dans le sac. En début de partie, vous ne piochez que 4 éléments. Si vous boostez cette piste, vous pouvez piocher jusqu’à 8 jetons par tour. Une piste indispensable.
  • La piste des érudits (en gris): elle permet d’avancer sur la piste de développement juste en-dessous d’elle. C’est primordial de s’y rendre afin de tenter de choper des pièces en plus et des multiplicateurs de score pour la fin de partie.

Vous devinez. En choisissant de vous rendre un lieu, vous décidez aussi du bonus que vous souhaitez obtenir et des jetons qui caractériseront votre sac. C’est donc par triple intérêt que vous penserez vos actions à chaque tour. Vous avez besoin de jetons, de bonus, de ressources, de sous, d’avancer sur les pistes et pour cela, vous devez donc vous rendre sur les bons lieux.

Tout l’intérêt du jeu sera donc de bien maîtriser le contenu de son sac, de réaliser plusieurs actions dans le même tour, de préférence qui s’inscrivent dans une stratégie précise pour les tours suivants. Par exemple, la piste bleue peut-être intéressante car chaque sou vous apporte 1 point à la fin de la partie. Ce n’est pas tout, il existe une tuile (à prendre chez la piste noire) qui vous permet de considérer le batelier comme un joker remplaçant aussi d’autres couleurs et partisans. Cela peut représenter une stratégie de se concentrer dessus pour progresser plus rapidement.

D’ailleurs, revenons sur les points importants du jeu, les facteurs de score. Elles nous amènent vers d’autres actions du plateau car dans Orléans, il faut être actif sur plusieurs fronts. En plus des pistes évoquées plus haut, il faudra gérer ses déplacements et ses marchandises.

La carte et ses trois actions:

On trouve sur la carte plusieurs villes de l’époque médiévale (et encore aujourd’hui) et on commence tous à Orléans. Les villes sont toutes reliées entre elles par des voies navigables et des routes terrestres. Sur chacune d’entre elles, on retrouve des marchandises (brocart, laine, vin, fromage et céréales). Ces ressources sont importantes car elles valent des points si jamais elles sont encore en votre possession en votre partie (5 points par brocart, on ne crache surtout pas dessus).

Comment les collecter ? De la même façon que l’on se rend dans les lieux, en utilisant nos partisans pour enclencher l’action déplacement. Ainsi:

  • Se déplacer en bateau exige trois partisans (blanc, rouge, bleu). Une fois que vous les avez recouvert sur le plateau de jeu, vous choisissez quel fleuve prendre. Bien sûr, il doit être raccordé à la ville dans laquelle vous vous trouvez. Certaines ne sont entourées que de fleuves, d’autres que de routes terrestres.
  • Se déplacer en charrette. Trois partisans requis également (blanc, rouge, noir). Même principe, vous prenez une route et collectez la ressource qui s’y trouvait.
  • La guilde. Une troisième action – qui demande aussi ses trois partisans – pointe le bout de son nez et vous invite à installer des tavernes. Elles ont aussi leur importance car elles représentent un facteur de score en fin de partie.

Enfin, les bienfaisances à partir de la mairie permettent de sacrifier quelques jetons contre des pièces ou une avancée sur la piste de progression. Elles peuvent permettre de mieux gérer la quantité de partisans dans son sac.

Au total ce sont de nombreuses actions qui sont disponibles, des partisans que l’on veut optimiser et le tout pour scorer par tous les moyens. D’ailleurs comment on score ?

Scorer par différentes voies:

  • Les citoyens: il existe des jetons Citoyen distillés aux 17 coins des plateaux. On en trouve sur des pistes de partisans, indiquant ainsi qu’il faut se dépêcher de développer certaines pistes plus vite que d’autres. On en trouve aussi sur la piste de progression, de quoi se pencher sur les érudits. Sur la carte, on la trouve aussi et il sera approprié par celui qui installe le plus de tavernes de guildes.

Les auteurs d’Orléans tiennent donc à récompenser toutes les stratégies, à apporter de la rejouabilité. Si jamais ces citoyens n’existaient pas (ou moins), cela amènerait probablement certains joueurs à pencher toujours pour la même stratégie. Or, on contre aussi le hasard. Si jamais la pioche n’est pas satisfaisante, vous pouvez toujours vous dire que vous changez d’option le temps de ce tour ou à moyen/long terme.

  • Les citoyens sont donc primordiaux car le calcul du score les implique directement, par ce schéma:

(Nombre de tavernes/guildes installées sur la carte + Citoyens obtenus) x le multiplicateur = une partie de votre score. C’est-à-dire que si vous avez installé 4 tavernes et obtenu 2 citoyens pour un multiplicateur à 4, vous découlez sur un (4+2) x 4 = 24.

  • Les ressources: À la fin de la partie, vous calculez à l’unité vos ressources. Si vous avez quatre bouteilles de vin, vous aurez 3×4 points (12). Et vous réitérez pour chaque ressource.
  • Les pièces: 1 point par pièce.

Voici donc au final 6 facteurs de score qui impliquent de multiples stratégies. C’est aussi ce qui rend le jeu fascinant. Il n’existe pas qu’une seule façon de scorer mais moult paramètres d’établir une tactique selon le tirage et les choix adoptés. On ne se trouve jamais à l’arrêt. On trouve toujours un moyen de progresser et d’avancer sur le plan stratégique et du score.

On repart vraiment avec d’agréables sensations de jeu.

Je me suis lancé dans des parties à 2 et à 3 joueurs. Le jeu reste bien pensé pour ces deux configurations et adapte même ses règles et quelques détails selon le nombre de joueurs.

Des mécaniques au top. Sur Try aGame, on fera donc le choix de le mettre dans la catégorie Expert (qui accueille aussi quelques jeux dits « intermédiaire »). Accessible à tous, facile à comprendre, difficile à maîtriser.

Ses mécaniques sont donc simples à assimiler, on ne se perd pas trop dans le hasard lorsque l’on débute. On tâtonne forcément lors de la première partie car on se demande si on fait les bons choix. Mais nos actions boostent forcément nos possibilités et notre progression. De ce fait, on peut établir une stratégie selon nos placements. Le hasard de la pioche fait qu’on ne peut pas trop se calquer sur les autres.

D’ailleurs, ce qui est d’autant plus plaisant dans ce mélange de placement et de bagbuilding, c’est qu’il existe bien des stratégies pour gagner. Aucune n’est meilleure que l’autre. L’essentiel c’est de l’appliquer correctement, de prier pour ne pas que la malchance bouffe notre stratégie de base et d’optimiser le sac pour faire un maximum d’actions adéquates.

Enfin, on retrouve des tactiques pour diminuer le hasard de la chance. Réduire le nombre de jetons en envoyant des partisans à la mairie. Laisser des partisans sur son plateau afin de les utiliser au tour suivant et de faire grimper le nombre d’actions réalisable par la suite. Ce sont vraiment nos décisions qui importent dans Orléans et c’est pour cela que l’on part avec 4 partisans et possibilité d’en piocher 5 ensuite. Comment gérer son sac ne dépend que du joueur.

Les règles d’Orléans se lisent très bien, elles s’expliquent aussi facilement. Si vous souhaitez initier des joueurs à des jeux qui tendent vers la catégorie Expert, vous pouvez commencer par là. S’il est accessible, la victoire dépend seulement de la stratégie adoptée et de la gestion du sac et des placements.

On regrette néanmoins des soucis de production sur les tuiles Évènements sur lesquelles il n’y a pas de précision « A », « B » ou « C » alors que cela détermine normalement leur ordre de pose, comme indiqué dans les règles.

Si l’explication des règles est facile, la mise en place du matériel et des plateaux reste très longue et fastidieuse. Seul(e), elle peut rapidement lasser alors on vous conseille vivement d’installer Orléans à plusieurs. De même pour le rangement du matériel.

On vous recommandera donc d’anticiper les prochaines parties en triant le matériel, couleur par couleur, dans des sachets zips. Vous gagnerez bien des minutes.

Pour le reste, le déroulement de la partie reste fluide dès le début et on enchaîne rapidement les tours. Le rythme est continu et agréable. Même si en milieu de partie, vous prenez le temps de la réflexion sur les actions à réaliser, cela ne casse pas le rythme et c’est tout à fait légitime d’approfondir son temps de réflexion pour décider des actions à effectuer. Ce n’est pas non plus plusieurs minutes donc personne ne devrait allumer son téléphone pour lire les actus Try aGame ! (même si vous le pouvez :p ).

Les illustrations d’Orléans collent parfaitement au thème médiéval et on s’y plonge facilement.

L’ensemble est donc soigné, bien dessiné et assez agréable à l’œil pour que l’immersion soit au rendez-vous.

Enfin, le matériel est de qualité et on ne risque pas de l’abîmer. Il n’y a pas de thermoformage mais les sachez zips et les plateaux s’emboîtent facilement.

Les parties sont dynamiques car le rythme des tours est rapide et la planification simultanée.

Quant à l’interaction, elle est présente car les joueurs se disputent des ressources et des bonus de score sur les différentes pistes. Mais ne vous attendez pas à impacter directement le sac ou les placements de vos adversaires.

L’ambiance est donc compétitive, avec de la concentration permanente. Cela dit, les joueurs expriment volontiers leur joie d’avoir les jetons qu’ils espéraient ou leur déprime d’avoir raté leur pioche dans leur sac. En clair, la table n’est pas silencieuse. C’est souvent le cas avec les jeux de bagbuilding.

Récapitulons : Orléans m’a plu un peu, beaucoup ou à la folie ?
(ou pas du tout…)

Orléans réserve des soirées captivantes autour de la table. Ses mécaniques de bagbuilding et de placement relèvent d’une grande ingéniosité. L’iconographie favorise son accessibilité sans pourtant mettre en péril son aspect stratégique. Des tactiques diverses et variées, une bonne ambiance autour de la table, une réflexion permanente et une gestion du scoring inspirée. Hormis peut-être sa mise en place plutôt longue, Orléans a tout pour plaire et on ne peut que vous conseiller de vous y plonger avec cette réédition et ses extensions dont les chroniques ne tarderont pas à venir sur Try aGame!

note5 ghost stories viticulture joraku cowboy bebop everdell
Ambiance (calme/vivant)
Interaction
Mécaniques
Clarté de l'iconographie

C'est tout ?

Orléans a été réédité et sa sortie coïncide avec les extensions Invasion qui apporte le solo et la coopération mais aussi Commerce et Intrigue qui amène bien plus de contenu.

Ces deux extensions seront présentées sur Try aGame dans les jours qui viennent, notamment la très attendue Invasion.

N’hésitez pas à nous donner votre avis sur ce jeu si vous aussi vous l’avez testé via les commentaires sous l’article. Vous pouvez également venir nous rendre une petite visite sur nos réseaux sociaux : Twitter, Facebook, Instagram, Twitch, Youtube et notre compte curateur Steam.

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