[Critique] Chainsaw Man : découverte des tomes 10 et 11

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Chainsaw Man atteint sa conclusion avec les tomes 10 et 11. Une fin qui n’en est d’ailleurs pas vraiment une, Tatsuki Fujimoto ayant annoncé qu’il ne s’agissait que de la première partie.

• Type d’ouvrage : manga shōnen
• Public conseillé : post-ados / adultes (violence graphique)
• Maison d’édition : Kazé Manga
• Auteurs : Tatsuki Fujimoto
• Mentions utiles : ouvrages physiques mis à disposition par Kazé pour cet article (non-sponsorisé)
Lien vers nos articles sur cette série : tomes 1 à 3, tomes 4 à 6, tomes 7 à 9, tomes 10 et 11

Ange et démon

Le tome 9 avait déjà bien amorcé l’escalade de violence et de tragédie qui amorçait la fin de Chainsaw Man. L’arrivée du démon-flingue, la fin tragi-grotesque d’un ami cher, les révélations des vraies couleurs de Makima… tout semblait déjà converger vers un seul point, peu importe la nature de celui-ci. Le tome 10 enchaîne ainsi naturellement avec un Denji moralement épuisé et complètement perdu. Le jeune garçon en pleine construction de lui-même que nous suivions depuis le tome 1 a certes évolué sur plusieurs aspects, mais la vie simple et paisible qu’il espérait lui devient de plus en plus inaccessible au fur et à mesure des drames qui parsèment son quotidien à intervalles réguliers et avec une ampleur croissante. C’est d’ailleurs à ce moment que Makima endosse son rôle de soutien moral avec un timing qui défie tout hasard…

Ce tome est sûrement l’un des plus réussi sur le plan des révélations et de l’action. Makima ne se cache plus, ni sa nature ni ses intentions, et on apprend enfin qui est le démon-tronçonneuse. Et même si on regrette parfois des justifications un peu brouillonnes qui peuvent laisser penser que l’auteur rattache les bouts de ficelles pour tisser sa conclusion, l’ensemble tient quand même la route avec des symboliques et des développements psychologiques qui font sens. Mention très bien au passage dans le fast-food, d’ailleurs, qui remet en avant tout le talent de Tatsuki Fujimoto pour le gag de répétition et surtout la puissance d’impact de ses scènes fixes, comme nous l’avions évoqué dans notre article précédent.

Chainsaw Man go brr

Le tome final, quant à lui, se concentre sur l’émotionnel et nous présente un Denji forcé de mûrir à grande vitesse malgré qu’il soit toujours un adolescent perdu dans un monde d’adultes sans pitié. Mais la conclusion nous fait également l’honneur de remettre Power sur le devant de la scène avec des passages émouvants qui ne tombent – et c’est appréciable – pas dans le cliché des amoureux qui se découvrent. Du début à la fin, Tatsuki Fujimoto a ainsi pris le parti du binôme garçon-fille avec un lien qui s’est renforcé au fil du temps sans ne jamais tomber dans certaines ficelles bien connues du shōnen. Et c’est ce qui rend la relation Denji-Power si poignante, si sincère, si adorable dans ce tome 11.

C’est aussi l’occasion pour le manga de clore la liaison dangereuse entre Denji/Chainsaw Man et Makima avec un final dont l’ironie du dénouement n’échappera à personne. Un tome qui permet d’ailleurs d’apprécier l’écriture de l’une des antagonistes les plus intéressantes du paysage manga récent, Makima, qui a su représenter le concept-même de contrôle et de domination sans ne jamais – là non plus – tomber dans les travers de beaucoup de shōnen incapables de développer un personnage féminin puissant et influent sans faire usage d’une sexualisation traitée avec banalité et souvent hors de propos. Et c’est une qualité que l’on aura pu remarquer chez d’autres personnages de Tatsuki Fujimoto : ceux-ci sont solidement ancrés dans une vision réaliste des relations humaines, sans exacerbation théâtrale de bons sentiments ou de stéréotypes éculés et toujours avec le souci de provoquer l’empathie chez la lectrice et le lecteur.

Protagonistes bien écrits, péripéties sans pitié pour les personnages, concept solide, antagoniste charismatique et final bien ficelé : Chainsaw Man aura été un sacré voyage. On est ravi d’apprendre que tout ce chemin ne constituait que la partie 1 des aventures de Denji, et au vu de son évolution sur le plan personnel en fin de tome 11, on est plus qu’impatients de découvrir la suite (bien que la date ne soit pas encore connue). Véritable révélation qui aura permis de dépoussiérer le genre avec une maturité sans concession, Chainsaw Man est une lecture que nous recommandons très très chaudement si le genre shōnen vous parle mais a parfois tendance à vous lasser.

 

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