GOTY 2019 : la sélection de Søren

GOTY 2019 Søren

L’année 2019 touche à sa fin ! L’occasion pour chacun d’entre nous d’élire nos GOTY 2019, en commençant par Søren qui attendait ce moment avec l’excitation d’un lapin crétin sous amphét’.

L’année 2019 fut une année intéressante, autant en annonces qu’en jeux. Si l’E3 de cette année n’était pas folichon de manière générale, on aura tout de même retenu que la génération actuelle de consoles touchait à sa fin (exception faite de la Switch, Nintendo possédant son propre calendrier), et que Google comptait bien s’imposer au sein de l’industrie (ne rigolez pas). Et bien que certains gros titres ont préféré prendre leur temps pour tenter de marquer l’année d’après (coucou Cyberpunk 2077), 2019 est finalement synonyme de bonne année pour les joueurs.

Dans ce contexte, il m’est difficile d’élire un seul jeu en tant que GOTY 2019 (comme l’an dernier, vous me direz, j’ai peut-être simplement du mal à faire des choix). Ce sont donc deux GOTY 2019 (mais un seul FLOTY) que je vous présente ici :

GOTY 2019 : Fire Emblem Three Houses

goty 2017Récemment récompensé aux Game Awards ( dans les catégories meilleur jeu de stratégie et choix du public), Fire Emblem  Three Houses a réussi à réinventer la licence en dépoussiérant le schéma classique du scénario unique et linéaire peuplé de personnages génériques. Si les opus précédents de la saga Fire Emblem n’ont pas à rougir derrière le nombre de leurs qualités, il faut avouer que la licence battait de l’aile de puis quelques temps au niveau scénaristique. Quelques nouveautés de gameplay, en revanche, apparaissent continuellement – et on les retrouve pour la plupart en version aboutie dans Fire Emblem Three Houses.

Visiblement conscient des lacunes grandissantes de la série et avec l’aide de Koei Tecmo, Intelligent Systems a réussi à moderniser Fire Emblem tout en conservant l’essence de son âme, notamment via un gameplay stratégique toujours aussi efficace qui innove mais n’hésite pas pour autant à revenir sur certains ajouts récents qui déséquilibraient un peu la stratégie (à l’instar des duo d’unités). Et sur le plan scénaristique, il est impressionnant de constater le gouffre qui sépare cet épisode des précédents : alors que nous étions habitués aux scénarios un peu fades à base de duels dichotomiques pour le destin du monde, Fire Emblem Three Houses nous propose quant à lui un récit inspiré de Romance of the Three Kingdoms, avec des camps et des protagonistes tout en nuances de gris qui évoluent au gré d’intrigues géopolitiques.

A ce scénario fouillé s’ajoute la possibilité de jouer quatre versions différentes de l’histoire, chaque camp disponible apportant son propre éclairage sur l’intrigue principale, ainsi que ses propres personnages souvent complexes et liés entre eux par des histoires personnelles qui réussissent à susciter l’intérêt du joueur. L’ensemble, déjà conséquent, gravite autour du monastère de Garreg Mach, un grand hub fourmillant d’activités et qui se situe au croisement de toutes les destinées.

Scénaristiquement passionnant et généreux en contenu (la durée de vie est dantesque pour qui souhaite boucler les 4 scénarios disponibles), Fire Emblem Three Houses mérite amplement les louanges qui lui sont faites. Et ce n’est pas sans surprise que celui-ci continue d’attiser l’attente des joueurs alors que certaines zones d’ombre du scénario demeurent – un contenu narratif supplémentaire doit notamment arriver en avril 2020. Rares et précieux sont les jeux qui réussissent à susciter le rire, les larmes, l’intérêt et le questionnement chez un joueur. Fire Emblem Three Houses fait partie de ceux-là.

Lien vers notre test : TEST – Fire Emblem Three Houses.

GOTY 2019 : Disco Elysium

goty 2017Également multi-récompensé aux Game Awards (catégories meilleur 1er jeu pour un studio indé, meilleur jeu indé, meilleur narration, et meilleur RPG), le cRPG du studio estonien ZA/UM a fait l’effet d’une petite bombe chez les amateurs de jeux de rôle purs et durs. Entièrement textuel dans sa manière d’aborder l’action, Disco Elysium vous met dans la peau d’un policier qui se réveille nu et amnésique au beau milieu d’une chambre d’hôtel délabrée. Armé d’une solide gueule de bois et de voix qui se bousculent dans sa tête, il doit ensuite se mettre en marche pour élucider le mystère de ce corps qui oscille depuis plusieurs jours sous l’une des branches de l’arbre situé derrière l’hôtel.

Disco Elysium est un jeu singulier à bien des égards : le cRPG de ZA/UM fait en effet la part belle à une progression non-linéaire au sein de laquelle le héros peut évoluer de différentes manières au sein d’un univers de type diesel-punk, un genre rarement exploité dans le milieu du jeu vidéo. On y croise des personnages qui ont tous quelque chose à raconter ainsi que des histoires d’apparence anodines mais qui ont souvent un lien avec l’intrigue principale. Sans système de combat à proprement parler, Disco Elysium joue ses interactions de manière exclusivement textuelle, avec des choix à effectuer principalement en fonction des compétences du joueur mais qui font également appel à son sens du discernement. Dans Disco Elysium, il ne suffit pas seulement d’avoir la bonne compétence pour effectuer le meilleur choix : il faut également réfléchir, comparer, voire analyser son interlocuteur dans certains cas pour briser ses défenses et amener celui-ci sur le chemin souhaité.

Disco Elysium est un jeu psychologique, une expérience rare et un RPG qui n’hésite pas à privilégier les codes du jeu de rôle sur table plutôt que ceux du jeu de rôle vidéoludique. Il propose ainsi une épaisseur narrative qui immerge le joueur efficacement dans son univers sombre et décadent. On regrette toutefois l’absence de traduction de ce titre uniquement en anglais, ce qui l’empêche pour le moment d’être accessible auprès d’un public plus large (bien que de récentes nouvelles à ce sujet laissent un peu de place à l’optimisme).

Lien vers notre test : TEST – Disco Elysium, le roman noir dont vous êtes le héros.

FLOTY 2019 : Anthem

goty 2019 foty floty flopLe dernier jeu de BioWare Edmonton m’était sorti de la tête avec tellement de facilité que j’ai eu du mal à me rendre compte que celui-ci était bel et bien sorti en 2019 et non l’an dernier. Jeu émaillé par des conditions de travail catastrophiques (cf. l’article de Jason Schreier), par un chaperonnage pro-GaaS de la part d’Electronic Arts, ainsi que par l’obligation d’utiliser un moteur de jeu (Frostbite) toujours aussi bordélique à maîtriser quand on ne se contente pas de créer des FPS avec, Anthem aura été le reflet de sa conception lors de sa sortie. Un jeu décevant sur bien des points, parmi lesquels figurent le gâchis de talents au sein d’un studio réputé pour ses jeux solo à forte narration, ou encore la fermeture brutale du studio de Montréal chargé du suivi de Mass Effect Andromeda afin de renforcer les équipes travaillant sur Anthem. Mais à défaut de proposer un jeu original, stable et intéressant, Anthem aura au moins permis de mettre toujours plus en lumière les conditions de travail souvent terribles dans les grands studios de l’industrie du jeu vidéo.

Anthem aligne à peu près tous les défauts reprochés à l’immense majorité des jeux en ligne : quêtes inintéressantes et répétitives, scénario bancal, grind velu, éléments cosmétiques disponibles via microtransactions malgré un prix de vente d’origine égal à celui d’un jeu complet, problèmes techniques divers, interface mal fichue, loot globalement sans intérêt… Toutefois, il serait malhonnête d’omettre la maniabilité redoutable et les sensations manette en main de ses javelins (le nom des armures du jeu, ndlr) qui sont à noter parmi les rares réussites de ce titre. Une qualité qui pousse encore quelques irréductibles à continuer l’aventure afin de ressentir le plaisir de manier ces engins. Malheureusement, l’état actuel du matchmaking que la désertification des serveurs dégrade de jour en jour, risque fort d’épuiser la patience de ces ultimes courageux à court ou moyen terme.

D’après les dernières nouvelles en date, le studio texan de BioWare basé à Austin (qui a commencé à prendre le relai du studio d’Edmonton peu après la sortie du jeu) préparerait une version remaniée d’Anthem (sans faire état d’une date précise). Une version qui serait retapée sur pas mal de points, au-delà des simples correctifs techniques ou de l’ajout d’évènements saisonniers. Une nouvelle à suivre avec intérêt, malgré la déception générée par le jeu dans son état actuel. Le studio texan, en effet, est bien plus habitué qu’Edmonton aux attentes des joueurs sur un jeu online et ses relations avec Edmonton semblent s’être apaisées depuis les révélations de Kotaku à ce sujet (cf. l’article de Jason Schreier, qui en parle également). Pour info, BioWare Austin avait assuré la gestion du MMORPG Star Wars The Old Republic.

• Lien vers notre test : TEST – Anthem, ou l’hymne aux sentiments contraires.

Autres jeux notables de 2019

Liste perso des jeux « non-GOTY 2019 mais sympas quand même » :

Ma liste des jeux « à envisager éventuellement en période de soldes » :

Ma liste des jeux « circulez, y’a rien à voir » :

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Co-fondateur de Try aGame, ceinture noire de tartiflette et fier papa de cette espiègle petite manette qui squatte chaque page du site.

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