[PREVIEW] Fire Emblem: Fortune’s Weave

fire emblem fortune's weave

 

Fire Emblem: Fortune’s Weave est prévu pour le 17 septembre en exclusivité sur Nintendo Switch 2. Les créateurs du jeu ont décidé d’axer le scénario du jeu autour des Jeux Héroïques au cours desquels les plus grands combattants s’affronteront. Après plus de 20 heures de jeu, analysons ce que ce tactical RPG a dans le ventre.

Fire Emblem: Fortune’s Weave fait son entrée sur Nintendo Switch 2, trois ans après FE Engage qui avait laissé notre cher Soren sur sa faim, surtout en ce qui concerne son écriture. Il faut avouer que FE Three Houses avait placé la barre très haute. Ce 17 septembre, on pourra estimer si les créateurs du jeu auront su rebondir avec FE Fortune’s Weave. Après 25 heures de jeu, chronomètre à l’arrêt, on se permet de donner un premier aperçu du jeu et ce qu’il réserve en matière de mécaniques de jeu.

Destins croisés

L’histoire de Fire Emblem: Fortune’s Weave repose sur 4 personnages principaux : Cai, Dietrich, Theodora et Leda. Ce qui est agréable, c’est qu’il est possible d’alterner entre les 4 scénarios en recommençant le prologue, sans perdre sa progression dans chacune des intrigues. De notre côté, nous avons commencé avec Cai.

  • Cai, le gamin prodige.

Cai a grandi avec son père. Enfin, il a surtout été éduqué par son père, et à la dure ! Si bien qu’il est, à seulement 15 ans, un garçon très doué pour le combat. Heureusement pour nous, il se voit conférer une autre destinée que devenir le meilleur guerrier de son village. En lieu et place de ce brillant avenir, ce jeune homme de 15 ans commence un périple vers Dagsion, la capitale du royaume, pour sauver son père voué à finir sur le bûcher. Le voilà, notre héros de jeu vidéo, déjà privé de sa mère, prêt à changer ce futur désastreux.

La seule solution qui s’offre à lui, c’est de s’inscrire, avec ses 2 amis d’enfance, aux Jeux Héroïques. Le vainqueur verra un de ses voeux exaucés par la plus haute autorité du royaume. Vous devinez que Cai compte en profiter pour libérer son père de ses chaînes. Très rapidement, le studio Intelligent System nous fait comprendre qu’il s’agit seulement de la quête personnelle de Cai. Or, il ne sera pas le seul protagoniste du scénario. De nombreux personnages font leurs apparitions, y compris Dietrich, Theodora et Leda. On devine alors que leurs destins vont s’entremêler tout au long de ces Jeux.

  • Dietrich, l’épéiste sanguinaire

Après Cai, nous avons décidé de poursuivre notre session avec Dietrich. L’introduction du bretteur est complètement différente, ses motivations aussi. Muni d’une arme exceptionnelle, il est obsédé par les duels, cherchant sans cesse des adversaires à affronter. Sa rencontre avec une créature légendaire va l’obnubiler au point de diriger son objectif principal vers les Jeux Héroïques. Si Cai veut sauver son père, Dietrich souhaitera obtenir des moyens extraordinaires avant une potentielle rencontre avec le fameux monstre.

Il fait rapidement la rencontre de Fabio, un autre protagoniste qui baigne un peu dans le loufoque, et très vite on se demandera lequel des 2 est le plus fréquentable. Chaque fois que ces deux-là discutent, on en apprend bien plus sur le lore, autour d’un fil scénaristique qui prend un peu plus d’épaisseur au gré de nos rencontres avec les autres acteurs de l’histoire. On est agréablement surpris de constater que Fabio est loin de n’être qu’un personnage secondaire, il participe activement à l’intrigue, bien plus que Dietrich d’ailleurs, et c’est d’ailleurs lui qui mène souvent la troupe vers de mystérieuses destinations, avec de gros enjeux à la clé, sans vouloir divulgâcher.

  • Theodora, la voix du peuple

L’histoire de Theodora commence en trombe. Destinée à hériter du trône, elle voit son frère cadet manigancer dans son dos, et tenter de prendre la couronne à sa place. Résultat, elle perd beaucoup dans ce coup monté (père et bras droit, littéralement..). Cependant, vous vous doutez que si elle participe aux Jeux Héroïques, c’est qu’elle est sortie vivante de cet attentat. D’ailleurs, si vous aviez commencé l’aventure de Cai, vous croisez rapidement sa route dans la capitale. En véritable régente de son royaume, elle annoncera rapidement ses intentions au gouverneur de Dagsion quant à sa participation aux Jeux.

Cela montrera aussi une toute autre dimension politique dans l’intrigue du jeu, entre autres, tout en affichant le ressentiment d’autres castes pour Theodora. Encore une fois, Intelligent System souhaite nous montrer différentes facettes de l’histoire, et empile les couches scénaristiques sans toutefois nous perdre. Au gré des combats, on fait des rencontres inédites qui dévoilent de nouvelles intrigues, confirmant ainsi qu’il se joue bien plus que des Jeux Héroïques ici ! De nombreuses ficelles sont tirées dans l’ombre et tout cela est particulièrement captivant.

  • Leda et ses quelques notes de vengeance

L’entrée en scène de Leda est brutale. Dès les premières minutes de jeu, elle assiste, impuissante, à l’assassinat de son père. Dès lors, elle entre en mode Beatrix Kiddo (de Kill Bill) afin de se venger de tous les responsables de la mort de son paternel. Sa rencontre avec la première cible nous permet de faire connaissance avec deux de ses prochains compagnons. Ce qui nous invite une nouvelle fois à constater la qualité de la construction du scénario de Fire Emblem: Fortune’s Weave. Chaque nouveau protagoniste apporte un peu plus de connaissances aux contextes politique et sociétal de la région. On apprend souvent en même temps que le héros ce qui se trame grâce aux quêtes des persos secondaires, ou grâce à leurs précisions et savoirs sur le monde qui les entoure. Et dans l’axe scénaristique de Leda, les faits divers ne sont pas joyeux.

Au niveau du gameplay, le scénario de Leda nous réserve quelques surprises comparé aux 3 autres. C’est une grande incantatrice qui se sert de son instrument de musique pour atteindre ses cibles. Mais Intelligent Systems ne va pas s’en servir uniquement pour cela. Dans les premières heures de son aventure, elle retrouvera une rivale qui nous offrira un défi de taille, la vaincre dans un jeu de contrôle de territoire, avec des mécaniques qui s’apparentent à un jeu de plateau. Il m’a bien fallu 2 ou 3 tentatives pour en venir à bout, mais ce duel s’avérait vraiment rafraîchissant et changeait totalement la façon de penser un tactical.

Croiser le fer

Fire Emblem: Fortune’s Weave alterne les séquences pour rythmer intelligemment son récit. Tantôt des cinématiques, tantôt de la narration par simple texte avec une image de fond, tantôt des scènettes. L’exploration est également double, voire triple. Pour se déplacer d’un lieu à un autre, ou d’une région à la suivante, on se déplace sur une carte du monde. Les déplacements sont comptés en tours, et ces tours sont comptés. Il faudra donc faire un choix : explorer le monde sur cette fameuse carte pour farmer, trouver des ressources, découvrir de nouveaux lieux, marchander ou compléter des quêtes annexes. Cette carte donne accès à des combats rapides, ou des affrontements avec plus d’enjeux, mais aussi à l’exploration de zones infestées d’ennemis avec des coffres de trésors à la clé. S’entraîner dans la ville est aussi une option. Cela présente comme avantage de pouvoir tout automatiser.

On regrette malheureusement que ce chapitre 4, celui où nos 4 héros arrivent aussi dans la capitale afin de participer aux Jeux Héroïques, les quêtes annexes et les interactions avec les personnages sont exactement les mêmes pour tout le monde. Ceci nous inscrit dans une forme de redondance que l’on aurait apprécié éviter. Chaque héros est originaire d’une région différente, il aurait été inspiré de les diriger vers des recoins différents de la map, ce qui ne nous forcerait pas à réaliser les mêmes missions, explorer les mêmes lieux et combattre les mêmes ennemis. Néanmoins, cela ne concerne que les missions annexes, soit 15 à 20 minutes de jeu, les différences existent ensuite. Par exemple, l’emploi de Damnation, la lame de Dietrich, qui agit comme un radar, indiquant si un ennemi redoutable se trouve dans les environs… Les représentations de Leda sont sa caractéristique pour l’exploration, le recrutement pour Theodora…

Ainsi, la nature de l’aventure de Dietrich est bien plus axée sur les combats tandis que l’on retrouvait davantage un côté aventurier à Cai. Bien que le jeu automatise la tâche, il est de notre devoir de s’occuper des équipements de toute notre équipe. On pourra ainsi choisir le profil de chaque combattant (archer, magicien…) et accentuer par la suite en optant pour la classe de nos équipiers, ou des mercenaires que l’on recrute. Cela permettra de grimper plus rapidement en niveaux et de gagner en puissance. Quant à Theodora, elle fédère de nombreuses troupes autour d’elle, et le gameplay va aussi s’actionner autour de ça.

En tant que RPG, on ne sera pas étonné de pouvoir améliorer les armes et objets de notre équipe. Dietrich se voit même offrir la possibilité, pour lui et son équipe, d’upgrade son armement en dépensant des ressources dans un temple. Intelligent System a tout de même voulu rester cohérent. On peut acheter de fabuleuses armes à des marchands, ce n’est pas pour autant qu’on pourra les utiliser très tôt dans le jeu. Une arme peut demander une maîtrise de rang A, B ou C, donc si votre attribut en question est scotché au rang D, il faudra s’armer de patience. Mais pas d’inquiétude, en augmentant de niveau, chacun apprendra des capacités. Dès les premières minutes de jeu, dans l’histoire de Cai, on a bien vu que nos amis ne sont pas des peintres. Les équiper c’est bien, pouvoir les jouer lors des combats, c’est mieux. Et c’est ce qu’il est possible de faire dans Fire Emblem: Fortune’s Weave…

Le fer de lance du tactical

Pour ceux qui ignorent les caractéristiques du tactical, elles sont rapidement visibles en combat. L’arène est ainsi quadrillée, et contrairement aux RPG tour par tour « classiques », il est indispensable de gérer les déplacements de son équipe, et d’anticiper ceux de vos ennemis. Chaque combattant dispose de ses propres caractéristiques, donc tous ne progresseront pas d’un nombre de cases équivalent. De même, on peut parfois répondre aux attaques de l’adversaire (et l’ennemi aussi peut le faire) selon nos caractéristiques, esquiver des offensives, ce qui rend l’issue du combat parfois indécise.

Bref, dans ces conditions, toute équipe sera heureuse de compter un archer qui peut attaquer à distance, un magicien qui peut envoyer des flammes (par exemple, d’autres éléments sont en jeu), des cavaliers, et bien d’autres classes que l’on découvre au fur et à mesure de notre progression. L’ennemi s’appuiera sur cette diversité des profils, et lorsque ce ne sera pas le cas, il faudra réfléchir au combat en fonction. Les rôles de chacun ne sont pas figés, et on peut très bien donner une lance à notre archer si ses flèches sont inefficaces.

Ce qui est d’autant plus plaisant dans Fire Emblem: Fortune’s Weave, c’est la possibilité d’incarner d’autres combattants qui ne sont même pas dans notre équipe. Quoiqu’il en soit, ces Jeux Héroïques mèneront nos héros à des affrontements multiples dans des arènes qui présenteront des avantages et des inconvénients. Le jeu nous met quelques bâtons dans les roues, des obstacles dans l’arène de combat qui sont souvent à notre désavantage, l’idée derrière, ce sera de possiblement les tourner à notre avantage. Les affrontements demandent de l’anticipation, autant sur la question des déplacements, le positionnement que les soins de nos troupes, puisque le jeu nous obligera à recommencer le combat en cas de Game Over, ou à utiliser un petit rewind pour revenir au dernier tour, ou tour précédent, nous invitant à ne pas reproduire les erreurs précédentes.

On apprécie également l’introduction de ces combats d’arène. Comme à l’époque des Colisée romains, le metteur en scène de ces combats précise que le spectacle qui va suivre est un hommage à des batailles qui ont eu lieu jadis. Comme c’est le cas au cours des 20 à 30 premières heures de jeu, la mise en scène cache un grand travail de la part des développeurs. Le contenu scénaristique et la direction artistique s’avèrent généreux et montrent l’importance qu’ils ont accordée à l’histoire du jeu et la contextualisation des événements qui ont lieu devant nos yeux. Le jeu affiche autant de cinématiques, d’explications, de dialogues, que de séquences de combats. Intelligent System a trouvé un équilibre qui profite au rythme et qui nous maintient captivés devant cette trame scénarisée avec ingéniosité et maîtrise.

Après ces 25 heures de jeu consacrées aux 4 héros de Fire Emblem: Fortune’s Weave, le constat est sans équivoque : la licence semble avoir retrouvé ses lettres de noblesse quant à l’élaboration d’une intrigue qui nous tient en haleine dès les premières heures de jeu. Les 4 récits s’entretiennent et épaississent un fil scénaristique qui nous en dit beaucoup, mais pas trop, et on repart avec énormément d’interrogations sur le rôle de chacun dans cette intrigue. De plus, Intelligent System reste très généreux au niveau de la mise en scène de ses personnages hauts en couleur, et n’oublie pas de nous livrer des mécaniques intéressantes de tactical RPG. Reste à vérifier si elles évoluent intelligemment au cours du jeu, si elles prennent du volume, et si l’histoire du jeu finit aussi bien qu’elle commence. En attendant, tous les signaux sont au vert pour une aventure dantesque !

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